19.06.2017, 15:03  

On a testé la course de côte en side-car vers Saint-Cergue: au ras du sol à 150 km/h

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Retro-Moto Internationale - Invitation à monter à bord d'un side-car de compétition pour 7 kilomètres de virages, au ras du sol, avec des pointes à 150 km/h. Notre journaliste s'est accroché au côté du pilote Eric Bezon, champion suisse en 2004, à l'occasion de la 9e Rétro Moto Internationale.

Le passager a un surnom immuable dans le milieu des side-cariste. Si on l’appelle «le singe», c’est bien que le pilote compte sur ses acrobaties pour gratter quelques kilomètres/heure et donc de précieuses secondes dans les courbes sans risquer de voir l’engin se retourner.
Samedi, à la 9e Rétro Moto Internationale de Saint-Cergue, c’est ce rôle-là qui a été confié au sous-signé. Et pas avec n’importe qui puisque c’est au côté d’Eric Bezon, champion suisse...

Le passager a un surnom immuable dans le milieu des side-cariste. Si on l’appelle «le singe», c’est bien que le pilote compte sur ses acrobaties pour gratter quelques kilomètres/heure et donc de précieuses secondes dans les courbes sans risquer de voir l’engin se retourner.
Samedi, à la 9e Rétro Moto Internationale de Saint-Cergue, c’est ce rôle-là qui a été confié au sous-signé. Et pas avec n’importe qui puisque c’est au côté d’Eric Bezon, champion suisse 2004, que je ferai une descente puis la montée sur les 7 kilomètres de virages.

Le Genevois, du haut de ses 71ans, est un collectionneur réputé de modèles Motosacoche. Je m’attendais donc à tenter l’expérience du singe dans un engin digne de la monture d’Edgar, dans «Les Aristochats». Mais non, c’est bien le bolide de compétition, «un modèle inimitable fabriqué par Hermann Schmidt, champion du monde des constructeurs en 1973 encore difficile à surpasser aujourd’hui» que le septuagénaire a prévu pour ce parcours.

Départ canon... j'ai failli rester par terre, sans side-car

Il faudra donc s’allonger à plat ventre sur le plateau inox de 1,50 m de long, à une poignée de centimètres du sol. «Tu restes couché et je m’occupe du reste», lâche le champion avec sa gouaille du bout du lac. Rester couché ne veut pas dire rester passif car dès la première accélération, je risque de rester sur place sur la chaussée, me retenant juste à temps pour ne pas provoquer davantage de dégâts qu’une légère érosion du bout de mes souliers.

La descente me paraît sauvage, mais cordiale entre les 300 fans de vieilles mécaniques à deux ou trois roues inscrits pour les cinq montées du jour. Les motards s’apparentent à des géants au-dessus de nous deux, couchés au ras du sol. Durant le temps d’attente à la Main-de-Gingins, des pratiquants expérimentés me sussurrent: «avec le papi-là, un seul conseil: accroche-toi!»

L’autosuggestion de l’apprenti singe

Soudain Eric Bezon lâche les 110 chevaux de son Suzuki TR750 de 1973. Le basset patine avant de trouver sa vitesse. Les cônes de l’aire de départ défilent à quelques milimètres de la visière de mon casque. Le bruit est tonitruant et la chaleur monte. Mes mains supportent difficilement la surchauffe du radiateur et pot d’échappement à portée de doigts.

Après quelques courbes, j’ai presque l’impression de pouvoir l’aider, le champion de Suisse. C’est déjà la tête qui s’en va à la rencontre du sol dans les courbes à droite. «C’est terrible sur cette route, les courbes à droite, je ne les vois carrément pas et elles sont piègeuses», confiait une «collègue singe» aguerrie. Automobiliste régulier sur ce tronçon, je me prends à espérer un léger avantage sur elle. Cela dit, en me souvenant la combinaison rapée de Joris Bonnefoy, partenaire régulier sur le basset rouge et blanc, je me dis que je ne serai jamais un vrai singe.

Quelques changements de vitesses manqués provoquent des glissades et nous rapprochent des bas-côtés de la chaussée. Eric Bezon m’expliquera plus tard qu’à force de blessures, il ne peut plus relever le pied pour assurer les changements de vitesse. «Je me suis bricolé un système à moi, mais il y a parfois des ratés».

Des pointes à 150 km/h

Me sentant un peu plus à l’aise, le pilote pousse le bolide à des pointes à 150 km/h. C’est la surchauffe sur mes doigts crispés sur l’armature de fer. Le bruit est assourdissant. Mais on finit presque par se prendre pour une vedette quand nous abordons les derniers virages devant une foule excitée. Après sept minutes environ, les 7 kilomètres sont déjà engloutis et la furtive accolade avec le champion éveille un sentiment de fierté, mais surtout un sacré goût de reviens-y.


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