17.10.2013, 00:01  

Il faut manger des insectes

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Par MARIE-CHRISTINE FERT

NYON - L'association Grimiam a organisé sa première conférence hier.

m-c.fert@lacote.ch

Louis Champod fait toujours son petit effet quand il dit qu'en Suisse manger un chien est toléré alors que consommer des insectes est condamnable. Un comble pour lui, dans la mesure où ces petites bêtes sont avalées plus ou moins régulièrement par deux milliards de personnes.

Cet habitant de Lonay se bat depuis 1993 pour faire changer la loi. En 2008, avec le Nyonnais Jürgen Vogel, ils avaient tenu un stand à Paléo qui avait été un succès. Mais depuis 2010, chaque fois que Louis Champod souhaite organiser une dégustation, il est confronté à des tracasseries administratives. Lui se considère pourtant comme un précurseur, assuré que l'élevage des insectes est une bonne réponse pour résoudre les problèmes de malnutrition sur une planète dont la population ne cesse d'augmenter. "Il ne faut pas oublier qu'il y a soixante ans, dans notre pays, personne ne mangeait des crabes ou des crevettes qui sont pourtant, il faut le rappeler, nécrophages! Et puis, on consomme déjà dans des aliments comme les confitures, la farine, les tomates, 500 grammes d'insectes par an et par personne sans le savoir ", tempête-t-il. Hier, il n'a pas manqué d'insister sur ces données face aux quelque septante personnes inscrites à la première conférence de l'association Grimiam qu'il a créée il y a un mois avec Jürgen Vogel. Ils avaient une invitée de marque en la personne d'Afton Halloran, consultante auprès de la FAO (organisation des Nations Unies pour l'alimentation). La jeune femme multiplie les conférences pour soutenir les initiatives comme Grimiam. Elle confirme que la Suisse est en retrait par rapport à d'autres pays européens. La Hollande est particulièrement en pointe, avec le financement de recherches pour incorporer de la poudre d'insectes dans l'alimentation des poissons et des poulets.

"C'est avant tout un problème culturel" , regrette Jürgen Vogel. Une réserve qu'il souhaiterait voir sauter ne serait-ce que parce que l'élevage d'insectes est une réponse écologique aux problèmes de nutrition. Membre des Verts de Nyon, il affirme qu'il faut 1500 litres d'eau pour produire un kg de viande. "Nous ne sommes pas contre une bonne côtelette, précise-t-il , mais il faut impérativement chercher des alternatives. "

A priori, l'association Grimiam a déjà bien planché sur la question. "Je connais des investisseurs qui seraient prêts à financer de tels élevages en Suisse" , déclare Louis Champod. L'association a même déjà listé les quatre insectes qui répondraient parfaitement à cette production: la larve de ténébrion (ver de farine), la larve de zoophobas, le grillon domestique et le criquet pèlerin. Des noms qu'il faut peut-être commencer à apprivoiser...


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