11.08.2017, 00:01  

«J’ai eu envie de me lancer ce défi»

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La conseillère nationale a fait ses premiers pas en politique au Conseil communal d’Etoy.

 11.08.2017, 00:01   «J’ai eu envie de me lancer ce défi»

VAUD - La conseillère nationale Isabelle Moret a été désignée par son parti pour briguer la succession de Didier Burkhalter au Conseil fédéral.

propos recueillis par caroline gebhard

caroline.gebhard@lacote.ch

Elle n’a jamais sourcillé. Durant deux heures, jeudi, Isabelle Moret s’est inlassablement prêtée au jeu des interviews face aux micros, aux caméras et aux blocs-notes qui l’encerclaient. Désignée candidate au Conseil fédéral par le PLR vaudois quelques heures plus tôt, la conseillère nationale de Yens s’est jetée corps et âme dans la campagne. Le...

propos recueillis par caroline gebhard

caroline.gebhard@lacote.ch

Elle n’a jamais sourcillé. Durant deux heures, jeudi, Isabelle Moret s’est inlassablement prêtée au jeu des interviews face aux micros, aux caméras et aux blocs-notes qui l’encerclaient. Désignée candidate au Conseil fédéral par le PLR vaudois quelques heures plus tôt, la conseillère nationale de Yens s’est jetée corps et âme dans la campagne. Le 1er septembre, elle saura si elle figure sur le ticket officiel du PLR pour la succession de Didier Burkhalter. L’élection se jouera, quant à elle, le 20 septembre.

Vous êtes la dernière, après Jacqueline de Quattro et Olivier Français, à vous être annoncée. Vous faisiez durer le suspense?

A l’annonce de la démission de Didier Burkhalter, plusieurs collègues m’ont demandé de réfléchir. J’ai très vite été enthousiaste pour ce poste. Mais avant de me lancer dans la course, je voulais m’assurer d’avoir suffisamment de soutien dans mon parti.

Est-ce le bon moment?

En voyant le soutien que je pouvais avoir, j’ai eu envie de me lancer ce défi.

Comment évaluez-vous vos chances?

Je ne réfléchis pas de cette manière-là. Pour moi, l’essentiel est de pouvoir m’engager avec conviction, d’expliquer quels sont les différents combats que j’ai menés ces onze dernières années au Parlement fédéral.

Didier Burkhalter s’apprête à quitter le Département des affaires étrangères. Est-ce que cela vous intéresserait?

Il me passionnerait car c’est l’un des grands défis de la Suisse. L’une des techniques de négociation est de changer de négociateur, c’est donc une chance à saisir pour la Suisse pour pouvoir relancer notre dialogue avec l’Union européenne.

Vous représentez les femmes, le canton de Vaud et le PLR. Avez-vous également le sentiment de représenter la région de La Côte?

Oui, par la force des choses, puisque j’ai habité 14 ans à Etoy et que je vis maintenant depuis 11 ans à Yens. Mes enfants vont à l’école dans cette région, j’y suis implantée, ma vie est là.

Vous avez commencé comme conseillère communale à Etoy, puis le district de Morges vous a élue au Grand Conseil. Vous sentez-vous portée par la région?

Oui, je remercie d’ailleurs tous mes électeurs pour leur soutien, depuis la première campagne au Grand Conseil. Ce fort soutien régional m’a portée au Conseil national. Lorsque je vais faire mes achats, au marché, beaucoup de gens n’hésitent pas à venir vers moi et à me parler quelques instants, ce que j’apprécie. C’est toujours extrêmement chaleureux. Quand on me remercie pour mon engagement, ça éclaire toute ma semaine!

La Côte a déjà un conseiller fédéral, Guy Parmelin. La perspective d’en avoir un deuxième serait un signal fort pour la région...

Guy Parmelin et moi nous entendons très bien mais nous avons des profils différents. Lui est vigneron, tandis que je suis une femme plus urbaine. Ces différences sont intéressantes pour travailler au Conseil fédéral.

Sur le bassin lémanique, on trouve un autre candidat, le Genevois Pierre Maudet. Le considérez-vous comme un concurrent direct?

Il y a deux autres excellents candidats (ndlr: Pierre Maudet et le Tessinois Ignazio Cassis). Nous venons tous trois du PLR, nous avons le même programme et nous nous sommes battus pour les mêmes points. Je ne trouve pas vraiment qu’il y ait une concurrence, cela montre au contraire la force de notre parti.

Mais Pierre Maudet et vous vous battez pour la même place sur le ticket officiel du PLR puisque celui-ci devrait être composé de deux noms, alors que vous êtes trois candidats…

Je ne vois pas cela en termes de bataille. C’est le groupe qui décidera.

Une candidate naturelle selon le PLR

désignation Trois PLR vaudois avaient manifesté leur intérêt pour succéder à Didier Burkhalter, qui quittera le Conseil fédéral le 31 octobre. Sans surprise, le comité directeur du parti libéral-radical cantonal a désigné la conseillère nationale Isabelle Moret, hier matin. La conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro et le conseiller aux Etats Olivier Français, tous deux tentés par l’aventure, ont spontanément renoncé pour se ranger derrière la candidature de leur collègue.

Il faut dire que l’élue de Yens, dernière en date à être sortie du bois, cristallisait un certain nombre d’attentes: «Pour beaucoup, on espérait cette candidature», note Frédéric Borloz, président du PLR vaudois et conseiller national d’Aigle.

perspectives Selon Frédéric Borloz, Isabelle Moret a «une chance sur deux, voire deux sur trois» de figurer sur le ticket officiel du groupe PLR, qui sera rendu public le 1er septembre. Face à elle, il y aura le Tessinois Ignazio Cassis mais également le Genevois Pierre Maudet, désigné par le PLR de son canton mardi soir.

«Il a un discours plus difficile dans la mesure où il annonce qu’à l’avenir, il faudra faire avec lui. Il prépare le terrain, commente à propos de ce dernier le conseiller national aiglon. Il va faire une bonne campagne jusqu’au bout et s’il n’est pas sur le ticket, ça ne fera rien. Il aura dit à tout le monde que la prochaine fois, il faudra compter sur lui à l’avance.» Et si Isabelle Moret ne devait pas faire partie du ticket qui sera proposé à l’Assemblée fédérale le 20 septembre? «C’est envisageable mais assez peu probable et il faudra en prendre acte.»

Aux yeux des libéraux-radicaux vaudois, il ne faisait pas un pli qu’ils devaient lancer l’un des leurs dans la course. «La section PLR vaudoise est l’une des plus importantes de Suisse et en progression depuis ces cinq dernières années», insiste son président.

Quant à la candidature d’Isabelle Moret, elle s’est imposée naturellement: «Elle est arrivée très tôt en politique et a fait un parcours sans faute. Elle a démontré son opiniâtreté et c’est une énorme travailleuse qui a prouvé, depuis 2006, que les dossiers fédéraux ne lui faisaient pas peur. Elle est très motivée et a des qualités indéniables.»


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