FMI: les pays du G20 doivent doper leurs dépenses publiques

Le Fonds monétaire internationale a appelé samedi des pays du G20 à doper leurs dépenses publiques. Il s'agit de soutenir la croissance, face aux menaces grandissantes sur l'économie mondiale.
23 juil. 2016, 10:20
/ Màj. le 23 juil. 2016 à 10:22
Alors que débute à Chengdu une réunion de deux jours des ministres des Finances du G20, l'institution de Washington a diffusé samedi un rapport dépeignant un tableau alarmant de l'économie mondiale.

Face aux menaces grandissantes sur l'économie mondiale - du Brexit au terrorisme -, le Fonds monétaire international (FMI) a appelé samedi certains pays du G20 à muscler leurs dépenses publiques pour soutenir la croissance. Une position appuyée par Paris et Washington, en opposition à l'Allemagne.

Alors que débute à Chengdu (sud-ouest de la Chine) une réunion de deux jours des ministres des Finances du G20, l'institution de Washington a diffusé samedi un rapport dépeignant un tableau alarmant de l'économie mondiale.

"La croissance demeure faible, les risques à la baisse sont devenus plus proéminents", indique le FMI, après avoir abaissé mardi ses prévisions de croissance mondiale pour 2016 et 2017, à 3,1% et 3,4% respectivement.

La progression du PIB du globe pourrait même "ralentir encore plus drastiquement si la montée actuelle des incertitudes politiques et économiques persiste, à la suite du 'Brexit'", souligne le rapport.

Investir dans les infrastructures

Dans ce contexte, les politiques monétaires ultra-accommodantes trouvent leurs limites. "Les marges de manoeuvres budgétaires quand elles existent doivent être utilisées", a plaidé le FMI, notamment pour "compenser les coûts de réformes structurelles", celles-ci restant plus que jamais "nécessaires" (marché du travail, fiscalité...).

L'Australie, la Canada, les Etats-Unis et l'Allemagne sont nominalement enjoints par le Fonds à "orienter les dépenses publiques vers les investissements dans les infrastructures".

Plus encore, "des réformes qui facilitent l'accroissement des investissements d'infrastructures aideront à gonfler les capacités productives, doperont directement la demande à court terme et catalyseront les investissements privés", fait valoir le FMI.

Berlin campe sur son credo

Les grandes banques centrales se démènent certes toujours pour soutenir l'activité, à coup de montagnes de liquidités et d'abaissements des taux d'intérêts, mais "la politique monétaire ne peut pas tout", avait averti vendredi le ministre français des Finances Michel Sapin.

Il faut que "les pays qui ont des marges budgétaires les utilisent pour soutenir l'investissement (...) C'est ce que nous réaffirmerons (à Chengdu) même si ça pose problème à tel ou tel pays", avait-il confié, dans une allusion transparente à l'orthodoxie allemande.

Berlin, en effet, campe sur son credo des uniques "réformes structurelles", après avoir dénoncé lors d'un précédent G20-Finances des relances budgétaires "inefficaces" et des politiques monétaires "contreproductives".