07.10.2016, 00:01  

«Il y a des pépites à Nyon!»

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Animée par Olivier Dominik, journaliste à la RTS, la table ronde a réuni, de gauche à droite: Nicolas Servageon, spécialiste en promotion économique et auteur de l’étude; Nathalie Luyet, ancienne urbaniste de la Ville de Sion; David Pernet, président de la SIC Nyon; Alexander Benicchio, directeur de Manor Nyon.

 07.10.2016, 00:01   «Il y a des pépites à Nyon!»

ÉCONOMIE - Les participants au forum «Et maintenant?» ont débattu mercredi sur le commerce local à Nyon. L’optimisme est de mise, même s’il reste à faire.

maxime maillard

mmaillard@lacote.ch

La grande salle d’Uni Global Union était comble mercredi soir à l’occasion de la septième édition du forum «Et maintenant?», consacrée au commerce de détail nyonnais. En introduction d’un copieux programme, le truculent secrétaire général de la fédération syndicale, Philip Jennings, a posé le cadre des débats qui allaient suivre: «Le plus grand magasin du monde est sur votre portable, mais les gens veulent encore toucher et sentir des expériences de shopping et de culture. Ne doutons pas de Nyon».

Pourtant la conjoncture inquiète: les chiffres du commerce de détail dégringolent. Face au phénomène global de l’e-commerce, du zapping des consommateurs et du tourisme d’achat, comment les pouvoirs publics et les commerçants peuvent-ils agir localement? Que manque-t-il à la ville de Nyon pour mieux fonctionner? Des questions qui ont servi de fil rouge à une soirée dont le point fort fut la présentation des résultats d’une étude sur le sujet, conduite par le spécialiste en promotion économique Nicolas Servageon.

Forces et faiblesses

Premier constat: le mix commercial du centre-ville, soit l’équilibre entre les différents types d’activité commerciale, est bon. «Nyon n’est pas la capitale des coiffeurs», a plaisanté l’expert, il y a des pépites dans cette ville», en référence au 80% de magasins indépendants (hors chaînes et franchises) sur les plus de 380 que compte le centre-ville. Si «Nyon a tout pour bien faire», elle reste menacée par une mauvaise image de sa mobilité depuis l’instauration du nouveau système de feux en 2015, et par la prolifération de commerces en périphérie.

Sion en exemple

Autres talons d’achille: l’aménagement urbain des places de la Gare et du Château, jugé peu invitant, la signalétique des commerces et parkings au centre, ou encore la communication entre pouvoirs publics et secteur privé.

Lors de la table ronde qui a suivi, l’exemple de la ville de Sion a donné du grain à moudre aux quatre intervenants. En effet, à partir de 2004, le chef-lieu valaisan a subi une complète mue de ses espaces publics, qui a permis de prioriser le piéton sur toutes les places, notamment entre les deux châteaux, et de redynamiser les commerces. «Cette ville qui avait une vocation administrative est devenue vivante et a vu sa fréquentation augmenter», a expliqué Nathalie Luyet, ancienne urbaniste de la ville. L’analogie avec la place du Château à Nyon, occupée par l’administration communale, n’a pas manquer d’interpeller. «C’est la pièce touristique majeure et il n’y a qu’un restaurant», a déploré David Pernet, président de la société industrielle et commerciale de Nyon (SIC). Parking en forme de cul-de-sac, le lieu «mériterait d’être revitalisé afin que les gens puissent s’y arrêter», a renchéri Nicolas Servageon.

Quant à la place de la Gare, l’urbaniste n’a pas mâché ses mots en la découvrant le soir même: «ça ressemble à un délaissé de plein de choses, avec des vieux rails, des piétons relégués. Alors qu’une gare, c’est une porte d’entrée dans une ville, des flux incroyables que vous pourriez capter et inciter à aller plus loin.»

Mieux communiquer

Si comparaison n’est pas raison, comme l’a rappelé Nicolas Servageon, qui fut délégué économique à Sion de 2004 à 2010, une chose est sûre: il faut une volonté commune d’amener un réel changement, un «partage politique collégial». Mais la création de synergies, la dynamique fédérative concernent aussi les commerçants. «Se plaindre, c’est trop facile, on doit être innovatifs», a déclaré Alexander Benicchio, directeur de Manor Nyon.

Du côté de la SIC, on reconnaît que 200 commerces affiliés à l’association sur près de 400 enseignes au centre-ville, c’est trop peu. Car la ville doit pouvoir reconnaître ses interlocuteurs. Mais la professionnalisation de l’association passe sans doute par une meilleure coordination avec les autorités.

D’où l’importance de mieux communiquer, en créant par exemple un poste de délégué économique à Nyon. Qui officierait comme relais entre le service de l’urbanisme, les autorités et les commerçants. Une mesure jugée prioritaire par le rapporteur de l’étude, et que le syndic Daniel Rossellat, en conclusion de la soirée, a assuré d’amener au cœur des discussions de la Municipalité.


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