12.10.2017, 11:53  

A presque 80 ans, il roule 300km par semaine

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Son ancienne porcherie lui sert désormais de garage à deux-roues où sont aussi affichés les dossards et plaques à vélo de 1948 à 2011.

 12.10.2017, 11:53   A presque 80 ans, il roule 300km par semaine

VILLARS-BOZON Bientôt dans sa 80e année, il roule 300 à 350 km par semaine. Rencontre avec Jean-Jacques Desponds, fan absolu de vélo.

Fabienne Morand

morges@lacote.ch

La retraite, certains s’y préparent à l’avance, d’autres la redoutent. Et il y a ceux qui peuvent enfin accorder le temps qu’ils ont toujours rêvé pour leur passion. C’est le cas de Jean-Jacques Desponds, de Villars-Bozon, qui passe ses journées sur l’un de ses vélos. «S’il y a un jour où je ne peux pas y aller, je suis mal!, assure celui qui fêtera ses 79 ans ce 19 octobre. Je ne peux pas...

Fabienne Morand

morges@lacote.ch

La retraite, certains s’y préparent à l’avance, d’autres la redoutent. Et il y a ceux qui peuvent enfin accorder le temps qu’ils ont toujours rêvé pour leur passion. C’est le cas de Jean-Jacques Desponds, de Villars-Bozon, qui passe ses journées sur l’un de ses vélos. «S’il y a un jour où je ne peux pas y aller, je suis mal!, assure celui qui fêtera ses 79 ans ce 19 octobre. Je ne peux pas vous dire pourquoi j’aime tant le vélo». Et d’ajouter, l’œil malicieux, après des dizaines de souvenirs partagés: «J’en fais, car c’est un sport qui se pratique assis.»

A 16 ans, il travaille une année chez un paysan à Bolligen (BE). «Là-bas, je roulais beaucoup. Je suis revenu à la maison deux fois avec un vélo à 3 vitesses. Je partais à 4h et à 9h du matin j’étais à la maison», raconte Jean-Jacques Desponds. Mais le métier d’agriculteur (vaches laitières puis bœufs), d’entrepreneur (il avait trois moissonneuses-batteuses et une ensileuse) et la famille (deux filles avec son Arlette) lui prenaient toutes ses journées, soirées et nuits durant les moissons. Jean-Jacques Desponds a donc souvent laissé son vélo au repos. Avant de ne plus le lâcher une fois à la retraite. Et pour financer une partie du matériel – «car les roues s’usent» – il vend des centaines de glaïeuls qu’il fait pousser dans son jardin.


«Je ne m’arrête pas pour manger, ça m’embête, je ne sais pas où mettre mon vélo»


Le deux-roues, Jean-Jacques y voue une véritable passion, voire même une addiction, puisqu’il roule 300 à 350 km par semaine. Et pas question d’effectuer des pauses. «Je ne m’arrête pas pour manger, ça m’embête, je ne sais pas où mettre mon vélo», explique celui qui empoche à peine quelques barres de céréales en partant de la maison. En 1999, après un AVC, il arrête de fumer et dispose aujourd’hui d’un physique et d’une santé incroyables pour son âge. «Le vélo, c’est ma physio, il m’aide pour mon dos».

Grimper des cols

«Mais il ne vous dit pas avec quels bleus il est parfois rentré», souligne sa femme Arlette. Elle se souvient de chaque course à laquelle a pris part son mari. Car oui, le retraité aime aussi relever des défis. «J’ai pris cinq fois le départ de la distance moyenne du Grand Raid, raconte-t-il. La dernière fois, pour mes 70 ans, j’ai pris mon temps car dans les descentes, je me suis dit: “ces cailloux, c’est pas bon pour mes genoux”».


«On m’a dit au départ que j’étais un peu fou»


Des épreuves, il en disputé plusieurs autres, dont cinq fois l’Ardéchoise – «220km en un jour» – et cinq fois la 333 (km) au départ d’Orbe qu’il a terminée en 12h11. Mais la course qui l’a probablement le plus marqué, c’est la cyclo Paris-Nice à laquelle il a participé en 2008 et 2011. «On m’a dit au départ que j’étais un peu fou», sourit-il.

Insensé, il l’est peut-être aux yeux de certains. Mais cet amour du deux-roues l’a amené à être le compagnon de route de deux personnes qui ont perdu la vue afin de rallier, en tandem, Berlin à Zurich pour le premier et Strasbourg à Paris pour le second. Avec ce dernier, un temps, il descendait aussi les pentes du Jura en VTT-tandem. Fou.

Cyclo-cross pour l’équilibre

Aujourd’hui, son petit regret c’est de ne plus trouver de copains de son âge, prêts à grimper des cols avec lui et ça l’embête d’y aller seul. Car monter, c’est ce qu’il aime le plus. Les plus belles grimpées? Le Nufenen, le Gothard, le Grimsel et l’Alpe d’Huez. «Arrivé en haut de ce sommet, il m’a téléphoné pour me dire qu’il ne savait plus comment il s’appelait, ni où il était», se rappelle en souriant son épouse. Jean-Jacques Desponds admet qu’il a souffert, mais pas question d’abandonner.

Et chez lui, l’hiver n’est pas synonyme de mi-temps. Il participe aussi à certaines courses de cyclo-cross de l’Omnium romand et, une fois par semaine, il se rend à Aigle pour effectuer 300 tours de piste, soit une distance de 60 km à une moyenne de 37-38 km/h.

Puis, comme pédaler ne lui suffit pas, lorsque l’enneigement est suffisant, il chausse les lattes. «La saison précédente, j’ai parcouru passé 800km en skating». Jean-Jacques Desponds, caractère et mental bien forgé, semble infatigable et est intarissable sur sa passion de la petite reine qu’il suit aussi à la télévision, évidemment.


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