Les engagements de la Grèce d'ici à 2014

La Grèce s'est engagée auprès de ses créanciers à ramener le déficit public en dessous de la barre de 3% du PIB en 2014 en échange des prêts pour son sauvetage.
06 août 2015, 10:53
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
The Greek flag flies over Athens Academy in Athens on Tuesday June 5, 2012. Greece is in a fifth year of recession, with poverty and unemployment rapidly rising amid protracted harsh cutbacks implemented to secure vital international bailout loans. But political uncertainty ahead of new elections on June 17 has intensified fears that the country could be forced to abandon the euro and revert to a devalued version of its old drachma currency. (AP Photo/Dimitri Messinis)

La Grèce, dont le Premier ministre Antonis Samaras souhaite un prolongement de l'ajustement budgétaire, s'est engagée auprès de ses créanciers UE-FMI à ramener le déficit public en dessous de la barre de 3% du PIB en 2014 en échange des prêts pour son sauvetage.

En vertu d'un accord passé en février, le pays doit se conformer à la "règle d'or" budgétaire européenne et réduire son déficit public à 2,1% du produit intérieur brut (PIB) en 2014 contre 7,3% prévu pour cette année et 4,6% l'an prochain. Un objectif ambitieux vu qu'Athènes a déjà réduit de plus de 6 points son déficit entre 2009, année du début de la crise, et 2011 (de 15,8% à 9,3% respectivement).

Pour tenir ces engagements, le pays doit dégager 11,5 milliards d'euros d'économies en 2013 et 2014, un train de mesures auquel il travaille actuellement. En échange, UE-FMI ont prévu de lui prêter 130 milliards d'euros, en sus de la perfusion de 110 milliards consentie en 2010.

Dans ce scénario, le plan UE-FMI, dit mémorandum, prévoit un excédent primaire de 4,5% du PIB en 2014 et de 1,8% en 2013. L'année 2012 est censée être la dernière dans le rouge, avec un déficit primaire de 1%.

La dette publique doit atteindre 162,1% du PIB à la fin de 2014, après 165,4% en 2013 et 161,4% en 2012. Elle doit ensuite être ramenée à 120,5% du PIB en 2020, grâce à la restructuration en mars des créances souveraines détenues par les prêteurs privés, qui ont permis d'en effacer 106 milliards d'euros.

Privatisations massives

Outre une série de réformes pour réduire la taille du secteur public et le nombre des fonctionnaires, Athènes doit aussi procéder à des privatisations massives jusqu'en 2015, censées rapporter 19 milliards d'euros.

Toutefois, cette feuille de route macroéconomique élaborée avant la crise politique au printemps risque d'être révisée par la troïka des créanciers (Union Européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) lors de la publication en septembre de son audit sur l'économie grecque, au vu des retards pris dans l'ajustement budgétaire et de l'aggravation de la récession.

Le mémorandum prévoyait un recul de 4,7% du PIB en 2012, cinquième année consécutive de récession, renvoyant le retour à la croissance d'ici à 2014. Mais les institutions financières et le gouvernement du conservateur Antonis Samaras tablent actuellement sur un recul d'environ 7% en 2012.

Pour sortir de ce marasme et de la spirale de récession enclenchée par la rigueur stricte imposée depuis 2010, M. Samaras souhaite un délai de deux ans renvoyant le terme de cet ajustement budgétaire à 2016 au lieu de 2014. L'éventualité d'un tel sursis est explicitement évoquée dans le mémorandum "dans le cas d'une récession significativement plus profonde que prévu".