Religion: des tests ADN approfondissent un peu plus le mystère sur Saint Suaire de Jésus Christ

Des généticiens de l'Université de Padoue, en Italie, ont réalisé des tests ADN sur le Saint Suaire de Turin afin d'en déterminer l'origine ou l'authenticité. Malheureusement, ces nouvelles analyses n'ont fait qu'approfondir davantage le mystère sur cette relique qui aurait servi à envelopper le corps de Jésus Christ après la crucifixion.
26 oct. 2015, 13:40
/ Màj. le 27 oct. 2015 à 09:43
Les nouvelles analyses ADN ne permettent pas de certifier l'authenticité de la relique.

C'est l'un des grands mystères de l'Eglise catholique: les Saint Suaire a-t-il été créé de toute pièce au Moyen Âge ou a-t-il vraiment servi à envelopper le corps de Jésus Christ après sa crucifixion?

Des scientifiques, des historiens, des philosophes se penchent sur la question depuis des siècles. Dernier en date, le Dr Gianni Barcaccia, généticien de l'Université de Padoue, en Italie, et auteur principal d'une analyse ADN de la relique, dont les résultats ont été publiés en fin de semaine dernière. 

Une énième étude qui a le mérite de révéler un fait important: le Suaire a été touché par des gens venant des quatre coins de la planète, rapporte le site LiveScience. "Des individus d'origines ethniques très diverses sont entrés en contact avec le Suaire soit en Europe, soit en Afrique, dans le Caucase, en Anatolie, au Moyen-Orient ou en Inde", explique le Dr Barcaccia, "mais on ne peut pas en dire plus sur son origine."

De l'ADN végétal et humain a été retrouvé sur la relique. Les traces végétales proviennent des quatre coins du globe, de l'Amérique du Nord à l'Extrême-Orient. Côté humain, le spectre s'étend de l'Afrique du Nord à la Chine. Mais les traces les plus nombreuses viennent du Moyen-Orient et du Caucase, soit dans la région où le corps de Jésus a été enterré. "C'est de l'ADN typique des Druzes, originaires d'Egypte, et qui vivent principalement entre la Syrie, la Jordanie, le Liban, Israël et la Palestine."

Impossible donc d'affirmer qu'il est bien le tissu original ou une pâle copie médiévale. L'Eglise catholique elle-même n'a jamais pris une position officielle sur la relique, ce qui n'empêche pas des milliers de fidèles de venir l'observer chaque année à Turin. 

Dans les années 80, une datation au carbone 14 avait permis d'estimer la date de création de l'objet entre 1260 et 1390. Mais plusieurs critiques s'étaient élevées pour affirmer que les morceaux prélevés pour la datation avaient simplement été rajoutés à cette époque pour réparer le tissu. 

Il faudra donc patienter, attendre que la science progresse encore, pour avoir une réponse définitive sur ce mystère.

par Olivier Hugon