06.10.2017, 11:42  

Marc Desplos fait rire sur un scénario d’apocalypse

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Marc Desplos fait rire sur un scénario d’apocalypse

 06.10.2017, 11:42   Marc Desplos fait rire sur un scénario d’apocalypse

MORGES - Comédien, puis metteur en scène, l’ancien Lucifer Marc Desplos revêt la casquette d’auteur avec une pièce inédite jouée aux Trois P’tits Tours. Portrait.

«Oberkomsbad, ici aussi, ça commence à puer». Un titre qui détonne à tout le moins pour une pièce inédite, à découvrir présentement aux Trois P’tits Tours. Ayant tâté, durant une dizaine d’années, du jeu de comédien et, plus récemment, de la mise en scène pour «Génération en kit», création de son ami Blaise Hofmann, Marc Desplos se plonge sérieusement dans l’écriture théâtrale.

«Ceux qui peuvent encore se laver et ceux qui puent»

Après quelques essais dont «Le Diable de Mollens», écrit sur commande pour la...

«Oberkomsbad, ici aussi, ça commence à puer». Un titre qui détonne à tout le moins pour une pièce inédite, à découvrir présentement aux Trois P’tits Tours. Ayant tâté, durant une dizaine d’années, du jeu de comédien et, plus récemment, de la mise en scène pour «Génération en kit», création de son ami Blaise Hofmann, Marc Desplos se plonge sérieusement dans l’écriture théâtrale.

«Ceux qui peuvent encore se laver et ceux qui puent»

Après quelques essais dont «Le Diable de Mollens», écrit sur commande pour la Troupe des Ephémères à Aubonne en 2013, l’enfant de Lussy, village qu’il a quitté aujourd’hui pour retourner à Lausanne, signe là son premier «vrai» texte de dramaturge.

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L’intrigue se noue dans une station alpine fictive de ski, reconvertie dans le thermalisme, riche, puis contrainte à crevoter, du fait du dérèglement climatique et d’une privatisation malencontreuse de l’eau.

 


"Marqué, à 10 ans, par la chute du mur de Berlin, j’ai voulu écrire sur la violence des crises et des séparations"


Point central du décor: un bassin tari. «Pour l’avoir vu à Lussy, la fontaine est un lieu de convivialité dans un village», relève-t-il. Pourquoi ce sujet d’apocalypse, sur lequel il a œuvré durant un an et demi? «Marqué, à 10ans, par la chute du mur de Berlin, j’ai voulu écrire sur la violence des crises et des séparations, nées de murs politiques et économiques. La pauvreté divise. Il y a les riches et les miséreux, le haut et le bas, ceux qui ont l’eau et ceux qui ne l’ont pas, ceux qui se lavent et ceux qui puent

«L’eau: une marchandise qui s’achète et se vend»

Facteur déclenchant? Des propos tenus, il y a quelques années, par Peter Brabeck, alors PDG de Nestlé, pour lequel l’eau «n’est rien d’autre qu’une marchandise, qui peut être achetée et vendue». Marc Desplos réagit par son texte mais exclut, cependant, de faire dans la militance ou dans la pédagogie, au risque d’ennuyer le spectateur.

Il a misé, au contraire, sur l’humour et la farce, campant notamment des personnages caricaturaux dans lesquels on croit reconnaître certaines figures réelles. «Le maire, par exemple, a un côté Blocher.» Il évoque les réactions du public. «Les gens rient, mais c’est un rire grinçant.»

L’écriture grâce à un enseignant marquant

Avant cela, notre interlocuteur a déjà achevé un essai philosophique, publié à compte d’auteur. Pour l’avenir, il ne manque pas de projets de sa plume. «J’ai débuté un roman, inspiré par ces sportifs de fond qui viennent d’Afrique pour participer ici à des compétitions, où ils sont payés trois francs six sous. J’aimerais bien l’achever et lui trouver un éditeur.»

Ses rêves le portent malgré tout davantage vers le théâtre, où le travail littéraire, autrement solitaire, s’enrichit de la rencontre avec des comédiens. Comment en est-il venu à s’engager en littérature? «Je n’ai pas commencé, comme d’autres, à 7 ans. Grâce à mon père, j’ai d’abord été un grand lecteur. J’ai dévoré des bibliothèques. Je ne me suis mis à l’écriture que vers 16 ans.» En cause: l’influence marquante d’un maître de français et de philosophie. «Il m’a surtout fait découvrir la poésie de Rimbaud. Cela m’a permis de réaliser que, derrière les mots, il y a des écrivains.»

Ce n’est pas pour rien non plus que, devenu prof à son tour, il enseigne ces mêmes branches au gymnase Auguste Piccard, à Lausanne. Populaire auprès de ses étudiants, n’hésitant pas à recourir à la blague pour stimuler les esprits, il leur fait aussi goûter sa passion pour la scène. «Des anciens sont venus voir le spectacle. L’une de mes élèves actuelles fait même partie de la troupe et du comité des Trois P’tits Tours», mentionne-t-il. Pour conclure si, dans l’absolu, il rêve de partir au bout du monde sur les traces de Nicolas Bouvier et des deux Blaise – Cendrars et Hofmann –, ce papa d’un enfant de 2 ans et demi se prépare, avec bonheur, à l’arrivée d’un second enfant d’ici quelques mois. Une autre belle et grande aventure...

INFO +

Théâtre des Trois P’tits Tours, Morges

Les 6, 7, 8, 12, 13 et 14 octobre. Réservations des places sur le site:

www.troispetitstours.ch


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