02.10.2017, 00:01  

Serge Melly cultive la tradition de la désalpe

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 02.10.2017, 00:01   Serge Melly cultive la tradition de la désalpe

ÉVÉNEMENT - Journée de liesse riche en symboles, samedi. Reportage sur la route en compagnie de l’agriculteur et syndic de Crassier.

cédric sandoz Photos Laura Lose Texte

laura.lose@lacote.ch

Au lever du jour, l’alpage de Combe-Grasse a pris des airs de grand déménagement. Le troupeau de Serge Melly, agriculteur et syndic de Crassier, est prêt pour la 30e désalpe. Il est mêlé à celui de la famille Bory, avec lequel il partage ses quartiers d’été.

Serge Melly fête sa 30e désalpe officielle, mais il en a en réalité presque 60 au compteur. «Je les...

cédric sandoz Photos Laura Lose Texte

laura.lose@lacote.ch

Au lever du jour, l’alpage de Combe-Grasse a pris des airs de grand déménagement. Le troupeau de Serge Melly, agriculteur et syndic de Crassier, est prêt pour la 30e désalpe. Il est mêlé à celui de la famille Bory, avec lequel il partage ses quartiers d’été.

Serge Melly fête sa 30e désalpe officielle, mais il en a en réalité presque 60 au compteur. «Je les fais depuis toujours», relève-t-il. Dès l’année prochaine, il passera le flambeau à son fils, Thibault (lire encadré).

Attaché aux traditions, il est l’un des derniers agriculteurs à monter ses bêtes à pied à l’alpage. «C’est à chaque fois une émotion de participer au cycle des saisons», confie-t-il.

Mais en ce jour d’automne, c’est la descente qui attend le troupeau. Les bergers et les familles des paysans encouragent la quarantaine de vaches à prendre la route. Cloches, fleurs, les belles dames se font remarquer jusqu’à Saint-Cergue, osant même faire attendre le P’tit train rouge.

En arrivant dans le village, la foule s’écarte devant le fier troupeau. Mais le tour d’honneur est vite terminé. La descente débute d’un bon pas. Pas de pause lorsque les bêtes sont lancées. En plusieurs points du parcours, des ravitaillements bienvenus attendent les marcheurs. On attrape un coup de blanc, comme le ferait un marathonien avec son verre d’eau, et on continue.

A Tranchepied, les troupeaux des Bory et des Melly sont séparés. Après avoir dompté les bêtes récalcitrantes à l’idée de laisser leurs camarades, le troupeau de Serge Melly continue vers Crassier. «Celle-ci, je ne suis pas sûre qu’elle soit à moi. Je ne connais pas son prénom», hésite l’agriculteur.

Dans le village, les spectateurs sont peu nombreux. Il faut dire que le troupeau est en avance sur l’horaire. Mais les cloches appellent la population, toujours en admiration devant les bêtes.

Pour Serge Melly, son collègue politicien, Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’Etat vaudois, a fait le déplacement à Crassier. «J’avais préparé un discours tout ce qu’il y a de plus officiel, documenté, mais je vois que l’occasion ne s’y prête pas du tout», rit-elle, debout sur deux palettes en bois superposées, devant les villageois rassemblés autour d’un verre.

Chez les Melly, la fête se poursuit avec une raclette, avant de s’occuper, comme chaque jour, de la traite.

Des changements à venir pour les melly

Dès l’année prochaine, Thibault Melly reprendra l’exploitation de son père. De grandes modifications y sont prévues, avec l’installation d’une trayeuse robotisée. Pour la rentabiliser, elle devra être plus utilisée. Pas question donc de laisser toutes les vaches à l’alpage pendant tout l’été. «Nous aurons une soixantaine de vaches, estime Thibault Melly. Il y aura un mois pendant lequel elles ne seront pas traites, et elles passeront ce temps-là à l’alpage». Les désalpes auront lieu, mais elles seront plus réduites, et ne correspondront certainement pas à la date de la fête de Saint-Cergue. «La Société de développement de Crassier s’engage à organiser une désalpe», promet cependant son président, Claude Auger.


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