DSK opère son retour à la vie publique à Pékin

Dominique Strauss-Kahn a effectué lundi à Pékin son retour à la vie publique dans un forum économique au cours duquel l'ancien directeur général du FMI a comparé la zone euro à un "radeau sur le point de sombrer", en refusant de commenter les déboires de sa vie privée.
03 août 2015, 22:14
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
dsk

Après plus de sept mois de turbulences personnelles, DSK a choisi une conférence économique dans la capitale chinoise pour retrouver son statut de spécialiste en macro-économie, fort de son expérience à la tête du Fonds monétaire international (FMI).

"Nous voyons les pays européens passer d'un plan (de sauvetage) à un autre, d'un sommet de la dernière chance à un autre, toujours sans admettre les pertes, toujours sans permettre une reprise de la croissance et toujours en échouant à restaurer la confiance", a déclaré M. Strauss-Kahn.

Invité par le groupe NetEase, l'un des géants de l'internet en Chine, DSK a prononcé un discours en anglais de 45 minutes, dans lequel il s'est montré très critique des mesures de sauvetage prises à Bruxelles. Il a ensuite répondu à des interrogations d'internautes transmises par le biais d'un animateur du forum.

"Avec la récente tempête, le radeau semble ne plus être assez résistant", a-t-il affirmé en parlant de l'eurozone. "Le fait que l'euro soit encore au milieu de la rivière et que l'union budgétaire ne soit pas réalisée le rend très très vulnérable et le radeau semble sur le point de sombrer".

Pas de commentaire

Aux journalistes étrangers qui lui posaient des questions plus personnelles, sur son actualité judiciaire, sur son état d'esprit ou sur son choix de la Chine pour revenir sur le devant de la scène, il a systématiquement opposé la même réponse: "Aucun commentaire".

Sur un ton docte d'expert au-dessus de la mêlée, il a distribué bons et mauvais points, en se montrant plutôt tendre avec ses hôtes chinois.

"Je ne suis pas persuadé que M. Sarkozy et Mme Merkel se comprennent bien entre eux et c'est probablement une des raisons pour lesquelles le système européen a des problèmes pour avancer", a-t-il affirmé.

Il a estimé en revanche que le gouvernement chinois avait "particulièrement bien tiré son épingle du jeu" lors de la crise de 2008-2009.

L'ex-chef du FMI, après avoir été accusé de tentative de viol par la femme de chambre Nafissatou Diallo -- et avoir bénéficié de l'abandon des poursuites concernant ces faits présumés --, s'est effacé jusqu'à aujourd'hui largement de la vie publique.