17.02.2017, 00:01  

Révérence sur une longue carrière à soigner les bobos

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L’habitant de Perroy Jean-Walter Ursenbacher jouit depuis janvier de sa retraite après 39 ans comme médecin des Rollois.

ROLLE - Le médecin de famille Jean-Walter Ursenbacher continuera à s’intéresser à la santé, tout en profitant de ses passions et de sa famille.

Valérie Durussel

rolle@lacote.ch

C’est un chapitre long de 39 ans, passé à soigner les maladies et les maux d’une partie de la population rolloise, qui s’est clos en janvier. Le médecin Jean-Walter Ursenbacher, 72 ans, profitera dès à présent d’une retraite bien méritée, tout en continuant à se passionner pour sa profession, puisqu’il prévoit de suivre des cours à la Policlinique...

Valérie Durussel

rolle@lacote.ch

C’est un chapitre long de 39 ans, passé à soigner les maladies et les maux d’une partie de la population rolloise, qui s’est clos en janvier. Le médecin Jean-Walter Ursenbacher, 72 ans, profitera dès à présent d’une retraite bien méritée, tout en continuant à se passionner pour sa profession, puisqu’il prévoit de suivre des cours à la Policlinique médicale universitaire (PMU) de Lausanne.

«J’ai besoin de rester dans le coup. J’ai toujours dit que je ne voulais pas faire de la consultation de rue, mais que j’arrêterais en une fois. Je reste bien évidemment docteur et attaché à mon métier, qui est magnifique, mais je ne suis plus médecin, précise le Perrolan. Je connais l’histoire intime de mes patients, en restant leur confident. Ce contact social, je vais le perdre, naturellement.»

Car son travail de généraliste ne s’est de loin pas limité à son cabinet sur la Grand-Rue, il a notamment travaillé dix ans comme médecin scolaire dans la région rolloise, ainsi que comme médecin responsable à l’Hôpital de Rolle entre les années 1980 et 2000.

«Avant, je pouvais hospitaliser mes patients à Rolle et les suivre; c’était de la médecine non restrictive. Aujourd’hui, il faut passer par des spécialistes. Ça a évolué, constate-t-il. On ne peut pas exercer ce métier sans passion. La pratique de la médecine générale est extrêmement difficile, il faut avoir les nerfs solides. Il y a l’exigence des patients, la paperasserie qui a bien triplé depuis que tout est informatisé et les tracasseries administratives en sus.»

Investigateur de maux

Pour assurer le meilleur suivi qui soit, le docteur Jean-Walter Ursenbacher a, comme ses confrères, aligné les heures pour recevoir une trentaine de patients chaque jour et, surtout, mis une partie de sa vie privée entre parenthèses, en passant par une partie de l’éducation de ses deux fils.

«J’ai souvent téléphoné à mes patients, même en vacances, lorsqu’un cas me turlupinait, pour savoir comment ils allaient. Ce sont des sacrifices. Je n’ai jamais fait un seul devoir avec mes deux enfants, c’est ma femme qui s’en est chargée, glisse-t-il. Mais être médecin généraliste est très stimulant. Vous décoffrez la personne brute et vous avez le privilège de donner un diagnostic. C’est un peu le travail d’un enquêteur que l’on fait.»

Parmi les souvenirs que Jean-Walter Ursenbacher emportera de ses années de travail, il en restera certains biens tragiques, comme à chaque fois que la mort a croisé la vie de ses concitoyens et patients.

Projet d’un centre médical rollois

«Pendant la garde médicale, nous étions appelés pour des constats après suicide, c’était très dur et le plus difficile reste le décès d’enfants. Psychologiquement, il faut encaisser tout ça», souligne le médecin.

De nombreuses anecdotes et instants de vies aussi cocasses qu’heureux ont rythmé sa carrière bien chargée. Comme lorsqu’une de ses patientes, souffrant d’une démence, lui a une fois envoyé son sac sur la tête, ou lorsqu’une connaissance, piquée par une abeille, a manqué de mourir asphyxiée. «Quand son mari est rentré, il m’a appelé. J’ai fait une injection à son épouse. Si un médecin n’était pas intervenu, elle serait morte. Savoir qu’on est utile est probablement ce qui nous fait durer.»

Après avoir cherché un an durant le remplaçant adéquat pour s’occuper de sa patientèle, il peut tourner la page sereinement pour se consacrer à sa famille et s’adonner à sa passion pour la voile et les vols en ULM. «Je me suis donné trois mois pour régler ma nouvelle vie. Là, je me sens un peu en vacances, savoure-t-il. C’est comme si je décantais. Je commencerais réellement ma retraite dans quelques mois.»

Il y a pourtant une ombre au tableau de cette belle transition. Initiateur du projet d’un centre médical rollois, Jean-Walter Ursenbacher espère voir son rêve se réaliser dans les années à venir. «J’ai continué à travailler jusqu’à 72 ans parce que je suis en bonne santé, mais aussi parce que le centre aurait dû être ouvert en 2017. Ça fait dix ans qu’on en parle. Je continuerais de me battre à titre honorifique, car ce projet serait quelque chose qui profiterait beaucoup à la population locale», conclut-il.


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