07.08.2017, 11:39  

Fermeture du magasin du terroir à Aubonne, après cinq mois

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La boutique avait ouvert au mois de mars

 07.08.2017, 11:39   Fermeture du magasin du terroir à Aubonne, après cinq mois

Commerce - Un couple de Birolans a ouvert en mars une épicerie proposant le meilleur des produits du terroir et de l’art. Le concept n’a pas pris.

Le cœur gros, Sophie Mann et Olivier Genevaz servaient une dernière fois leur clientèle dimanche 30 juillet avant de mettre définitivement la clé sous le paillasson. Le 25 mars dernier, le couple ouvrait «Chez Sophie & Olivier», une épicerie fine associée à un espace d’exposition dédié à l’art et à la décoration.

L’enseigne proposait des produits du terroir et de la région, ainsi que des œuvres d’artistes ou créateurs de la région. Le chaland pouvait ainsi faire son marché...

Le cœur gros, Sophie Mann et Olivier Genevaz servaient une dernière fois leur clientèle dimanche 30 juillet avant de mettre définitivement la clé sous le paillasson. Le 25 mars dernier, le couple ouvrait «Chez Sophie & Olivier», une épicerie fine associée à un espace d’exposition dédié à l’art et à la décoration.

L’enseigne proposait des produits du terroir et de la région, ainsi que des œuvres d’artistes ou créateurs de la région. Le chaland pouvait ainsi faire son marché parmi les propositions de plus d’une vingtaine de producteurs, tout en choisissant un petit cadeau original et accessible. 

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Le couple de Birolans était persuadé de détenir un bon concept, original tout en étant pratique. Il réunissait en un seul lieu les meilleurs produits de nos contrées à leurs aux yeux et papilles  (le couple les avait testés et rencontré les producteurs), tout en offrant le petit supplément d’âme: l’accueil, le service, l’écoute et les conseils.

En plus, ils organisaient des dégustations et des événements,  vernissages ou anniversaires pour enfants, dont un proposant un atelier marionnettes qui avait eu beaucoup de succès. A l’heure des réseaux sociaux, Sophie Mann et Olivier Genevaz communiquaient via Facebook et un site dédié à leur boutique.


«On arrivait juste à s’autofinancer et cela fait huit mois que l’on ne touche plus de salaire»

Olivier Genevaz


Ils pensaient avoir tous les atouts de leur côté: le concept, dans l’air du temps, à une époque où l’on recherche les saveurs authentiques, l’emplacement, à la Place du Marché, à côté de la boulangerie et de la pharmacie. «Avant de nous lancer, on a demandé une étude de marché à un facilitateur d’entreprise, il nous a dit: lancez-vous», explique Sophie Mann.

Attiré par un seul produit

Après cinq mois d’exploitation et 1800 tickets de caisse, le couple a décidé de renoncer au rêve auquel il croyait fermement. Les affaires n’étaient pas à la hauteur de leurs espérances. «Peut-être que nous avons fermé trop tôt, mais ce n’était plus possible financièrement. On arrivait juste à s’autofinancer et cela fait huit mois que l’on ne touche plus de salaire», explique Olivier Genevaz. «Nous sommes tristes et déçus, mais nous ne regrettons rien. Nous sommes fiers d’avoir partagé le plaisir des saveurs authentiques et de l’art avec nos clients. Quand certains, à titre d’exemple, croquaient dans une fraise et témoignaient rerouver les goûts de leur enfance, c’étaient de beaux moments», explique Sophie Mann. 


«Nous sommes fiers d’avoir partagé le plaisir des saveurs authentiques et de l’art avec nos clients.»

Sophie Mann


Le couple dit ne pas vraiment comprendre les raisons de cet échec. Les retours des clients étaient très positifs, le concept plaisait. «On n’entendait que du bien», témoigne Sophie Mann. L’épicerie avait ses clients fidèles mais surtout occasionnels. C’est l’un des aspects qui a mis un point final à l’aventure du couple. «Certains venaient chez nous juste pour compléter leurs courses, pour une salade ou les abricots de Luins. Il y avait un manque d’intérêt pour le reste de la boutique», déplore Sophie Mann.

Ce projet commun avait la saveur d’une réorientation professionnelle. Olivier Genevaz, électricien de réseau, avait quitté un emploi fixe pour ouvrir l’épicerie. Sophie Mann, qui vient du domaine bancaire, est également décoratrice d’intérieur. 

L'avis de Samuel Bendahan
économiste et professeur à HEC Lausanne 

Samuel Bendahan ne prétend pas poser un diagnostic sur un commerce qu’il ne connaît pas, mais donner uniquement quelques pistes. L’économiste ne cache pas que les temps sont durs pour le petit commerce local face aux grands supermarchés où les clients, toujours plus pressés, ont tout sur la main. Selon l’économiste, il est plus facile pour un petit commerce de s’implanter dans un lieu où il y a beaucoup de passage et des touristes, même si la situation en ville ne constitue pas à elle seule un gage de réussite, d’autant que les charges peuvent y être très élevées. Il est en effet difficile de faire vivre un commerce dans un bourg en dehors des pics d’affluence du samedi. «En dehors des villes, c’est plus difficile. Il faut alors que les communes se battent pour créer une zone dynamique, solidaire entre elle, où il y ait plusieurs enseignes, pas seulement une ou deux». Autres facteurs de réussite, selon lui, un réseau fort et une communauté toute aussi puissante qui se crée autour du commerce. «Si le lieu génère du lien social, c’est un gage de réussite», relève l’économiste. Enfin, dans une petite commune, la clientèle extérieure ara tendance à se déplacer pour un produit très spécifique. Et Samuel Bendahan de citer l’exemple de Tristan, dont la renommée fait se déplacer les foules. «Mais construire une clientèle et une renommée prend du temps», conclut-il. Comme dit l’adage, du temps, c’est de l’argent que ceux qui se lancent n’ont pas forcément.


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