26.11.2015, 00:01  

Alerte enlèvement:procédure à revoir

chargement
Irina Lucidi, mère des deux jumelles disparues en 2011 à St-Sulpice, et fondatrice de Missing Children.

SéCURITé - Une députée nyonnaise demande au Conseil d’Etat de faire évoluer les critères de déclenchement d’une telle opération.

Rodolphe haener

rhaener@lacote.ch

L’affaire était terrible et l’issue fatale: en janvier 2011, un père de famille, en instance de divorce, prenait ses deux jumelles, Alessia et Livia (6 ans), pour le week-end. Il ne les ramènera jamais: le corps du père a été retrouvé en Italie quelques jours plus tard – il s’était jeté sous un train –, ceux des fillettes n’ont jamais été retrouvés. Quatre ans plus tard, la députée nyonnaise socialiste Jessica Jaccoud a décidé d’interpeller les autorités cantonales avec une question précise: pourquoi l’alerte enlèvement n’a-t-elle pas été donnée? La question est légitime, mais pourquoi la poser maintenant? «Je pense qu’il est bon de laisser passer un peu de temps afin que la part émotionnelle s’estompe et qu’on puisse y réfléchir calmement et rationnellement», explique la députée. Une autre raison a poussé la Nyonnaise à relayer cette interrogation devant le Conseil d’Etat: «J’ai rencontré récemment la fondation Missing Children (ndlr: créée par la mère des deux jumelles, Irina Lucidi) qui m’a fait part de ses contacts avec les autorités, contacts qui n’ont pas abouti.»

Ce que désire la fondation, par la voix de Jessica Jaccoud, c’est connaître dans les détails le déroulés des pourparlers qui, durant les premières 48 heures du signalement de la disparition des enfants, n’ont pas mené au déclenchement de l’alerte enlèvement. «Je pense que tout processus est perfectible», poursuit Jessica Jaccoud. Avec, pour finalité, le désir de faire évoluer un principe toujours actuel: l’alerte n’est pas donnée si les enfants sont enlevés ou soupçonnés d’être enlevés par l’un des deux parents. «C’est une exception qui doit tomber! Les divorces ne se passent pas toujours bien et, dans de nombreux cas, c’est l’un des parents qui enlève les enfants.»

Homogénéisation

En 2014 pourtant, Luc Recordon (Verts, Vaud) et Mathias Reynard (PS, Valais) déposaient un postulat pour une amélioration de ladite alerte. «Une réponse est attendue pour le premier trimestre de l’année 2016», détaille Alessio Cimoli, cofondateur de Missing Children. L’enjeu est simple: «Obtenir plus de clarté quant au texte de loi et éviter les équivoques.» Pourquoi dès lors demander au Conseil d’Etat vaudois d’agir si la juridiction est fédérale? «Ce sont un peu les limites du fédéralisme: chaque canton a sa propre police.» En somme, il s’agit de s’assurer que la gendarmerie appliquera comme il se doit les nouvelles directives.

Parallèlement, Missing Children continue d’orienter les familles en détresse avec sa ligne d’urgence ouverte 24h sur 24h, le 0800 116 000. «La première chose que l’on fait, c’est d’inciter les familles à téléphoner au plus vite à la police. Nous ne nous substituons pas à elle. Ensuite, nous agissons en soutien», conclut Alessio Cimoli.

Fondation Missing Children, www.missingchildren.ch, 0800 116 000


  Vous devez être identifié pour consulter cet article

Top