27.09.2017, 00:01  

Le projet de data center Phœnix est déjà un succès

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Le projet de data center Phœnix est déjà un succès

 27.09.2017, 00:01   Le projet de data center Phœnix est déjà un succès

Par Andrée-Marie Dussault

TESSIN - Avant même que la forteresse hypersécuritaire d’archivage de données informatiques ne soit prête, la demande abonde.

Soixante pour cent de l’espace disponible du projet Phœnix seraient vendus. C’est ce que révélait dernièrement le quotidien tessinois «Corriere del Ticino» à propos du centre de stockage de données informatiques maxisécuritaire, prévu sous le massif du Saint-Gothard. La nouvelle a pris par surprise John Urs Barandun, directeur de Dataverna, la société promotrice du projet, qui précise: «Nous sommes...

Soixante pour cent de l’espace disponible du projet Phœnix seraient vendus. C’est ce que révélait dernièrement le quotidien tessinois «Corriere del Ticino» à propos du centre de stockage de données informatiques maxisécuritaire, prévu sous le massif du Saint-Gothard. La nouvelle a pris par surprise John Urs Barandun, directeur de Dataverna, la société promotrice du projet, qui précise: «Nous sommes présentement en voie de choisir un associé pour la création d’une joint-venture afin de mener à bien l’entreprise.»

Selon qui sera le partenaire de Dataverna, le modus operandi pourrait varier. «Par exemple, nous ne savons pas encore si les espaces de stockage seront vendus ou loués», explique l’entrepreneur. Il reconnaît cependant qu’il est vrai que dès l’entrée en activité du data center, une bonne moitié de l’espace sera mobilisée. «Il y a un grand intérêt et la demande provient de tous les horizons: banques, compagnies d’assurance, entreprises publiques et privées, suisses et étrangères.»

Tunnel de 1200 mètres

Le projet – un investissement de plusieurs dizaines de millions de francs – est en discussion depuis plus de trois ans. Toutes les autorisations nécessaires pour créer le centre d’archivage, censé couvrir une surface de 7000 mètres carrés, ont été obtenues. Pour que débutent les travaux, il ne manque qu’une signature de la commune de Bodio, où se situe l’accès au futur data center. «Une formalité», affirme John Urs Barandun.

Le coffre-fort de données informatiques sensibles sera réalisé dans un tunnel de 1200 mètres, creusé il y a dix-sept ans pour permettre le transport, au cœur de la montagne, des grandes fraiseuses utilisées pour la construction de la galerie de base du Saint-Gothard. Un câble de fibre optique qui servira à alimenter les serveurs, partant d’Erstfeld (UR), à l’embouchure nord du tunnel du Saint-Gothard allant jusqu’à Bodio, a déjà été installé.

La construction de la structure, qui devrait prendre deux ans, pourrait commencer d’ici la fin de l’année. Son inauguration est prévue en 2020. Le directeur de Dataverna estime qu’il s’agira de l’un des rares implants du genre en Suisse à l’épreuve des piratages informatiques, de niveau Tier 4, soit le standard maximal de sécurité en termes d’archivage de données.

L’initiative contribuera par ailleurs à inscrire sur la carte la commune de Bodio, une petite bourgade de la vallée de la Lévantine comptant un peu plus d’un millier d’âmes. Il s’agit d’une «opportunité unique» et d’une source de grande fierté pour le gouvernement communal, qui a participé à la planification du projet. «Bodio a toujours été une commune industrielle, nous poursuivons aujourd’hui cette tradition avec l’industrie technologique la plus sophistiquée», affirme Marco Costi, responsable des Finances communales et ancien maire de Bodio.

Le facteur humain comme maillon faible

Le projet est d’autant plus bienvenu qu’il devrait créer une trentaine de postes de travail. «Tant des emplois d’ingénieur informatique, de secrétaire que de garde de sécurité sont prévus», se félicite Marco Costi.

Responsable du laboratoire d’informatique forensique du département de technologies innovantes de la HES de la Suisse italienne (Supsi), Alessandro Trivilini rappelle cependant que la sécurité à 100% est illusoire. «Le risque zéro est impossible. Il n’a jamais existé et n’existera jamais. Les dangers de cyberattaques augmentent proportionnellement à la complexification de la technologie», soutient-il. Le maillon faible de la chaîne de sécurité est le facteur humain. «Si un seul élément de l’engrenage du dispositif de cybersécurité, en l’occurrence un être humain, commet une erreur, c’est toute la filière qui part en vrille.»

La Suisse, réputée pour ses coffres-forts, sa culture du secret et sa législation sévère sur la protection des données, demeure une des destinations les plus prisées pour l’hébergement de données sensibles. Selon le Data Center Risk Index 2016, elle se classait troisième – après l’Islande et la Norvège – au rang des nations les plus sécuritaires en la matière.


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