21.04.2017, 00:01  

«Engagez-vous!» C’est le cri du cœur d’ Yves Crottaz

chargement
Après des longues années au service de la population, Yves Crottaz a définitivement rangé son uniforme de pompier.

SAINT-OYENS - Yves Crottaz prend sa retraite après trente ans de bons et loyaux services comme sapeur-pompier appointé au SDIS Etraz Région. Rencontre.

Sylvie Lehmann

rolle@lacote.ch

«Avec le départ à la retraite d’Yves Crottaz, qu’on appelait tous «Pipet», nous perdons un bon camarade, quelqu’un sur qui on pouvait vraiment compter», regrette Jean-Marie Pasche, chef de la caserne de Gimel qui fait partie du regroupement des pompiers du Service de défense incendie et de secours (SDIS) Etraz Région.

Yves Crottaz s’est aussi engagé dans la formation des chauffeurs de camions. «C’est une lourde responsabilité de conduire un véhicule, sirène hurlante et à toute vitesse dans le trafic, explique l’habitant de Saint-Oyens. Il a exercé cette responsabilité dix-huit ans durant en plus de son engagement en tant que sapeur appointé. «Pipet, c’était vraiment quelqu’un d’engagé. Toujours serviable et disponible, il était très apprécié. Il était toujours d’accord de remplacer un collègue absent», se souvient le chef de la caserne gimelane.

Yves Crottaz se remémore avec bonheur le premier exercice organisé à la suite de la fusion avec Gimel région. «Nous avions un souper à la suite de l’exercice. A 6 heures du matin, nous étions encore à la caserne», se souvient en souriant le pompier retraité.

Cet événement était la promesse d’une fusion réussie.

La solidarité est une force

Ce natif de Saint-Oyens considère qu’il est important de rendre service aux autres, la solidarité est une force. Une intervention a particulièrement touché le pompier qui était aussi un agriculteur. «Nous étions aux champs quand, soudain, nous avons vu une fumée noire s’élever dans le ciel. Sans attendre, de part et d’autre de la commune, les pompiers se sont mobilisés. C’était un feu de ferme. Celle d’un habitant que je connaissais depuis enfant. Grâce à notre rapidité d’action et à notre solidarité, nous avons maîtrisé le feu alors que les pompiers de Lausanne venaient juste de sortir de la ville. La maison a été sauvée, les pompiers lausannois n’y croyaient pas, ils sont venus constater notre succès sur place», sourit Yves Crottaz.

Le Covaillon considère que son engagement pour sa communauté est essentiel pour maintenir le tissu social privilégié d’une petite commune rurale. «Engagez-vous!», c’est son mot d’ordre à ses concitoyens. Pour lui, donner, c’est aussi recevoir. Le contact avec les autres, la discussion qui à priori pourrait être considérée comme une perte de temps, sont pour Yves Crottaz des outils essentiels pour vivre en communauté et avancer avec sérénité.

Il arrête l’agriculture, peu viable

Sociable, donc, Yves Crottaz connaît tout le monde à Saint-Oyens où il est aujourd’hui employé communal. Il a cependant vécu des années difficiles lorsqu’en 2009 il a dû renoncer à l’exploitation de son domaine agricole.

Travailleur acharné, il conduit pendant dix ans les bus de La Poste, tard en soirée, en marge de la charge de son domaine. C’est encore avec émotion qu’Yves Crottaz parle de ce temps de dur labeur, même s’il avance des arguments de raison: «J’ai toujours dû avoir un métier secondaire pour avoir un salaire. Je n’ai jamais pu tirer un revenu suffisant de mon exploitation. Mais lorsque j’ai dû verser 10 000 francs de ma poche pour maintenir l’exploitation, j’ai dû me rendre à l’évidence». C’est un jeune exploitant qui l’a remplacé et Yves Crottaz a été heureux de pouvoir lui prêter main forte à plusieurs occasions: «C’est ce qui m’a permis de pouvoir tenir le coup…»

Vue sur le Mont Blanc

Lorsqu’Yves Crottaz sera à l’âge de la retraite, il pourra poser un regard serein sur sa vie. Son sens du travail sera récompensé. Ses deux filles, dont l’une, Céline, est aussi engagée dans les pompiers, reviendront vivre à Saint-Oyens dans la maison familiale et Yves Crottaz, qui fait construire des appartements, aura un logement avec une vue splendide sur le Mont Blanc. Et puis, avec sa femme, il rêve de voyage. L’Europe n’a qu’à bien se tenir.

Une belle retraite en perspective pour cet homme qui s’est toujours engagé pour les autres. «Quand Yves Crottaz répond au téléphone, il lance toujours : «Pipet» à votre service!, raconte Jean-Marie Pasche. Cette petite phrase le caractérise vraiment, toujours là pour les autres.»


  Vous devez être identifié pour consulter cet article

Top