Les Suisses satisfaits de leur situation au travail

Pas moins de 94% des Suisses sont satisfaits de leur situation au travail.
03 août 2015, 23:50
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Des horlogers travaillent sur des montres.

Selon un sondage publié lundi par le magazine "ECO" de la TV alémanique SF1, les Suisses sont presque aussi nombreux à se satisfaire de leur salaire même si un tiers d'entre eux considère que sa charge de travail est trop élevée. Conformément aux clichés habituels, les Romands se plaignent plus que les Alémaniques.

2011 a été une année économique difficile: force du franc et crise de la dette dans la zone euro ont fait régulièrement les titres négatifs des médias alors que le taux de chômage prenait l'ascenseur.

Malgré cela, beaucoup d'employés sont étonnamment heureux sur leur lieu de travail: le sondage réalisé par l'institut Link en novembre dernier montre que 94% des actifs sont "satisfaits" et même 35% "très satisfaits". Les mécontents ne sont que 6%.

D'autres résultats du sondage peuvent également surprendre, ont noté ses auteurs. Ainsi, plus la formation est limitée, plus l'individu est satisfait: 40% des personnes qui n'ont fréquenté que l'école obligatoire se déclarent "très satisfaites" de leur situation. La proportion n'atteint que 32% chez ceux qui ont suivi les hautes écoles. En outre, les femmes paraissent plus heureuses que les hommes: elles sont 37% à se déclarer "très heureuses" au travail, contre 33% des hommes.

Le tableau est cependant moins positif pour ce qui concerne la charge au travail. Alors que 64% la considèrent comme juste, 33% la jugent trop élevée et 3% comme trop basse.

Cette situation contradictoire n'est cependant qu'apparente: "on peut être satisfait et se sentir surchargé en même temps", a expliqué le psychologue du travail Theo Wehner, professeur à l'EPFZ. Le stress et les charges sur le lieu de travail appartiennent à la société actuelle.

Lorsque vous parlez de la satisfaction au travail, la proportion est si élevée parce qu'il y a des individus satisfaits mais résignés qui disent que cela ne pourrait pas beaucoup changer et que l'on devrait être satisfaits ici, a-t-il ajouté.

Plus la personne interrogée est âgée, plus la charge de travail lui semble élevée. Ainsi, ils ne sont que 22% à s'en plaindre dans la catégorie des 15-29 ans. La proportion passe à 34% chez les 30-49 ans et 42% chez les plus de 50 ans. Et là on découvre un premier "fossé de roesti": ils ne sont que 30% à juger leur charge trop lourde en Suisse alémanique, contre 40% en Romandie.

La satisfaction est également très élevée pour ce qui concerne les salaires: 85% sont "satisfaits" de leur rémunération et 20% même "très satisfaits". Les mécontents ne sont que 15%. Là se trouve également un 2e "fossé de roesti": 20% des romands sont insatisfaits contre 14% des Alémaniques. En revanche, aucune différence notable n'apparaît entre les femmes et les hommes.

Dans les catégories salariales au-dessous de 6.000 francs, 76% affichent leur satisfaction. Pour celles qui dépassent 9.000 francs, le taux passe à 89%. Malgré cela, 11% des gros salaires estiment qu'ils ne gagnent pas assez.

Les salariés donnent de bonnes notes à leurs supérieurs directs: 91% s'en déclarent "satisfaits" et 44% même "très satisfaits". Les mécontents ne sont que 9%. On découvre un 3e "roestigraben": les mécontents sont deux fois plus nombreux en Romandie (15 qu'en Suisse alémanique (7%). La différence est également sensible entre hommes et femmes: 50% de la gent féminine est "très satisfaite", contre 40% de la gent masculine.