Crise de la dette: l'Espagne et l'Italie renforcent leur collaboration

Les gouvernements espagnol et italien se sont engagés à intensifier leur collaboration pour lutter contre la crise de la dette.
06 août 2015, 10:43
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Mariano Rajoy (à droite) et Mario Monti se sont entendus sur le renforcement de leur collaboration pour résoudre la crise de la dette.

Les chefs de gouvernement espagnol et italien, Mariano Rajoy et Mario Monti, se sont engagés jeudi à Madrid à travailler ensemble et à "renforcer" leur collaboration afin de résoudre la crise de la dette qui menace la zone euro. Ils ont également exclu tout "sauvetage" de leur économie.

Nous entendons "renforcer notre collaboration étroite afin de résoudre la crise qui nous touche", a affirmé M. Rajoy, lors d'une conférence de presse commune avec Mario Monti. "Les deux pays veulent travailler ensemble" à l'application des accords européens pour stabiliser la zone euro, a-t-il déclaré.
 
"La solution ne peut être trouvée que si nous accomplissons tous nos devoirs" de réformes pour améliorer les comptes de chaque pays, a affirmé pour sa part M. Monti.
 
"Nous sommes conscients que nous demandons de grands efforts à nos citoyens, mais nous savons que c'est l'unique façon de sortir" de la crise, a aussi insisté M. Rajoy.
 
Déclarations "positives" de Draghi
 
Auparavant, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi avait affirmé que la BCE ne pouvait aider les pays que s'ils en font la demande, douchant les espoirs des marchés qui espéraient un achat de dettes espagnole et italienne par la BCE et provoquant une nouvelle chute des marchés et un rebond des taux d'emprunt à des niveaux records pour l'Italie et l'Espagne.
 
M. Draghi a toutefois annoncé que son institution était prête à prendre de nouvelles mesures exceptionnelles afin de restaurer la bonne transmission de sa politique monétaire, mais sans préciser lesquelles.
 
"C'est une déclaration positive", a estimé Mariano Rajoy, refusant toutefois de préciser si son pays allait demander l'aide du fonds de secours européen. Il s'est borné à annoncer qu'il allait "voir quelles sont les mesures" exceptionnelles annoncées par le patron de la BCE.
 
Pas de sauvetage de l'Italie
 
Mario Monti, lui, s'est montré plus catégorique, excluant tout plan de sauvetage européen pour son pays. "Un sauvetage, non. Mais des actions d'accompagnement pour éviter des primes de risque excessives, qui coûtent cher à un pays" pour se financer sur les marchés, "ce type d'aides nous devrons l'analyser", a-t-il dit.
 
"Nous ne savons pas si ce sera nécessaire mais nous devons voir quels sont ces instruments", a-t-il ajouté.
 
"Nous n'avons pas parlé de ça", a-t-il encore affirmé face aux questions insistantes des journalistes sur un recours des deux pays à un éventuel plan d'aide global européen aux deux pays qui ont de plus en plus de mal à se financer sur les marchés.
 
Mise en oeuvre du MES
 
MM. Rajoy et Monti ont en outre à nouveau réclamé la mise en oeuvre "dès que possible" des mesures décidées lors du sommet européen de fin juin. Ils avaient alors obtenu que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et son remplaçant, le Mécanisme européen de stabilité (MES), puissent recapitaliser directement les banques en difficulté sans alourdir la dette publique.
 
Mais le MES a pris du retard et ne sera pas sur pied avant fin septembre au mieux, car la Cour constitutionnelle allemande doit se prononcer le 12 septembre sur cet instrument doté d'une capacité de prêt de 500 milliards d'euros.