19.06.2017, 00:01  

Un 3e rang pour fêter un siècle

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Très stressé avant l’audition, Théo Imobersteg n’a pas manqué son rendez-vous de la 11eFête romande junior de fifres et tambours, à Nyon.

 19.06.2017, 00:01   Un 3e rang pour fêter un siècle

NYON - Le collège de Marens a accueilli la fête romande des fifres et tambours. Le Coinsinois Théo Imobersteg y a fait bonne figure.

Didier Sandoz

didier.sandoz@lacote.ch

La montée d’adrénaline, Théo Imobersteg sait ce que c’est. Comme samedi matin sur le coup de 9h25, quelques minutes avant d’entrer dans la salle 106 du collège de Marens pour interpréter «Calvados» au fifre. A 17 ans, le Coinsinois en est pourtant déjà à sa...

Didier Sandoz

didier.sandoz@lacote.ch

La montée d’adrénaline, Théo Imobersteg sait ce que c’est. Comme samedi matin sur le coup de 9h25, quelques minutes avant d’entrer dans la salle 106 du collège de Marens pour interpréter «Calvados» au fifre. A 17 ans, le Coinsinois en est pourtant déjà à sa 4e participation, lui qui a débuté à la Fête fédérale de Savièse en 2012. A 9h30 pile, le silence se fait dans la salle et en lui. «C’est un moment d’une qualité extraordinaire, commente-t-il. Je fais le vide, je me joue la première ligne de partition dans ma tête, me pose le tempo et je démarre.» Pour séduire les jurés, il s’agit de donner une véritable interprétation, tout en nuance et parfois en puissance. Et à voir les réactions enthousiastes du large fan-club qui l’a soutenu pendant l’épreuve, Théo Imobersteg a su tirer le meilleur de sa petite flûte traversière à six trous.

Les oreilles avisées ne s’y étaient pas trompées: le fer de lance de la relève nyonnaise s’est classé au 3e rang de sa catégorie junior lors de la 11e Fête romande des fifres et tambours qui s’est tenue à Nyon samedi.

Le goût des défilés

S’il aime ces défis «de compétition», l’apprenti automaticien chez Bobst goûte aussi au plaisir de sortir et de défiler au son qu’il produit avec ses 16 camarades de la clique nyonnaise. Cortèges d’abbayes, de l’Escalade à Genthod, de la Fête des Rois, des élections des Pirates de Rive et quelques services pour la Ville de Nyon sont des rendez-vous prisés. «Mais ceux qui me plaisent le plus, ce sont les promotions à Nyon et à Gland. Pour nous, le défilé, c’est notre chance de se montrer, une façon de s’extérioriser et, dans ces cas, je le fais devant des copains. Leur réaction est plutôt positivement surprise», relate le jeune homme qui réfute tout jugement de «ringard» sur son instrument auquel il consacre plusieurs heures par semaine.

La tradition soluble dans l’électro?

«A côté de cela, je suis un fan absolu de musique électro», confie l’adolescent. Sur YouTube, il a pris goût aux titres de l’Américaine Lindsey Stirling qui mêle son violon à de l’électro et du dubstep. «Pourquoi pas avec un fifre?», se demande Théo Imobersteg. Avant cela, il songe aussi à compléter sa formation musicale avec le tambour, «histoire de profiter de mon bon sens du tempo».

A titre de modèle, les deux jeunes recrues des Fifres et tambours de Nyon peuvent observer leur président, Eric Favre, qui maîtrise parfaitement les deux instruments. Un après-midi caniculaire de mai 2011, cela l’a conduit à se produire, en solo, vêtu de son uniforme des Milices vaudoises, dans la Cour d’honneur des Invalides à Paris, devant la princesse Napoléon et le gratin du monde militaire français. «Ce jour-là aussi, j’ai clairement senti la montée d’adrénaline…», confesse le sexagénaire pourtant aguerri.

Une centenaire en quête d’un nouveau souffle

La 11e Fête romande junior constituait le point d’orgue du 100e anniversaire des Fifres et tambours de Nyon. Cette appellation, quant à elle, n’a pas un siècle d’existence. Fondée le 3 janvier 1917, la Société des tambours de Nyon a connu des allers et retours avec les instruments à vent. Après les clairons du début, les fifres se sont joints aux percussions dans les années 1930, puis 1970 avant de se taire à nouveau. «Cela fait une quinzaine d’années que nous avons pu remonter un ensemble de fifres», se réjouit le président Eric Favre qui a ainsi pu renommer la société.

Centenaire, la section nyonnaise de l’Union romande des sociétés de tambours, fifres et clairons n’en reste pas moins un petit poucet face aux cliques venues en nombre du Valais, de Genève ou des collèges de Lausanne. «Nous proposons une formation complète avec des enseignants compétents et nous restons à la recherche d’élèves», lance le président.

«Nous sommes ravis du magnifique résultat de Théo Imobersteg pour une formation réduite comme la nôtre», s’enthousiasme le directeur Lionel Renaud, qui espère ainsi créer des émules pour cette société qui, hormis les cortèges, va au contact de la population par le biais de stands dans la rue, d’un loto annuel et du bar à thés au Paléo Festival et du site internet www.ftdn.ch.


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