Les 125 ans du Quotidien de La Côte
 30.08.2017, 00:01  

Une grande révolution urbaine

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 30.08.2017, 00:01   Une grande révolution urbaine

URBANISATION - Marquées par une démographie galopante, les années 1960 voient l’apparition des premiers grands immeubles d’habitation dans la région. Une arrivée qui a fait des vagues.

arnaud david

arnaud.david@lacote.ch

Situées en plein cœur du «baby-boom» d’après la Deuxième Guerre mondiale, les années soixante ont connu un accroissement significatif de la population, lequel fut, en outre, accompagné d’un important exode rural. Bien aidées, au surplus, par l’inauguration en 1964 de l’autoroute Genève - Lausanne qui a boosté leur attractivité, les villes de La Côte devinrent des...

arnaud david

arnaud.david@lacote.ch

Situées en plein cœur du «baby-boom» d’après la Deuxième Guerre mondiale, les années soixante ont connu un accroissement significatif de la population, lequel fut, en outre, accompagné d’un important exode rural. Bien aidées, au surplus, par l’inauguration en 1964 de l’autoroute Genève - Lausanne qui a boosté leur attractivité, les villes de La Côte devinrent des lieux de vie plébiscités. A titre d’exemple, Nyon, qui comptait 7643 habitants en 1960, passait le cap des 10 000 âmes seulement six ans plus tard. Cette évolution ne fut bien évidemment pas sans conséquence sur l’évolution urbaine des principales agglomérations de la région.

Nyon, Gland, Morges, toutes se sont retrouvées confrontées à une demande accrue de nouveaux logements. Si les habitations individuelles et les petits locatifs ont continué à proliférer de leur côté, cette pression a contribué à faire sortir de terre de gigantesques immeubles qui, sous formes de barre ou de tours, ont soudainement détonné dans le paysage.

«Dans la plupart des cas, de jeunes architectes furent placés sur le devant de la scène, avec des modèles d’immeubles contenant des logements pour la famille type, expose Bruno Marchand, professeur à l’EPFL. Il y a eu du progrès social mais également une rupture morphologique. Et s’il y a eu par la suite, notamment à Genève, des opérations plutôt réussies, La Côte a, malheureusement, hérité de modèles assez peu attractifs.»

Une verrue dans le paysage

Nommés Reposoir, Suettaz (pour Nyon), tour du Moulin, Gracieuse (pour Morges) ou encore Cité-Ouest à Gland, ces nouveaux venus ont suscité le débat. Car s’ils ont parfaitement tenu leur rôle de base en permettant à de nombreuses personnes de se loger, leur esthétisme n’a pas fait l’unanimité, bien au contraire. Ces monolithes de béton se sont ainsi rapidement vus affublés de surnoms peu flatteurs, à commencer par le fameux «Mur de la honte» pour la Suettaz.

«Le premier qui eut droit à ce surnom-là, c’est l’immeuble des Mangettes, Mais la Suettaz c’était innommable, se souvient l’architecte – désormais retraité – et ancien municipal nyonnais Jean-Claude Vuffray. C’était une période d’euphorie, il fallait construire grand et il y a eu des opportunités qui ont permis le développement de cette pensée. L’intention était saine à la base, mais la réalisation et les promoteurs n’ont pas forcément été à la hauteur.Il y avait une volonté de faire quelque chose d’économique et rationnel, mais l’architecture extérieure était douloureuse.... Les gens n’aimaient pas ça, à plus forte raison s’ils n’y habitaient pas, car ils trouvaient que c’était une verrue dans le paysage. Et ça l’est resté.Les tours qui ont été construites derrière ont amélioré la perspective générale, mais ça n’a pas amélioré l’architecture.»

L’ancien architecte se montre moins sévère avec la Cité-Ouest, le premier des grands ensembles de la région, dont la capacité en termes de logement permettait, au moment de sa construction, de faire pratiquement doubler la population glandoise. «D’un point de vue architectural, c’est déjà plus réussi, et urbanistiquement mieux géré. Et je dois dire que ça vieillit plutôt bien.»

Aujourd’hui... comme hier

Que leur apparence ait plu ou non, ces immeubles ont, en leur temps, répondu à un vrai besoin tout en marquant une nouvelle étape dans le développement des quartiers résidentiels, ouvrant la voie à de nouvelles constructions, de hauteurs, de tailles et de styles différents, apparus au fil des années au rythme d’une démographie plus ou moins galopante. Rarement, toutefois, leur apparence a laissé les observateurs insensibles. Aujourd’hui autant qu’hier. «Il n’y a jamais eu autant de construction de grands ensembles qu’aujourd’hui, observe Jean-Claude Vuffray. Il y a eu et il y aura des choses bien, mais de mon sentiment d’esthète, ce qui est en train de se faire dans le quartier de la Petite Prairie, c’est horrible.»

Domaine subjectif s’il en est, l’esthétisme immobilier n’a décidément pas fini de faire parler.

1960 1970

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