La Confédération peut gagner de l'argent en s'endettant

Lorsqu'elle emprunte de l'argent, la Confédération gagne des millions à la faveur de taux d'intérêts négatifs. Mais son directeur refuse de creuser la dette fédérale.
06 août 2015, 10:47
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Cette année, la dette de la Suisse devrait rester à un niveau de 110 milliards.
"S'endetter uniquement au motif de dégager des revenus ne peut pas et ne doit pas être le rôle d'une collectivité publique. De ce fait, nous nous orientons sur la seule base des besoins de financement", explique Urs Eggenberger, directeur de la Trésorerie de la Confédération dans une interview publiée dimanche dans la "NZZ am Sonntag".
 
Ainsi, au lieu de percevoir des intérêts, les investisseurs paient une prime. Malgré cela, Urs Eggenberger, directeur de la Trésorerie de la Confédération, s'oppose à un endettement débridé.
 
Se référant au frein à l'endettement, le haut fonctionnaire indique que des investissements supplémentaires dans des routes ou des écoles engendrent des coûts. 
 
La Confédération ne représente ni un hedge fund, ni une banque, lesquels génèrent des revenus au gré des changements en termes de risques. "L'Etat ne doit pas jouer avec sa solvabilité", ajoute M. Eggenberger.
 
L'essentiel reste d'assurer le financement en capitaux externes à long terme au plus bas coût. Et la Suisse y parvient plutôt bien dans le contexte actuel de la crise de la dette.
 
Les investisseurs sont prêts à payer une prime pour prêter de l'argent à la Confédération. Selon M. Eggenberger, depuis le 23 août 2011, les revenus de ces intérêts négatifs se sont montés à 41 millions de francs.
 
Inattendue, cette manne vient soulager le budget fédéral. Mais pour couper court à toute convoitise, M. Eggenberger rappelle que "le paiement des intérêts de notre endettement se monte à environ 2,5 milliards de francs par an". 
 
Cette année, la dette de la Suisse devrait rester à un niveau de 110 milliards.