Banques: Credit Suisse confirme un deuxième cas de surveillance

Après le scandale de la filature d’Iqbal Khan qui a éclaté en septembre, Credit Suisse confirme un deuxième cas de surveillance qui concerne l’ancien directeur des ressources humaines Peter Goerke. Le directeur général Tidjane Thiam et le conseil d’administration dans son ensemble n’étaient pas au courant
23 déc. 2019, 08:50
/ Màj. le 23 déc. 2019 à 17:43
Après le scandale de la filature d'Iqbal Khan qui a éclaté en septembre, il s'agit d'un deuxième cas de surveillance confirmé par la banque. (illustration)

Après les révélations sur l’affaire Iqbal Khan, Credit Suisse a été forcé d’admettre un nouveau cas de filature. La banque a fait surveiller l’ancien directeur des ressources humaines et membre de la direction Peter Goerke.

Le directeur général Tidjane Thiam et le conseil d’administration n’étaient pas au courant de cette nouvelle affaire, selon les conclusions d’une deuxième enquête indépendante menée par le cabinet d’avocats Homburger publiées lundi par la banque.

M. Goerke, alors directeur des ressources humaines et membre de la direction, a été surveillé par une société tierce en février, juste avant de quitter l’entreprise. Après le scandale de la filature du banquier vedette Iqbal Khan, qui a éclaté en septembre, il s’agit du deuxième cas de surveillance confirmé par la banque. Cette annonce intervient malgré ses affirmations précédentes, qui qualifiaient de «cas unique» l’affaire Khan.

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Diligentée par Credit Suisse, la première enquête, dont les conclusions ont été rendues publiques début octobre, était passée à côté de ce deuxième cas de surveillance. Les soupçons planaient toutefois depuis la semaine dernière, après un article du journal zurichois NZZ.

L’ancien directeur des opérations, Pierre-Olivier Bouée, déjà mis en cause dans l’affaire Iqbal Khan, a été désigné comme étant responsable de cette deuxième filature, selon le communiqué. Il a été licencié avec effet immédiat, indique Credit Suisse, bien que l’intéressé avait déjà annoncé sa démission suite à l’affaire Khan.

 

 

Selon le Sonntagszeitung, il risque de devoir renoncer à son bonus, un paquet d’actions d’une valeur de 4 millions de francs. En outre, la Finma, qui enquête elle aussi sur ces filatures, pourrait lui interdire d’exercer le métier de banquier.

Interrogées sur d’autres cas de surveillance dans le cadre de la première enquête menée par Homburger, les personnes responsables n’ont pas fourni «d’informations véridiques» et «ont tu la surveillance de Peter Goerke», dont il ne restait «aucune trace» dans le système de la banque, selon les conclusions du deuxième rapport.

Peter Goerke est arrivé chez Credit Suisse en octobre 2015 peu après l’entrée en fonction du directeur général Tidjane Thiam. Fidèle collaborateur du Franco-Ivorien, il avait travaillé avec lui auprès de l’assureur britannique Prudential, tout comme Pierre-Olivier Bouée.