19.06.2017, 00:01  

Pour le sourire des enfants

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Elvira Rölli est vice-syndique de sa commune.

 19.06.2017, 00:01   Pour le sourire des enfants

ARZIER - Arrivée d’Espagne à 10 ans, Elvira Rölli a grandi au bord du Léman et décidé de vouer sa vie aux autres.

marion police

info@lacote.ch

«Mon histoire n’a rien d’extraordinaire, c’est celle de beaucoup de gens venus en Suisse dans les années septante», commence Elvira Rölli. Pourtant, il y en a des choses à dire sur la vie de cette femme de caractère, mère de trois jeunes hommes et vice-syndique d’Arzier. Elvira Rölli est née en Galice en 1961. De condition modeste, ses...

marion police

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«Mon histoire n’a rien d’extraordinaire, c’est celle de beaucoup de gens venus en Suisse dans les années septante», commence Elvira Rölli. Pourtant, il y en a des choses à dire sur la vie de cette femme de caractère, mère de trois jeunes hommes et vice-syndique d’Arzier. Elvira Rölli est née en Galice en 1961. De condition modeste, ses grands-parents étaient meuniers et sa mère œuvrait à leurs côtés. Mais la famille n’étant pas propriétaire du terrain qu’elle exploitait, un jour, il a fallu partir. Le père d’Elvira Rölli est venu chercher du travail en Suisse dès 1962 et, alors que sa mère était déjà installée, la petite fille a pu les rejoindre neuf ans plus tard. «C’était très difficile de débarquer à 10ans dans un pays si différent. Nous habitions la rue de la Gare, à Nyon, dans un vieux locatif chauffé au mazout. Depuis la fenêtre de la cuisine, je pouvais voir l’étage des jouets du magasin Grand Passage», se souvient l’habitante d’Arzier.

Passion informatique

Heureusement, l’enfant espagnole a pu suivre des cours d’appui de français à l’école catholique de la Colombière où elle avait été scolarisée. «Les sœurs étaient adorables, les enfants moins, j’étais la petite étrangère. Je me souviens que j’avais beaucoup de peine en gym car je n’en avais jamais fait», se souvient Elvira Rölli. Le temps a passé et la jeune femme d’alors a réussi la prim’ sup puis effectué son apprentissage d’employée de commerce aux Editions Cherix. «C’était les débuts de l’informatique, ça me passionnait. Ensuite j’ai travaillé à Genève au service informatique d’une banque anglaise», relate la mère de famille. Elvira a rencontré son mari dans le cadre de son travail alors qu’elle avait pris l’initiative de relancer des tournois de football inter-banques. Ils se sont mariés en 1987 et ont accueilli leur premier fils en 1990.

Une vocation

Etablie à Arzier en 1994 et dans l’incapacité de travailler, Elvira Rölli a décidé de devenir bénévole. «J’ai compris un jour qu’on est là pour quelque chose, j’ai senti que j’avais ma place auprès des enfants.» Ce fut le début d’une belle aventure qui l’a conduite à s’occuper de la catéchèse, à trouver des parrains pour des enfants haïtiens victimes de malformation au sein d’une ONG, à archiver des vieux documents sur le village d’Arzier. Un jour, une amie d’Elvira a accouché d’un bébé atteint d’une tumeur. «Elle devait aussi s’occuper de son autre fille, alors elle me l’a confié pour que je l’emmène faire ses chimiothérapies au Chuv. Là-bas, j’ai vu la souffrance des petits et j’ai décidé d’entrer à la Ligue vaudoise contre le cancer.» Ainsi, la municipale s’est formée aux soins palliatifs pour s’occuper d’enfants malades ou dont les parents étaient eux-mêmes cancéreux. Elle s’est, dès lors, employée à leur offrir gaieté et tendresse.

Personnalité multitâche

En 2013, la vie d’Elvira Rölli a pris un autre tournant à la suite de sa séparation: «Je ne pouvais pas rester sans rien faire. Ma meilleure amie m’a forcée à postuler en institution pour devenir éducatrice spécialisée.» Finalement, l’ex-employée de commerce a été engagée par la fondation CSC à Saint-Barthélemy et admise à l’école sociale. Mais, en 2014, un municipal d’Arzier a démissionné, la laissant perplexe. Celle qui était engagée dans le Conseil communal depuis 2002 avait toujours voulu rejoindre l’exécutif. «J’ai eu un mois pour réfléchir et j’ai été élue le 8mars 2015. Après ma réélection, j’ai arrêté ma formation, c’était trop.» Mais tout est bien qui finit bien puisque, quelques mois plus tard, Elvira a été recontactée par le CSC pour effectuer des remplacements. Cette hyperactive au grand cœur a encore récemment ouvert l’antenne Nyon – Terre Sainte de la fondation Proxy et propose chaque année depuis vingt ans ses services à la garderie du Paléo. En-dehors de tout le temps qu’elle consacre aux autres, la Brénarde d’adoption va se ressourcer quelques fois par année sur les plages, les pinèdes et les forêts d’eucalyptus galiciennes. «Je reste une fille de l’Atlantique. Ici, c’est le lac qui me le rappelle, j’adore les jours d’orage», note-t-elle, pensive, avant de se lever et de voguer vers d’autres aventures.


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