Pourquoi certaines communes ferment leurs places de jeux

Plusieurs communes ont décidé d’interdire l’accès de leurs places de jeux. En cause, des consignes de sécurité pratiquement impossibles à appliquer, selon elles.
18 mars 2020, 18:00
/ Màj. le 18 mars 2020 à 22:15
A Borex, comme dans d'autres communes, les places de jeux n'accueilleront plus d'enfant jusqu'à nouvel ordre.

Lonay, Founex ou encore Borex, dans certaines communes, les enfants et les parents n’ont plus accès aux places de jeux. Une décision strictement communale puisque, au niveau fédéral ou cantonal, ces fermetures ne sont, pour l’heure, pas ordonnées. Mais la fréquentation des aires de jeux est depuis mardi fortement réglementée. Avec l’entrée en vigueur de l’état dit de «situation extraordinaire», pas plus de cinq personnes y sont autorisées et ses dernières doivent respecter une distance de sécurité de deux mètres.

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Des contraintes pratiquement impossibles à appliquer selon les communes qui ont décidé de boucler ces espaces de loisirs. «Il nous aurait fallu mettre constamment quelqu’un pour surveiller, ce qui est infaisable, justifie François Debluë, syndic de Founex. Si nous n’arrivons pas à garantir la sécurité des usagers en évitant, par exemple, le mélange des générations, il est hors de questions de laisser ces endroits ouverts.»

Attention à l’hygiène

A Founex, le centre sportif a également fermé ses portes. Tout comme à Lonay où le syndic, Philippe Guillemin, n’a pas longtemps hésité avant d’interdire l’accès aux infrastructures sportives et aux trois places de jeux du village. «Les enfants ne respectent pas les distances de sécurité et c’est bien normal. De toute façon, je pense que nous serons dans un confinement à la Française d’ici la fin de la semaine.»

Le syndic de Borex, Jean-Luc Vuagniaux, qui a également fait fermer l’aire de jeux de son village, pointe du doigt un autre problème posé par ce type d’espaces: «Pour être conséquent avec les mesures d’hygiène, il faudrait désinfecter les installations au moins trois fois par jour. Une mesure impossible à mettre en place.»

Ouverts à Morges et Nyon

Dans d’autres communes, les places de jeux restent ouvertes, mais les restrictions imposées par les autorités fédérales sont censées y être appliquées. C’est notamment le cas en ville comme à Nyon ou à Morges. «Nous sommes en ligne avec ce qui vient d’en haut, nous n’allons pas nous montrer plus restrictifs. Ce sont des lieux essentiels pour les enfants et les parents, surtout quand vous habitez en appartement», explique la municipale nyonnaise en charge des espaces verts Fabienne Freymond Cantone.

Ce sont des lieux essentiels pour les enfants et les parents, surtout quand vous habitez en appartement.
Fabienne Freymond Cantone municipale de Nyon

Le discours est identique à Morges où la porte-parole de la Ville constate une prise de conscience chez la population. «Même si nos places de jeux restent ouvertes, il est vraiment capital que l’on évite les rencontres entre personnes âgées et les enfants», rappelle Emmanuelle Robert.

Parents parfois récalcitrants

A Commugny, le très couru parc Marguerite est lui aussi toujours ouvert, une signalétique rappelant les nouvelles règles édictées par la Confédération a été installée aux différentes entrées de la zone. Mais certains habitants ont fait part de leur mécontentement de voir le parc encore ouvert au public. «C’est vrai que ce week-end, les gens se sont comportés un peu comme à Paris et ont profité du soleil, mais si j’en crois les informations que je reçois, la fréquentation est bien retombée. N’ayant pas de mur d’enceinte, fermer le parc serait très compliqué», note Odile Decré, syndique de Commugny.

Reste que selon l’élue de Terre Sainte, les enfants ne sont pas le seul problème: certains parents semblent prendre plutôt mal les rappels à l’ordre qui leur sont adressés. «Et les adolescents qui fréquentent aussi parfois ces endroits iront simplement se réunir ailleurs, si nous devions fermer. Les concernant, cela ne ferait que déplacer le problème.» Depuis mercredi matin, deux agents de sécurité privés parcourent le périmètre pour sensibiliser le public.

La situation pourrait évoluer rapidement: ce mercredi, le Conseil d’Etat a annoncé que les contrôles effectués par la police allaient se durcir avec des amendes potentielles pouvant atteindre 50 000 francs en cas de récidive.

par Gregory Balmat