22 novembre 1963: la mort de JFK sonne une révolution médiatique

A notre époque, les images du meurtre en public d'un président ferait le tour de réseaux sociaux en quelques minutes. En 1963, la télévision atteignait l'âge de la maturité et avec l'assassinat de JFK cette année-là, elle est devenue une "fenêtre du monde".
07 août 2015, 12:03
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
FILE - In this Nov. 22, 1963 file photo, President John F. Kennedy and his wife, Jacqueline Kennedy, arrive at Love Field airport in Dallas. (AP Photo/File)

Programmes interrompus, meurtre d'Oswald en direct devant les caméras: l'assassinat à Dallas du président John F. Kennedy a été aussi une révolution dans les médias. 

Cinquante ans après, Bob Huffaker, ancien journaliste à la station de radio-télévision KRLD/CBS de Dallas, se souvient. "Nous avons compris, dès ce jour, que nous avions plus de responsabilité sur nos épaules que jamais auparavant".

A 12h40 ce 22 novembre 1963, sur la chaîne CBS, un personnage du feuilleton "As the World turns" réfléchit à un remariage quand l'image est coupée. On voit alors le logo CBS, puis le présentateur vedette Walter Cronkite annonce que le président Kennedy "a été gravement blessé".

A 13h38, Walter Cronkite annonce la mort du président, enlève ses lunettes et regarde l'horloge:

Amérique pétrifiée

L'image symbolise depuis, presque à elle seule, l'événement tragique qui vient de pétrifier l'Amérique et le monde. "C'est une de ces images que ceux qui l'ont vue n'oublient pas", dit Cathy Trost, vice-présidente du Newseum, musée des médias, à Washington.

A Dallas, "nous annulons tous les programmes normaux pendant trois jours et trois nuits", se souvient Pierce Allman, alors jeune directeur des programmes de la station WFAA/ABC.

Toutes les grandes chaînes vont faire de même et s'ensuivent trois jours de couverture en continu, sans publicité, une première. Le voyage de retour du cercueil présidentiel, les hommages, le cortège funèbre mais aussi l'arrivée du suspect Lee Harvey Oswald au poste de police de Dallas.

Abattu en direct

Oswald inculpé de l'assassinat du président, va être transféré. Au milieu de la cohue des journalistes qui tentent de l'interviewer, un homme surgit, arme au poing, et tire.

Jack Ruby vient d'abattre en direct sur NBC l'assassin présumé, là encore une première télévisuelle: 

Au cours de ces quatre jours, le présentateur d'ABC, Ron Cochran, note que "la télévision est devenue la fenêtre du monde". La télévision "a atteint ce week-end-là sa majorité", souligne Cathy Trost. Elle a "dépassé les journaux comme source principale d'information pour les Américains". Une telle couverture n'a eu ensuite d'équivalent que lors des attentats du 11-Septembre, dit-elle.

Certains quotidiens ont publié jusqu'à huit éditions ce jour-là, précise Cathy Trost, sans oublier les flashes des agences de presse.

"Aujourd'hui, les réseaux sociaux annonceraient en premier la nouvelle", dit-elle, à charge toujours pour la presse de "vérifier l'exactitude des faits".