Les 125 ans du Quotidien de La Côte
 26.07.2017, 00:01  

Une autoroute vers le futur

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La clinique de Vert-Mont, située au ch. de Rosemont, été détruite en 1961 pour construire l’autoroute à travers Morges.

 26.07.2017, 00:01   Une autoroute vers le futur

TRANSPORT - Avec l’Expo 64, le projet d’une autoroute est validé en 1951 par le Conseil fédéral. Partisans et contestaires s’opposent sur La Côte.

TRANSPORT Avec l’Expo 64, le projet d’une autoroute est validé en 1951 par le Conseil fédéral. Partisans et contestaires s’opposent sur La Côte.

david glaser

Les premiers coups de pioche pour la construction de l’autoroute ont été donnés en 1959. En 1951, un postulat pour étudier le scénario de deux diagonales, dont une entre le lac Léman et le lac de...

TRANSPORT Avec l’Expo 64, le projet d’une autoroute est validé en 1951 par le Conseil fédéral. Partisans et contestaires s’opposent sur La Côte.

david glaser

Les premiers coups de pioche pour la construction de l’autoroute ont été donnés en 1959. En 1951, un postulat pour étudier le scénario de deux diagonales, dont une entre le lac Léman et le lac de Constance, avait été déposé. Entre ces deux années, la chronique du «Journal de Nyon» a été animée par les multiples voix pour ou contre celle que l’on appelait alors «l’autostrade», en référence à l’Italie pionnière en la matière. Le monde touristique helvétique avait d’ailleurs édité sa propre revue de propagande «Die Autostrade».

Pour une certaine classe politique et pour les services cantonaux concernés, la construction de l’autoroute entre Genève et Lausanne était nécessaire. L’objectif était de fluidifier la circulation pour éliminer les bouchons s’accumulant à Coppet, à Rolle et à Nyon, même si le trafic chargé de l’époque n’était rien en comparaison avec celui d’aujourd’hui. Il s’agissait aussi de se brancher sur les réseaux autoroutiers déjà existants dans les pays limitrophes. Nyon, dans les années 1950, connaissait déjà une circulation frontalière importante. Sur un plan national, le nombre de voitures venant de France et des autres pays limitrophes était de 913 000, soit une augmentation de 25% en une année seulement entre 1950 et 1951.

Eviter les morts sur la route

Le trafic en Suisse étant en pleine explosion, entre 1948 et 1954, les ventes de voitures ont triplé. En avril 1955, le commandant de la police cantonale vaudoise, le lieutenant-colonel Cornaz, voyait la création d’une autoroute comme un élément de sécurité. «La sécurité est de loin le facteur le plus important. Le nombre d’accidents est dans la proportion de 1 à 5. Pour le secteur Lausanne-Genève, l’autoroute aurait épargné en 1954 la mort à 12personnes et l’hôpital à 320 autres.»

D’autres personnalités comme le député au Grand Conseil vaudois de Crans, René Brocard, allaient dans ce sens. «Je suis persuadé que l’on peut arriver à un résultat sans mutiler le pays, ni enlever de bons terrains à l’agriculture... La route du lac, on peut l’agrandir en gagnant sur le lac... en creusant même s’il le faut des tunnels!» Des chiffres confirment les propos de René Brocard: entre le 13 mai 1953 et le 16 décembre 1956, 47 accidents mortels ont été comptabilisés entre Lausanne et Mies. Un journaliste du «Journal de Nyon» se disait préoccupé par le financement des carrefours, théâtres d’accidents souvent graves.

Un syndic dit non

Le notaire et syndic de la commune de Chigny, M. F. A de Luze, était contre l’autoroute. «Pour la commune de Chigny qui compte 99ha, 18 iraient à l’autoroute. Je redoute la disparition de petites et moyennes exploitations. L’autoroute portera sans doute un coup dur au commerce et au tourisme locaux de nos cités lémaniques.» Les pompistes et restaurateurs nyonnais ont exposé tout au long de la décennie leurs craintes de voir une partie de leurs clients habituels passer sans s’arrêter devant leurs boutiques.

Le chantier débutera en 1959, freiné par l’énorme polémique autour du passage de l’autoroute à Morges.

Le «Quotidien de La Côte» fête ses 125 ans. A cette occasion, retrouvez notre page spéciale chaque dernier mercredi du mois jusqu’à la fin de l’année.


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