12.09.2017, 16:45  

Une Pranginoise vit sa passion de la photographie aux Etats-Unis

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Elo Durand a quitté Prangins à l’âge de 17 ans pour le continent nord-américain. Elle s’apprête désormais à déménager à Barcelone.

 12.09.2017, 16:45   Une Pranginoise vit sa passion de la photographie aux Etats-Unis

Voyage - Partie à 17 ans, Elo Durand vit depuis trois ans aux Etats-Unis, où elle enchaîne études, stages dans la photographie et voyages en van.

milena michoud

info@lacote.ch

«Désolée, mon cerveau fonctionne un peu au ralenti», s’excuse Elo Durand, les yeux brillants. La Pranginoise revient tout juste d’un shooting photo qui l’a fait se lever à 3h du matin pour profiter de la lumière du lever de soleil sur les toits new-yorkais. C’est la photographie, une passion qui lui colle à la peau depuis petite, qui a mené la jeune femme à quitter Prangins à la...

milena michoud

info@lacote.ch

«Désolée, mon cerveau fonctionne un peu au ralenti», s’excuse Elo Durand, les yeux brillants. La Pranginoise revient tout juste d’un shooting photo qui l’a fait se lever à 3h du matin pour profiter de la lumière du lever de soleil sur les toits new-yorkais. C’est la photographie, une passion qui lui colle à la peau depuis petite, qui a mené la jeune femme à quitter Prangins à la fin de son gymnase pour rejoindre les Etats-Unis. «J’étais sûre de ce que je voulais faire, mais rien ne m’inspirait en Suisse, se remémore-t-elle. Sur le moment, partir ne me semblait pas extraordinaire parce que j’étais prête.»

Entre études et vie sur la route

Durant deux ans et demi, Elo Durand a étudié à l’Academy of Art University de San Francisco. Une école qui lui plaisait pour son programme axé principalement sur la photographie, au contraire des écoles d’art suisses, plus généralistes. La langue l’a un peu freinée au début: «Je parlais un anglais basique. Je me débrouillais dans la vie de tous les jours mais au niveau universitaire, c’était plus compliqué.»

Diplômée en mai 2016, la jeune photographe, décidée à découvrir les grands espaces américains, a acheté un van pour quitter San Francisco et rejoindre New York, en passant par les lieux incontournables du pays. Une expérience qui l’a forgée: «En voyageant dans un van, on ressent fortement les besoins de base: trouver un endroit pour dormir, de l’eau potable. On fait plus attention à la sécurité, on sort totalement de notre zone de confort.» Au total, la Suissesse a toujours voyagé à deux, avec trois amis différents, durant deux fois trois mois répartis sur l’été 2016 et l’été 2017. Lors du second trajet, elle a même poussé jusqu’au Canada, passant notamment par l’île de Newfoundland, le point le plus à l’est de l’Amérique du Nord.

Et sa passion n’était jamais bien loin. Aimant raconter des histoires à travers ses photos, la jeune femme a documenté son voyage par le biais d’un blog. Ainsi, visites de parcs nationaux, rencontres avec la faune locale ou encore expérience de saut à l’élastique ont trouvé leur place sur son site internet sous forme d’images, de textes ou de vidéos.

Faire sa place à New York

Singulièrement, c’est une vie à l’opposé de cette aventure qu’elle a découverte dans la ville qui ne dort jamais. «En arrivant à New York après mon premier roadtrip, j’avais dix jours pour trouver un job», explique-t-elle. Son visa, d’une durée d’un an, l’autorisait à travailler mais ne lui laissait la possibilité d’être au chômage que pendant 90 jours, un temps déjà bien entamé par ses quelques mois d’escapade en van. «J’avais la pression, j’ai envoyé mes CV à droite et à gauche, passé plusieurs entretiens et j’ai finalement choisi les endroits qui me paraissaient les plus fun.»

Voulant se spécialiser dans la photographie de mode, la jeune femme a trouvé deux stages dans le domaine, dont un pour lequel elle s’est vue offrir un poste rémunéré et avec plus de responsabilités. «Au départ, j’avais 20 ans donc pas vraiment de crédibilité. Je n’avais même pas l’âge légal pour boire et j’essayais de m’imposer dans le monde du travail, s’amuse-t-elle. Ça a été un vrai challenge à surmonter.»

Décidée, elle n’a pas hésité à donner jusqu’à ses dernières ressources pour faire sa place. Cela, malgré la pression et les difficultés rencontrées: «Vous connaissez le film “Le diable s’habille en Prada”? C’était exactement ça. J’étais la petite fourmi qui apportait les cafés, toujours en train de courir partout, à qui on ne demandait pas son avis.»

Ayant gagné en confiance, la Pranginoise a travaillé avec une photographe de mode aux exigences élevées dont elle gérait le flux d’images: «Je m’occupais des retouches, des montages, de sauvegarder les clichés. En gros, de tout le travail invisible qui se déroule une fois que la photo a été prise.»

Malgré des périodes de grand stress qui l’ont fait souffrir, Elo Durand a tenu bon, surtout grâce à un caractère bien trempé. «Photographiquement, je savais ce que je voulais, explique celle qui, dès ses débuts, a aménagé son propre studio photo dans son appartement. Je savais que New York ne serait pas facile. C’est une énorme industrie qui vit à 200% et fonctionne à la loi du plus fort. Mais je me suis forgée une mentalité de battante, j’ai décidé de donner tout ce que je pouvais.»

Et pour la suite? «C’est un peu compliqué...», rigole Elo Durand. Son but était de se faire sa place à New York, elle a cependant appris fin mars que son visa n’était pas renouvelable et que sa situation ne lui permettait pas de postuler pour un autre type de séjour. «Du coup, je déménage prochainement à Barcelone!», annonce-t-elle, enjouée. Si elle ne veut pas détailler ses projets, la jeune femme a de la suite dans les idées: «Je vais commencer par apprendre l’espagnol et pour la suite, sans trop en dire, je voudrais me mettre à mon compte.» Le but étant, à terme, de se démarquer assez pour être recrutée par des magazines ou d’autres clients potentiels.


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