21.04.2017, 00:01  

O’Les Terrasses: la Ville en rade

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La Municipalité souhaitait acquérir cet établissement pour optimiser ses possibilités d’aménagements dans le cadre de ses réflexions sur le devenir des rives du lac.

 21.04.2017, 00:01   O’Les Terrasses: la Ville en rade

NYON - Les autorités n’ont pas pu acquérir le restaurant de Rive. Une société genevoise a été plus généreuse.

marie-christine fert

marie-christine.fert@lacote.ch

Dans un communiqué de quelques lignes, le propriétaire du restaurant O’Les Terrasses, Santiago Wegmann, indiquait hier qu’une société genevoise était le nouveau propriétaire de son établissement. Il devient locataire des murs et propriétaire du fonds de commerce. Un bail à loyer a été établi avec une durée de dix ans. Du coup, comme le confirmait ce même...

marie-christine fert

marie-christine.fert@lacote.ch

Dans un communiqué de quelques lignes, le propriétaire du restaurant O’Les Terrasses, Santiago Wegmann, indiquait hier qu’une société genevoise était le nouveau propriétaire de son établissement. Il devient locataire des murs et propriétaire du fonds de commerce. Un bail à loyer a été établi avec une durée de dix ans. Du coup, comme le confirmait ce même jeudi l’office des poursuites de Nyon, la vente aux enchères agendée mardi 25 avril, à la demande du principal créancier, à savoir la Banque cantonale vaudoise, est annulée.

L’information pourrait s’inscrire dans le cadre d’une simple transaction commerciale si des négociations n’avaient pas été engagées il y a presque un an entre la ville et le propriétaire pour convenir d’un rachat. Avant tout, Santiago Wegmann voulait éviter la vente aux enchères de son établissement. De son côté, la ville était particulièrement intéressée par cette parcelle en vue de valoriser son projet d’aménagement de Rive-Est, car c’est la seule dont elle n’est pas propriétaire. Les discussions étaient finalisées puisqu’un préavis avait été déposé en février. Il proposait au restaurateur l’acquisition de la propriété pour 2,746 millions de francs. Il disposait d’un bail de cinq ans, renouvelable d’année en année. Il devait reverser à la commune 6% de son chiffre d’affaires avec un seuil minimum de 96 000 francs.

Sauf que le scénario ne s’est pas déroulé comme prévu. Le 20 février dernier, la signature de l’acte de vente à terme conditionné à l’acceptation du Conseil communal a été annulée, le vendeur ayant fait savoir qu’il avait reçu une offre plus intéressante. A priori, sans en dire davantage à la Municipalité. Interrogé à l’issue de la dernière séance du Conseil communal, début avril, Claude Uldry, municipal en charge d’architectures et bâtiments, indiquait qu’il n’avait pas eu d’informations annonçant que la fameuse vente aux enchères était annulée. D’ailleurs, le Conseil communal, au cours de la même soirée, avait accepté d’octroyer à l’exécutif le crédit de 2,746 millions et l’avait autorisé à bénéficier d’une certaine latitude pour éviter de perdre cette affaire lors de la fameuse vente aux enchères.

Tout s’est donc accéléré dans la dernière ligne droite précédant la date fatidique du 25 avril, avec cet accord conclu avec cette société genevoise. Quand on l’interroge sur les raisons de ce choix, Santiago Wegmann indique que l’un des éléments qui a pesé dans la balance est qu’il reste propriétaire du fonds de commerce et qu’il dispose d’un bail établi pour une durée de dix ans.

Prise de risque avec l’offre de la ville dans un préavis

Assurément, la déception est de mise dans le camp de la Municipalité. Claude Uldry, lorsqu’il avait présenté ce préavis, évoquait avec enthousiasme les perspectives qu’offrait cette parcelle qui aurait pu être l’une des entrées du futur parking souterrain de Rive. «Dans une procédure avec publicité de la transaction dans un préavis, il y a toujours le risque qu’une personne surenchérisse», commente Daniel Rossellat qui souligne que l’issue est décevante au regard du temps passé en négociations par le personnel de différents services de la commune. «Nous avons fait tout ce qu’on pouvait pour acquérir cet immeuble. Le Conseil communal nous a bien suivi sur ce dossier», complète le syndic. Qui rappelle aussi que la notion du temps pour une ville n’est pas la même que pour un privé. «Une commune peut être davantage patiente», conclut-il.

Déçu, Robert Jenefsky, du Parti indépendant nyonnais l’est également. Il était le président de la commission qui a examiné la demande de crédit de l’exécutif. «La démarche de la Municipalité était bien intentionnée. Cette parcelle aurait permis d’avoir une vision cohérente de l’aménagement de Rive-Est», analyse-t-il. Cet élu craint que la construction du parking souterrain, dossier qui lui tient particulièrement à cœur, soit, du coup, retardé.


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