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 27.09.2017, 00:01  

Et Nyon accueillit les hippies

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Nyon n’a pas échappé à l’arrivée des acteurs du Flower Power.

 27.09.2017, 00:01   Et Nyon accueillit les hippies

FLOWER POWER - Cheveux longs, blouses sans col à trois boutons et sabots en bois. Dans les années 1970, Nyon n’échappe pas à l’arrivée des hippies en ville.

flower power Cheveux longs, blouses sans col à trois boutons et sabots en bois. Dans les années 1970, Nyon n’échappe pas à l’arrivée des hippies en ville.

fabien darvey

fabien.darvey@lacote.ch

Mai 1970. Les habitants de Genolier découvrent une nouveauté. Sous l’impulsion de la Jeunesse du village, l’ancienne porcherie désaffectée devient le...

flower power Cheveux longs, blouses sans col à trois boutons et sabots en bois. Dans les années 1970, Nyon n’échappe pas à l’arrivée des hippies en ville.

fabien darvey

fabien.darvey@lacote.ch

Mai 1970. Les habitants de Genolier découvrent une nouveauté. Sous l’impulsion de la Jeunesse du village, l’ancienne porcherie désaffectée devient le Katmandou, nouveau temple du jerk et du rock. Mais plus que deux styles musicaux, c’est bien une nouvelle idéologie qui va faire son apparition.

«Cheveux au vent, jeans à côtes, flûte ou guitare en main, ils sont de plus en plus nombreux, ces garçons et ces filles, le pouce levé au bord de la route, ou assis dans un champ, autour d’un feu. Ils apparaissent à beaucoup de quinquagénaires, crispés au volant de leurs voitures, un peu comme des diables sortant d’une boîte à malice. Se nourrissent-ils d’autres choses que de H ou de LSD?» Le 5 octobre 1970, dans les pages des jeunes, le «Journal de Nyon» trahit la peur des notables face à une nouvelle jeunesse, bercée aux effluves de Woodstock et aux inspirations musicales venues tout droit du festival de l’île de Wight, au sud du Royaume-Uni. «Entre les émeutes de mai 68 et la guerre du Vietnam, c’est un monde hyperpolitisé qui arrivait à nous», se rappelle le Nyonnais Gérard Ruey, ancien producteur de cinéma, qui avait 15 ans à l’époque. «On était baignés là- dedans.» En réponse à cette effusion mondiale de violence, le groupement Public I, réunissant plusieurs acteurs culturels nyonnais, dont l’écrivain Jean-Samuel Curtet, le musicien José Barrense-Dias ou le photographe Yves Humbert, a préféré faire parler le domaine des idées et de la création.

Une réaction artistique à laquelle s’ajoute l’envie de découverte. «On faisait la fête, on mangeait des choses venues d’ailleurs. Il y avait un vrai esprit d’ouverture, ajoute Gérard Ruey. Les gens se rencontraient, on s’éclatait bien. Parfois même un peu trop. J’ai perdu quelques copains dans cette aventure.» Car si les «babas» ont apporté avec eux leur sens de la fête, ils avaient aussi ses dérives dans leurs sacs.

Au point que les autorités et le Centre des loisirs pour les jeunes ont uni leurs efforts pour lutter contre le phénomène. «Nous pouvons vous informer qu’il n’y a plus aucun jeune fréquentant le centre qui s’adonne à la drogue autant à l’intérieur qu’aux proches abords», affirmait Daniel Rossellat, alors animateur du Centre, dans les colonnes du «Journal de Nyon», le 27 mai 1974. Car «d’un coup, la drogue dure s’adressait à des jeunes de 14-16 ans. A l’époque, les écoles fermaient les yeux, se rappelle Gérard Ruey, lui aussi animateur. C’est nous, jeunes de 19 ans, qui sommes allés sensibiliser la direction et leur ouvrir les yeux sur le problème.»

Nyon, ville de festivals

Si les parents et les autorités d’alors voyaient l’arrivée des hippies d’un œil étonné, la réaction était tout autre du côté des jeunes. «Pour moi, c’étaient des êtres comme les autres, se rappelle Jean-Pierre Cardon, gamin du quartier de Rive. Il y en avait deux ou trois dans la bande, mais il n’y avait pas plus de différences que ça. Pour nos parents, oui, c’étaient des originaux.» Mais il a bien fallu apprendre à vivre avec.

Car, après avoir été longtemps confinés dans l’étroit Théâtre de L’Escalier de la rue Nicole, le Folk Club de Nyon, qui fédérait une partie de cette population, est sorti au grand jour, bien aidé par le propriétaire des lieux qui n’en voulait plus. Cette «punition» conduira, en avril 1976, à la tenue du First Folk Festival, ancêtre du Paléo, à la salle communale.

Mais les folkeux n’étaient pas les seuls à surfer sur la vague d’une musique venue d’ailleurs. Car la même année, William Patry lance un festival de jazz, où joueront des artistes revendicatifs des Etats-Unis comme David Murray ou Charlie Mingus.

En ajoutant encore les premières séances du Festival international de cinéma documentaire, ancêtre de Visions duréel, créé en 1969, c’est bien durant les années hippies que Nyon est devenue ville de festivals.


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