13.10.2017, 15:58  

Emilie Bujès pose un regard neuf sur Visions du réel

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Emilie Bujès pose un regard neuf sur Visions du réel

 13.10.2017, 15:58   Emilie Bujès pose un regard neuf sur Visions du réel

NYON - Venue de l’art contemporain, la nouvelle directrice artistique du festival du film documentaire a pris ses fonctions cet été.

Antoine guenot

antoine.guenot@lacote.ch

Deux jours au Portugal pour rencontrer des producteurs puis une semaine au Chili, pour participer à un jury. En ce début de mois d’octobre, c’est la course pour Emilie Bujès, nouvelle directrice artistique de Visions du réel. Et cela ne semble pas près de se calmer.

D’ici au mois de décembre, plus de 1300 films lui seront envoyés. Une montagne de longs et de...

Antoine guenot

antoine.guenot@lacote.ch

Deux jours au Portugal pour rencontrer des producteurs puis une semaine au Chili, pour participer à un jury. En ce début de mois d’octobre, c’est la course pour Emilie Bujès, nouvelle directrice artistique de Visions du réel. Et cela ne semble pas près de se calmer.

D’ici au mois de décembre, plus de 1300 films lui seront envoyés. Une montagne de longs et de courts métrages qu’il faudra visionner pour élaborer le programme de la 49e édition du festival nyonnais. Sans oublier de pouponner. La trentenaire, qui vit à Genève, est en effet maman d’un petit garçon d’un an.

«ça n’est pas toujours simple, admet-elle. Mais j’ai un mari, graphiste, qui est très présent. Il a renoncé à plusieurs mandats pour que nous puissions adapter nos emplois du temps.» Et puis la jeune femme n’avait probablement pas vraiment le choix: reprendre les rênes d’un rendez-vous cinématographique de renommée mondiale, cela ne se refuse pas.

Des parents «perplexes»

Emilie Bujès a donc été choisie parmi 37 candidats internationaux pour succéder à Luciano Barisone. Elle était déjà très impliquée dans le festival. Elle y fut modératrice avant d’intégrer le comité de sélection des films. Puis, l’an dernier, adjointe à la direction artistique. L’occasion pour elle de travailler en étroite collaboration avec l’ex-directeur.

Ce dernier lui a-t-il livré quelques précieux conseils? «Ça n’est pas son style de donner des “leçons”aux autres, répond l’intéressée. Mais j’ai beaucoup appris à son contact. Notamment de sa manière d’aborder les nouveaux films. Il envisageait chacun d’entre eux comme s’il s’agissait du premier. J’espère que je saurai m’arrêter si je perds un jour cette fraîcheur du regard qu’il m’a transmise.»

Née en Savoie, cette Franco-Suisse a grandi à Fribourg, dans une famille qui ne «baignait pas du tout dans l’art». Sa mère était comptable, son père travaillait dans les systèmes de chauffage. «Ils ont toujours été perplexes par rapport à mes activités dans le milieu artistique. Mais ils m’ont toujours beaucoup soutenue.»

Passé berlinois

Ado, elle découvre le cinéma dans les salles obscures de sa ville, qu’elle fréquente assidûment. Elle intègre aussi le jury des jeunes du Festival du film de Fribourg, participe en tant que juré «junior» à une édition du festival de Locarno. Des expériences qui la motivent, «matu» en poche, à rejoindre les bancs de l’université en Histoire de l’art. Mais en aucun cas à passer derrière la caméra. «J’ai toujours eu une idée très romantique de la création artistique. Pour moi, il faut que ce soit vraiment un besoin viscéral pour passer à l’acte», explique-t-elle.

A 22 ans, dans le cadre du programme Erasmus, elle débarque à Berlin. C’est le tout début des années 2000. La capitale allemande n’a pas encore été envahie par le tourisme alternatif. Emilie Bujès y restera huit ans. Elle y écrira son mémoire – sur l’art vidéo – décrochera plusieurs jobs dans l’art contemporain. Dont un au festival Transmediale, dédié aux cultures digitales. «En fait, je ne suis jamais vraiment revenue de cette ville», confie-t-elle.

Un nouveau regard

Elle est pourtant bel et bien de retour, depuis 2010. Notamment pour occuper le poste de commissaire d’exposition au Centre d’art contemporain de Genève. «Mais j’avoue m’être sentie un peu frustrée par rapport au format même de l’exposition. Je trouve qu’il capte, en général, assez peu les gens.» D’où l’intérêt, dit-elle, de reprendre la barre d’un événement consacré au cinéma. Avec des salles obscures, dans lesquelles le public se retrouve en quelque sorte «captif» durant une heure ou plus.

Vu son CV, faut-il s’attendre à une programmation plus pointue, plus expérimentale? «Il y a déjà des films imprégnés d’art contemporain à Visions du réel, rappelle la nouvelle directrice, avant de poursuivre: «Mon objectif reste de proposer une programmation qui puisse parler à plusieurs types de public. Mais j’aimerais que nous parvenions à attirer des spectateurs plus jeunes. Je souhaite aussi que nous nous ouvrions aux pratiques numériques. Même si, au final, ce n’est pas la forme d’un film qui m’importe mais son intérêt et sa poésie.»


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