19.06.2017, 16:25  

Bière: simulation d'un exercice de sauvetage en forêt

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 19.06.2017, 16:25   Bière: simulation d'un exercice de sauvetage en forêt

Travaux forestiers - Une simulation d’un exercice de sauvetage en forêt, de grande envergure, a eu lieu jeudi.

Un jeune forestier-bûcheron pousse des cris de détresse désespérés, ses deux collègues, en train de tronçonner des branches à 50 mètres de lui, ne l’entendent pas. Le malheureux s’est retrouvé coincé sous un tronc, emprisonné à la fois par l’arbre et par une pierre qui a roulé en raison d’un terrain en pente, glissant.

Après plusieurs longues minutes, un de ses collègues entend enfin ses cris et alerte le troisième bûcheron. Ce dernier est le seul capable de réagir dans un...

Un jeune forestier-bûcheron pousse des cris de détresse désespérés, ses deux collègues, en train de tronçonner des branches à 50 mètres de lui, ne l’entendent pas. Le malheureux s’est retrouvé coincé sous un tronc, emprisonné à la fois par l’arbre et par une pierre qui a roulé en raison d’un terrain en pente, glissant.

Après plusieurs longues minutes, un de ses collègues entend enfin ses cris et alerte le troisième bûcheron. Ce dernier est le seul capable de réagir dans un premier temps. Son collègue, choqué, ne pipe mot et ne bouge plus. Finalement, il sort de sa torpeur et court alerter les secours à 250 mètres plus bas, là où il capte du réseau. Le premier réflexe du bûcheron resté sur le lieu de l’accident, après avoir vérifié l’état de conscience de son collègue qui  hurle de douleur, est de dégager le blessé coincé sous la bille. Il empoigne sa tronçonneuse.

Le stress même en cas d’exercice
C’est là qu’Eric Locatelli, chargé de cours au Centre de formation professionnelle forestière (CFPF), intervient. «Ce sont les tripes et l’émotion qui parlent. Tu ne vois pas ton collègue qui souffre. Tu as envie de le dégager, mais avant cela, il faut d’une part penser à sécuriser la zone et, si tu décides de débiter, à caler le tronc. Il ne faut pas provoquer un sur-accident», explique le maître d’enseignement professionnel.


«Ce sont les tripes et l’émotion qui parlent. Tu ne vois pas ton collègue qui souffre.»


Il s’agissait bien évidemment d’un exercice: la simulation d’un accident pendant l’exécution de travaux forestiers et le sauvetage d’un travailleur blessé en forêt.

Le jeune bûcheron, sur le terrain, s’affaire alors à façonner deux cales pour stabiliser le tronc. Entre-temps, après environ 20 minutes, une ambulance arrive sur les lieux, aussitôt rejointe par la Rega. «Pour rappel, lorsque vous alarmez le 1414, dans ce type de cas, le message est: accident forestier, terrain difficile», explique Eric Locatelli. La centrale d’alarme, en terrain difficile, favorise les moyens d’intervention les plus rapides, y compris héliportés.

Les secouristes professionnels, sur place, prennent en main la situation, aidés des bûcherons. Finalement, ils réussissent à le dégager sans débiter le tronc. Mais la situation est grave: après la mise sous perfusion et oxygène, le blessé est également intubé. La patient est instable, son transport jusqu’à l’hélicoptère sera une opération délicate. «C’est important de demander des renforts, y compris auprès de vos collègues, pour l’évacuation où beaucoup de bras seront utiles», précise le chargé de cours.

«Un milieu hostile»
Jeudi dernier, au lieu-dit Côte de Bière, 24 forestiers-bûcherons des triages et entreprises issus de l’arrondissement 15 (région morgienne) ont ainsi pris part à un cours de formation continue. Intitulé «Sauvetage forestier et premiers secours», il était dispensé par le Centre de formation professionnelle forestière (CFPF) de Mont-sur-Lausanne.


«Nous faisons un métier dangereux»


Le cours a eu lieu toute la journée avec une partie théorique le matin et, l’après-midi, l’exercice de sauvetage dans des conditions réelles. D’où la présence de deux ambulanciers du Centre de secours et d’urgence Morges-Aubonne et de la REGA.

«Nous faisons un métier dangereux», relève Philippe Hubeaux, garde-forestier, à l’initiative de l’organisation du cours. «Les forestiers-bûcherons travaillent dans un milieu hostile et dans des conditions climatiques pas toujours faciles. Sur 1000 forestiers en Suisse, 30% se blessent chaque année», précise Eric Locatelli. D’où la nécessité de ce type de journées. «C’est comme un téléphone portable, vous faites des mises à jour régulièrement, image Eric Locatelli. C’est une journée de formation essentielle pour prévenir les accidents, pour tout le monde, ouvriers, apprentis et patrons».

La Rega rien que pour eux
La dernière mise à jour remontait à 2010, à Montricher. Les gestes qui sauvent font partie de la formation de base du forestier-bûcheron, mais les rafraîchir n’est jamais un luxe, plaide le chargé de formation. L’occasion de revoir l’organisation en cas d’urgence, notamment comment donner l’alarme correctement, prodiguer les gestes de premiers secours dans l’attente des spécialistes, ainsi que préparer l’évacuation de blessé (terrestre ou héliporté) en coordination avec les secouristes. «Un des objectifs de cette journée de formation est d’apprendre à gérer un accident. Une des données de base est de transmettre l’alarme le plus rapidement et le plus précisément possible», explique Eric Locatelli.

Les forestiers-bûcherons doivent être en possession des coordonnées du chantier et de celles d’un point de ralliement où il y a du réseau et l’espace pour recevoir les secours.

«Nous avons une lourde responsabilité en tant que chef d’équipe par rapport à la préparation des chantiers», concluait Jean-François Stettler, un des participants. A l’issue de la journée forte en émotion, les forestiers-bûcherons ont immortalisé le décollage de l’hélicoptère de La Rega sur leur téléphone portable. Qui a pris son envol tout en douceur.

Un métier à très haut risque, pafois mortel

Quelques 1700 accidents professionnels se produisent chaque année dans les exploitations forestières suisses. Les accidents les plus graves surviennent lors de l’abattage des arbres. Au cours des dix dernières années, une quarantaine de collaborateurs l’ont payé de leur vie. Chaque année, près de la moitié des apprentis des exploitations forestières sont victimes d’un accident.

Le risque de cas, soit le nombre d’accidents professionnels pour 1000 travailleurs à plein temps, au sein des exploitations forestières, est nettement supérieur à la moyenne des autres métiers à risque du secteur secondaire. Pour mille travailleurs, la moyenne (de 2006 à 2015) est de 329 pour les forestiers-bûcherons, alors que pour les autres métiers à risques, elle est de 94. Néanmoins, on remarque une tendance à la baisse des accidents dans le domaine forestier: moins 15.7% en moyenne, soit de 2006 à 2015. La Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents (Suva) a élaboré avec ses partenaires du domaine forestier dix règles vitales pour le travail en forêt. Son message phare est le suivant: «dire STOP en cas de danger pour la vie et la santé».


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