06.10.2017, 00:01  

Ces commerces qui misent sur le jeu

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«Game of Thrones», personnages de comics ou de mangas, Florian Gau (à g.) drague une clientèle plus large que les seuls joueurs. Démarche identique, mais cible différente du côté de la Casajeux à Nyon avec ces œuvres en provenance de galeries et ses meubles design.

 06.10.2017, 00:01   Ces commerces qui misent sur le jeu

TENDANCE A la découverte de boutiques qui proposent de dépoussiérer les jeux de société et plus encore.

gregory balmat

gregory.balmat@lacote.ch

Quand acheter un hôtel à Zurich Paradeplatz ne vous suffit plus, quand prendre pour la énième fois le fou de votre adversaire ne vous fait plus vibrer, c’est peut-être que vous êtes mûr pour franchir une nouvelle étape dans votre découverte du très vaste univers des jeux de société.

«Chez nous, vous ne trouverez pas les produits des...

gregory balmat

gregory.balmat@lacote.ch

Quand acheter un hôtel à Zurich Paradeplatz ne vous suffit plus, quand prendre pour la énième fois le fou de votre adversaire ne vous fait plus vibrer, c’est peut-être que vous êtes mûr pour franchir une nouvelle étape dans votre découverte du très vaste univers des jeux de société.

«Chez nous, vous ne trouverez pas les produits des grandes surfaces, affirme Vital Volery, gérant de la nouvelle boutique nyonnaise Casajeux, sise au numéro 15 de la rue de Saint-Jean. Notre sélection de produits est une de nos plus grandes forces.» Les Aventurier du rail, Mysterium ou encore Smallworld, ces noms n’évoqueront sans doute rien au grand public, il s’agit pourtant de poids lourds d’une nouvelle génération de jeux de société au succès grandissant. C’est là l’un des paris de Vital Volery: parvenir à séduire une clientèle curieuse et ayant l’envie d’élargir l’horizon de ses activités ludiques.

«Actuellement, nous mettons en avant Quadrio, un nouveau jeu conçu par un Suisse et édité par la société d’édition suisse Hurrican. C’est en quelque sorte une réinterprétation extrêmement ingénieuse de Puissance 4. Les ventes sont déjà réjouissantes», affirme le gérant de la Casajeux. Plus globalement, avec près de 390 jeux écoulés en trois mois d’ouverture, Vital Volery peut se montrer satisfait de son implantation en ville de Nyon. D’autant que les produits ludiques ne constituent pas la seule source de revenu du commerce.

La Casajeux est ce que l’on appelle un concept store, un anglicisme qui désigne un type de magasin innovant en termes d’offre de produits. «Nous sommes partenaires de la boutique de décoration Casagiu à Coppet. Nous proposons également à la vente des œuvres de la galerie carougeoise Little Nemo et des sculptures qui proviennent de la galerie copétane Fabbrik», énumère le gérant. Des ventes loin d’être anecdotiques puisque quinze œuvres ont trouvé preneur depuis l’ouverture.

Les cartes à la rescousse

A Begnins aussi, les jeux de sociétés ne représentent qu’une partie du revenu du magasin la Citadelle des jeux, ouvert il y a un peu moins de deux ans par Florian Gau. Figurines, tasses arborant des super héros ou des personnages de jeux vidéo sans oublier des t-shirts, la petite arcade de la Grand-Rue fourmille d’articles. Et si deux vastes étagères sont bien réservées aux boîtes colorées des jeux de société, le produit phare de la Citadelle des jeux est nettement moins volumineux puisqu’il s’agit de cartes à jouer, celles du célèbre «Magic the Gathering».

«Le jeu a presque 25 ans, mais reste un phénomène», explique Florian Gau. Mieux, cette longévité lui permet d’être devenu intergénérationnel. Ainsi, il n’est pas rare que des parents et leurs enfants viennent acheter des cartes en famille, mais aussi disputer une petite partie dans la zone prévue à cet effet. Et c’est là l’une des forces du magasin begninois: aller au-delà de la vente et construire une communauté de joueurs. «Ça prend petit à petit, observe le commerçant. C’est surtout vrai les jours de tournois officiels qui peuvent réunir jusqu’à trente personnes. Et certains joueurs viennent carrément de La Chaux-de-Fonds. C’est réjouissant et encourageant!»

Selon Sébastien Zbären, président de la toute jeune manifestation glandoise consacrée aux jeux de société, Ludicofestival, qui s’est déroulée début septembre, c’est précisément cet aspect communautaire qui peut permettre aux boutiques de surnager à l’heure d’Internet. «Les gens cherchent le conseil, bien sûr, mais aussi à se retrouver pour partager un bon moment autour d’un jeu. Et les magasins peuvent servir à mettre en réseau les joueurs», explique le Glandois. Des spécificités propres aux magasins physiques à cultiver, car comme dans tant d’autres domaines, les commerces suisses peinent à être compétitifs en matière de tarif, lorsqu’ils se retrouvent en concurrence avec des mastodontes du net.

Un secteur concurrentiel

Reste que pour le grand public le conseil en boutique peut effectivement valoir quelques francs supplémentaires. «Nous essayons de comprendre au mieux les attentes de nos clients et d’y répondre au plus juste, clame Vital Volery. Nous proposons également d’ouvrir n’importe quelle boîte que nous avons en rayon.»

Toujours dans l’idée de capter sa clientèle, Vital Volery a récemment mis en place un système de points de fidélité original et en cohérence avec l’assortiment du magasin puisque le pactole récolté par le client se décide aux dés.

Jusqu’au-boutiste, la Casajeux ne propose, pour l’heure, pas de service d’achat en ligne, contrairement au magasin de Begnins. «Cela représente une part importante de l’activité, précise Florian Gau. Mais ça prend aussi énormément de temps.» Et vous met une pression supplémentaire sur les prix: «Vous vous retrouvez en frontal avec les concurrents les plus agressifs. Il faut en être conscient avant de se lancer. Et ce n’est pas non plus une solution miracle.»

Car le milieu reste difficile et les marges relativement faibles, il faut donc faire du volume pour rentrer dans ses frais, pas toujours évident pour des magasins de taille modeste. «On va dire que, pour l’instant, je paye mes factures», glisse en souriant le gérant de l’arcade de Begnins.

«On fonctionne à flux tendu, en ayant très peu de stock», avance de son côté Vital Volery.


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