La BNS abaisse à son tour ses prévisions de croissance pour 2012

Le maintien du taux de conversion franc-euro a été annoncé ce jeudi par la BNS. Du même coup l'institution a fait savoir qu'elle abaissait ses prévisions de croissance.
06 août 2015, 14:21
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le gouvernement demeure flou dans sa réponse à la question de savoir si le taux de change pourrait passer à au moins 1,40 franc pour un euro.

La Banque nationale suisse (BNS) a annoncé jeudi le maintien de sa politique monétaire et du taux plancher de 1,20 franc pour un euro. Au vu du ralentissement de l'économie au 2e trimestre, l'institut d'émission abaisse à son tour sa prévision de croissance pour 2012 à 1%.

L'environnement international défavorable a pesé sur l'économie suisse, souligne la BNS dans un communiqué. D'avril à juin, le produit intérieur brut (PIB) helvétique s'est contracté de 0,1% et le nombre de chômeurs a augmenté, selon le Secrétariat d'état à l'économie (Seco).
 
En réajustant son pronostic à environ 1%, la banque centrale revient donc à son estimation prononcée en mars. En juin, elle avait relevé sa projection à 1,5%, sur la base du 4e trimestre 2011 et du 1er trimestre 2012 "étonnamment" robustes.
 
A l'instar de nombreux prévisionnistes cette semaine, la BNS juge que les perspectives mondiales se sont détériorées. L'expansion des pays émergents s'est révélée plus faible que prévu, l'économie américaine demeure atone, tandis que les tendances à la récession se sont accentuées dans la zone euro, analyse-t-elle.
 
Cours plancher inchangé
 
En Suisse, les risques de péjoration pour l'économie demeurent élevés. L'avenir est grevé non seulement par la crise de la dette européenne mais aussi par l'incertitude liée à la politique budgétaire des Etats-Unis.
 
Tandis que la cherté du franc pèse sur l'économie domestique, la BNS réitère sa détermination à défendre le taux plancher de 1,20 franc pour un euro, introduit voici une année. A cette fin, elle entend acheter des devises en quantité illimitée, répète-t-elle.
 
L'institut d'émission maintient son principal taux directeur, le Libor à trois mois dans une marge de fluctuation inchangée entre 0% et 0,25%, niveau fixé en août 2011. La BNS, qui ne "tolérera aucune appréciation du franc", est disposée en cas de besoin "à prendre en tout temps des mesures supplémentaires".
 
Pour sa part, le président de la BNS Thomas Jordan s'est dit convaincu jeudi à la télévision et à la radio alémaniques "de la nécessité absolue du taux plancher à l'heure actuelle". Il signale que la pression sur la devise helvétique s'est d'ailleurs réduite.
 
"Le franc devrait continuer à s'affaiblir dès que la situation en Europe se sera détendue" prévoit Thomas Jordan. "La zone euro dispose maintenant des bons instruments pour maîtriser la crise, a-t-il encore déclaré.
 
Inflation revue à la baisse
 
La BNS attend désormais une inflation négative de -0,6% pour 2012, après -0,5% estimé voici trois mois. Pour l'an prochain et pour 2014, le renchérissement moyen annuel devrait glisser à 0,2% (0,3%) et 0,4% (0,6%) respectivement. Ces estimations reposent sur un Libor à trois mois de 0%.
 
La banque centrale justifie cette révision à la baisse par le contexte mondial, "la sous-utilisation plus marquée des capacités de production et le fait que jusqu'à présent, le franc ne s'est pas déprécié comme prévu". Elle ne voit aucun risque d'inflation en Suisse dans un avenir proche.
 
Sur le front des marchés financiers, l'institut d'émission estime la situation délicate. La dynamique des marchés hypothécaire et de l'immobilier résidentiel comporte des risques pour la stabilité financière. Thomas Jordan observe néanmois "des signes de détente", les prix dans certains secteurs ayant stagné.
 
Le franc se repliait jeudi sur le marché des changes suite aux annonces de la BNS. Vers 10h00, la monnaie unique notait ainsi à 1,2109 franc, contre 1,209 franc avant les informations délivrées par la banque centrale.