23.04.2012, 14:20  

Elections: inquiétudes en Europe face au score de l'extrême droite française

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Marine Le Pen, à Henin-Beaumont, dans le nord de la France.

Présidentielle française - Le score historique obtenu par l'extrême droite française inquiète plusieurs pays européens.

Plusieurs pays européens ont exprimé lundi leur préoccupation après le score historique obtenu par l'extrême droite eurosceptique française au premier tour de l'élection présidentielle, qui confirme une tendance lourde dans plusieurs pays de l'UE.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn, s'exprimant en marge d'une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg, a accusé le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy d'être en partie responsable du succès de la candidate du Front national (FN).

M. Asselborn a notamment dénoncé le choix de M. Sarkozy de faire campagne sur les frontières européennes trop poreuses à ses yeux et le contrôle de l'immigration. "Si on répète tous les jours qu'on doit changer Schengen, qu'on doit avoir une politique d'immigration forte, qu'on doit parler de l'exception française, et tout cela, c'est de l'eau au moulin du FN", a estimé M. Asselborn, qui est socialiste.

Le ministre danois des Affaires étrangères, Villy Sovndal, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union européenne jusqu'à fin juin, a jugé que le résultat du vote de dimanche était "extrêmement préoccupant", estimant qu'il s'inscrivait dans une tendance générale en Europe également illustrée par la poussée de partis politiques de la même famille au Danemark ou en Finlande.

"Je suis inquiet de ce sentiment que nous constatons contre des sociétés ouvertes, une Europe ouverte. Cela me préoccupe, et pas seulement en France", lui a fait écho le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt.

Son homologue autrichien, Michael Spindelegger, a parlé d'un "résultat très probant pour (Marine) Le Pen" qui "doit tous nous faire réfléchir", tandis que le chef de la diplomatie belge Didier Reynders a jugé que "la poussée de l'extrême droite" en France et ailleurs en Europe "est toujours un sujet d'inquiétude en Europe".

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel juge "préoccupant" le score de l'extrême-droite en France, a déclaré l'un des porte-paroles du gouvernement allemand lundi, lors d'un point-presse hebdomadaire.

Commission européenne

La Commission européenne a pour sa part exhorté lundi les dirigeants européens "à ne pas céder" à la "menace" populiste. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, et de nombreux commissaires "ont souvent appelé les leaders européens à ne pas céder à la tentation des discours populistes et continuer avec nous à faire avancer l'Europe de la paix et de la croissance", a dit Olivier Bailly, un porte-parole de M. Barroso.

"Ce qui a été dit hier reste valable aujourd'hui dans l'ensemble des Etats de l'Union", a insisté le porte-parole. "Il faut faire attention à la menace populiste, à la propagation de ses idées parce qu'elles sont fondamentalement contraire aux idéaux portés par la construction européenne", a ajouté M. Bailly.

Selon les résultats quasi définitifs, la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen se classe troisième du premier tour de scrutin, avec 18,01%. En volume de voix elle réalise un résultat sans précédent pour sa formation, qui prône un référendum sur une sortie de l'euro notamment.


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