13.12.2012, 00:01  

Le rire selon Edem Labah

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Le rire selon Edem Labah
Par ANTOINE GUENOT

PORTRAIT - Le Glandois fait peu à peu son nid au sein du Swiss Comedy Club. Rencontre avec un apprenti-comique.

aguenot@lacote.ch

Il y a des talents qu'on se découvre sur le tard. Pour le Glandois Edem Labah, ce fut la comédie, il y a un peu plus d'une année. Tout commence lors d'un casting organisé par la Télé. La chaîne se cherche un présentateur pour son émission de téléréalité "TV Star". Ni une, ni deux, ce banquier âgé d'une petite trentaine d'années saute sur l'occasion. Il parvient à figurer parmi les douze derniers candidats... mais ne sera finalement pas retenu. Pourtant, à quelque chose malheur est bon: dans l'équipe de "casteurs" se trouve Ivan Madonia, responsable du Swiss Comedy Club dont font notamment partie Nathanaël Rochat, David Cunado ou encore Arek Gurunian. " Durant le casting, je faisais des gags "off" caméra. Et c'est ça qui a attiré l'attention du producteur du Comedy Club ", explique Edem Labah. Et l'affaire se concrétise plutôt rapidement. " Il m'a alors proposé d'écrire un sketch. Je lui soumettais mes propositions, puis il me donnait son avis et je retournais écrire. "

Ces allers et retours finiront par donner naissance au premier sketch d'Edem Labah - " un texte sur les clichés black parce que ça fait toujours marrer " - mais ils lui permettront surtout de rejoindre l'académie du Swiss Comedy Club, section dévouée aux jeunes talents de l'humour. Dans la foulée, il se voit également confier la présentation de l'une des scènes ouvertes du club, dédiée aux humoristes en herbe, qui se tient chaque premier mercredi du mois au Chat Noir de Genève.

A l'instinct

Edem Labah se dit le premier surpris. Même s'il avoue avoir toujours été le comique de la classe, son truc à lui, c'est plutôt le rap. Avec son groupe l'Emeute Infernale, il s'est d'ailleurs illustré à plusieurs reprises sur les scènes de la région. " Du coup, je n'ai pas de réels modèles dans le domaine comique et encore moins de théories. Par contre, l'écriture de textes de rap m'a probablement aidé pour la construction des sketches ", explique-t-il.

Autre point commun entre le "stand up" et le rap: dans les deux pratiques, on se tient debout et seul face au public avec pour unique arme un micro à la main. " Mais sans musique derrière soi, c'est plus difficile. Si le sketch ne marche pas, le temps peut vite devenir très long. C'est là qu'on reconnaît les bons humoristes: réussir à faire rire avec un bide ", ajoute l'apprenti-comique. Ses sketches, Edem Labah les teste lors des scènes ouvertes du Swiss Comedy Club. Quant à son inspiration, il la puise un peu partout. " Il suffit que quelque chose à la télévision ou dans la rue me fasse marrer et je me mets à écrire. Ensuite, je me filme pour voir ce que ça donne avant d'aller faire un test sur scène. "

Aujourd'hui, Edem Labah a une idée précise en tête: terminer son premier one-man-show et aller croiser le fer à Paris. " Tôt ou tard, il faut aller se confronter à la Mecque de l'humour. Mais pour l'instant, je suis heureux de bénéficier de l'exposition que m'offre le Comedy Club ". Avis aux amateurs, lundi se tiendra la dernière scène ouverte de l'année au Bleu Lézard à Lausanne. Et Edem Labah sera là, fidèle au poste.

LE SWISS COMEDY CLUB

Fondé par le comédien professionnel Ivan Madonia, le Swiss Comedy Club démarre à Fribourg en 2009. Le but est simple. Il s'agit de proposer une scène aux jeunes comiques suisses romands. Trois ans plus tard, la structure compte douze humoristes dont Jessie Kobel, Arek Gurunian ou encore Nathanaël Rochat, et trois jeunes talents (Edem Labah, Faradj Vaziri et Thomas Wiezel). La troupe s'est notamment produite au Festival de la Cité (Lausanne) et au Festival d'humour de Montreux. Pour prétendre à une place dans le Comedy club, deux conditions: avoir du talent et un one-man-show. AGO


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