Paléo 2016
 18.07.2017, 10:30  

The Inspector Cluzo, à découvrir sur la Grande Scène

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The Inspector Cluzo, à découvrir sur la Grande Scène
Par Jean-François Albelda

ROCK’N’FOIE GRAS - Ils sont agriculteurs et rock stars à temps égal.

C’est un cas à part. Peut-être unique en son genre. Pas tant la manière qu’a The Inspector Cluzo, – duo gascon qui moissonne dans son rock autant le blues, le folk originel que les hybridations métallisées plus récentes – de cumuler deux activités. Mais plutôt par le côté volontaire, assumé et assuré de la démarche que le groupe implanté à Mont-de-Marsan se distingue. Fondé en 2008 par le chanteur et guitariste Laurent Lacrouts et le batteur Mathieu Jourdain...

C’est un cas à part. Peut-être unique en son genre. Pas tant la manière qu’a The Inspector Cluzo, – duo gascon qui moissonne dans son rock autant le blues, le folk originel que les hybridations métallisées plus récentes – de cumuler deux activités. Mais plutôt par le côté volontaire, assumé et assuré de la démarche que le groupe implanté à Mont-de-Marsan se distingue. Fondé en 2008 par le chanteur et guitariste Laurent Lacrouts et le batteur Mathieu Jourdain – tous deux ex-Wolfunkind – The Inspector Cluzo a acquis une aura planétaire hors de toute structure standard, hors de tout système, en partageant équitablement son temps entre les guitares et... le gavage des oies.

«Quand on a commencé, on avait notre petit potager dans notre coin et on gavait quelques canards, raconte Laurent Lacrouts. Or, on a vite eu la chance de parcourir le monde avec The Inspector Cluzo. Et plus on voyageait, plus on se rendait compte de ce que la mondialisation économique a comme impact sur le monde. Partout, les mêmes hôtels, les mêmes objets, une même forme de consommation... Il nous est apparu essentiel d’arrêter de râler et de faire quelque chose.»

Autonomie alimentaire

Ce quelque chose sera la reprise d’une ferme d’élevage d’oies, une activité qui tendait à disparaître dans un contexte agricole tendu. «A la base, notre but, c’était l’autonomie alimentaire. Notre potager nous fournit à l’année. Et après, on fait notre foie gras. C’est une petite exploitation, 200 à 300 oies par an. Mais ça nous permet de tourner.» En effet, en faisant le choix d’être rockeurs agriculteurs, les deux gars d’Inspector Cluzo ont pu s’offrir un luxe qui ne s’achète pas, celui de la liberté totale. «Totale, il faut le dire vite, nuance Laurent Lacrouts. Rien que là, on converse au téléphone et ces appareils sont produits en Asie. Pareil pour les ordinateurs, les fringues. On ne peut pas tout maîtriser. On fait du mieux qu’on peut pour être aussi autonomes et en local que possible.»

Des stars au Japon

Sachant la rudesse du labeur agricole, difficile d’imaginer que le duo puisse être sur la route une bonne partie de l’année, aller jouer au Japon régulièrement ¬ ils y sont considérés comme des stars ¬ aligner les grandes scènes de festivals, des Eurockéennes de Belfort à celle de Paléo ce soir. Pourtant, The Inspector Cluzo y parvient. «C’est un équilibre, vraiment. De la mi-octobre à la mi-janvier, saison du gavage, on est à fond à la ferme. Sinon, on tâche de ne pas s’absenter trop longtemps. Cet été, on n’est jamais loin plus de deux semaines d’affilée et sinon, on joue sur les week-ends et le début de semaine, on est chez nous.»

Equilibre dans la gestion du temps, donc, mais aussi dans la tête. Car les voyages incessants, les tournées, les hôtels, la foule, tout ça peut faire vriller n’importe quel esprit. «Ben nous, de par cette culture gasconne très ancrée qu’on a, ce côté-là de la vie de musicien est aux antipodes de nos valeurs. D’ailleurs, on se sent parfois un peu esseulés dans le milieu. Quand on joue au Japon, en Colombie, ailleurs, on noue des contacts, on va voir les agriculteurs de là-bas, on échange des techniques...»

Fiers de la culture gasconne

Et Laurent Lacrouts de faire la distinction entre la mondialisation économique et la mondialisation culturelle. «L’une nivelle tout pour qu’on soit tous clients des multinationales. L’autre, c’est la découverte et l’échange. On est fiers de notre culture gasconne mais pour nous, elle est un passeport pour aller découvrir comment d’autres font ailleurs.»

«On n’a pas encore touché le fond»

L’engagement exemplaire de The Inspector Cluzo, son franc-parler, ont en tout cas emmené le duo vers des hauteurs qu’il n’aurait pas osé soupçonner. Par exemple, se faire inviter en première partie de Seasick Steve ou de Manu Chao, des artistes avec lesquels le groupe partage plus qu’une vision de la musique. «C’est bien, quand on a la chance de pouvoir porter des idées sur le devant de la scène, d’avoir des convictions fortes.» Sans pour autant souhaiter porter d’étendard. «Il y a un mouvement, on le sent, mais il est encore minoritaire. On n’a pas encore touché le fond du trou, c’est pour ça. Mais ce sera ça, la réponse à l’ultra-libéralisation. Faire petit, pour soi, puis partager.»Jean-François Albelda

Grande Scène, 18h45


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