12.09.2017, 00:01  

Les musulmans de Nyon en quête d’un toit à Gland

Abonnés
chargement
Tefik Rashiti souhaite transformer uned’En Plannaz en lieu de rencontre pour les musulmans.

 12.09.2017, 00:01   Les musulmans de Nyon en quête d’un toit à Gland

RELIGION - L’association des musulmans de Nyon veut élire domicile dans la zone artisanale du Vernay. Le projet est en gestation depuis ce printemps.

antoine guenot

antoine.guenot@lacote.ch

Un lieu de rencontre, d’échange et de prière. C’est ce que souhaitent ouvrir, à Gland, les membres du Centre culturel des musulmans de Nyon (CCMN). Ce dernier, fondé en 2014 et pour l’heure sans local officiel, envisage plus précisément de s’implanter au chemin du Vernay, dans l’une des streetbox modulables qui accueillent actuellement des artisans et des PME. L’espace convoité se situe au numéro 33 du quartier. Il...

antoine guenot

antoine.guenot@lacote.ch

Un lieu de rencontre, d’échange et de prière. C’est ce que souhaitent ouvrir, à Gland, les membres du Centre culturel des musulmans de Nyon (CCMN). Ce dernier, fondé en 2014 et pour l’heure sans local officiel, envisage plus précisément de s’implanter au chemin du Vernay, dans l’une des streetbox modulables qui accueillent actuellement des artisans et des PME. L’espace convoité se situe au numéro 33 du quartier. Il s’étend sur deux étages et représente une surface totale d’environ 100 m2.

Aux commandes du projet (tout comme du CCMN), on trouve un visage connu de la vie publique locale: Tefik Rashiti, ex-conseiller communal POP nyonnais puis ex-candidat à la Municipalité de Gland, sous la bannière du PBD, lors des élections de 2016. Garagiste, il est déjà locataire d’une street-box au Vernay, pour exercer son activité professionnelle. L’espace qu’il envisage à présent d’investir avec son association se situe à quelques mètres de son lieu de travail.

Une vingtaine de membres

«Actuellement,on dénombre une petite vingtaine de membres, aux origines multiples, dont la plupart sont détenteurs d’un passeport suisse, explique-t-il. Il y a une vraie demande de leur part pour trouver un lieu de réunion. L’idée serait de l’utiliser pour nos activités culturelles mais aussi pour la prière du vendredi.» Soit le moment de recueillement le plus important de la semaine pour les musulmans, que les pratiquants du district de Nyon ne peuvent, pour l’heure, accomplir qu’en se rendant à Préverenges (lire encadré), Lausanne ou Genève.


"Il n’y a pas de place pour l’extrémisme dans notre association"


Mais avant toute chose, Tefik Rashiti tient à préciser: «Il n’y a pas de place pour l’extrémisme dans notre association. Nous prônons l’ouverture et l’intégration. Notre porte est ouverte à tous.» Pour preuve, ajoute-t-il, le CCMN entretient des liens étroits avec «L’Arzillier», une plateforme de dialogue interreligieux basée à Lausanne.

A l’enquête publique

Ce projet de mosquée est déjà bien avancé. Le CCMN est en effet déjà locataire du local qui l’accueillerait. Seulement, pour l’instant, il n’est pas autorisé à y pratiquer ses activités. Car cet espace est, à l’origine, destiné aux métiers de l’artisanat, «tout comme l’ensemble du bâtiment, indique Thierry Genoud, municipal de l’urbanisme. Si l’association veut en faire usage, elle doit donc demander un changement d’affectation du local en lieu de réunion. Ce qui passe inévitablement par une mise à l’enquête publique.»

Cette procédure, le CCMN l’a lancée à la fin du printemps dernier. Elle s’est achevée à la mi-juin et s’est soldée par deux oppositions. «Il s’agit de deux locataires de street-box voisines, indique Tefik Rashiti. Ils craignent que nos réunions génèrent des problèmes de parking dans le périmètre de la zone artisanale.»

Pour ce dernier, difficile encore d’estimer la fréquentation potentielle du local. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que sa capacité d’accueil serait limitée à un maximum de 50 personnes. «C’est la règle pour les lieux qui ne sont munis que d’une seule voie de secours», informe Thierry Genoud.

En minibus, pour la prière

Avant de se pencher plus à fond sur le dossier, la Municipalité a demandé aux porteurs du projet de répondre aux craintes des opposants. Ce qu’ils ont fait, en élaborant un plan de mobilité transmis à la commune en fin de semaine passée. «Notre idée est de faire parquer les gens dans le grand parking du centre sportif En Bord, lors de la prière du vendredi et des jours de fête. Car c’est lors de ces événements qu’il pourrait y avoir un problème de places de parc», explique Tefik Rashiti. Une fois garés, les fidèles seraient alors acheminés jusqu’au Vernay en minibus. «Bien sûr, nous les inciterions aussi à venir en transports publics et à faire du covoiturage.»

Ces solutions n’ont pas encore été étudiées en profondeur par les autorités. «Mais, à première vue, le projet a l’air bien ficelé, commente Thierry Genoud. A présent, nous allons pouvoir étudier de près les oppositions et la demande de permis de construire.»


"Une communauté organisée, munie d’un lieu de rencontre fixe, devient un partenaire fiable pour les autorités"


De son côté, l’Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM) – dont le CCMN est membre – salue la démarche. «Une communauté organisée, munie d’un lieu de rencontre fixe, devient un partenaire fiable pour les autorités, explique son président, le Morgien Pascal Gemperli. Elle peut alors apporter un vrai plus à la vie sociale et culturelle locale.»

Pour le président de l’UVAM, tout l’enjeu d’une telle initiative est de parvenir à éviter les crispations. «Pour ce faire, il est très important d’aller à la rencontre de la Municipalité et de la population, pour expliquer l’utilité d’un tel lieu», insiste-t-il. Dont acte pour l’association de Tefik Rashiti, qui conviait hier soir l’exécutif et les membres du Conseil communal à une première rencontre aux abords du futur local.

Préverenges pionnière

Si la création d’un lieu de rencontre musulman fait figure de nouveauté dans le district de Nyon, celui de Morges est déjà coutumier du fait. Depuis 2013, la commune de Préverenges abrite en effet le Centre culturel des musulmans de Morges et environs (CCMM), sis dans un ancien bâtiment artisanal de la rue Vuasset. Comme son voisin nyonnais, il se veut multiethnique et participe activement au dialogue interreligieux.

«Actuellement, nous avons 50membres cotisants. Mais la fréquentation du centre est beaucoup plus importante», indique Aziz Khalfaoui, secrétaire général du CCMM. Les jours de fête, ils seraient ainsi près de 150 à s’y rendre. Et un peu moins d’une centaine lors de la prière hebdomadaire du vendredi. «Une dizaine de personnes s’y rendent aussi quotidiennement, pour la prière du soir», ajoute le responsable.

Les membres du CCMM participent également à la vie de la localité. En proposant notamment des repas ouverts à tous, tous les deux mois, des conférences, ou encore en participant au grand nettoyage annuel de la plage communale. ago


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top