Panama Papers: le siège de l'UEFA à Nyon a été perquisitionné, Infantino plaide la bonne foi

La police a perquisitionné le siège de l'UEFA, à Nyon, dans le cadre de la fuite massive de documents "Panama Papers". Ancien secrétaire général de l'UEFA, Gianni Infantino plaide la bonne foi.
06 avr. 2016, 16:27
/ Màj. le 06 avr. 2016 à 20:34
Gianni Infantino a bien signé un contrat avec une société offshore.

La police a perquisitionné ce mercredi le siège de l'UEFA, à Nyon. Dans son collimateur, l'ancien secrétaire général de l'organisation, l'Italo-Suisse Gianni Infantino, aujourd'hui président de la FIFA, dont le nom a été évoqué dans l'affaire des "Panama Papers", l'immense fuite de documents mettant en cause des sociétés offshore visant à contourner les systèmes fiscaux du monde entier.

Selon le Telegraph, des officiers de la police fédérale ont saisi un contrat entre Infantino et la société de l'un des hommes au centre d'un scandale de corruption dans le monde du football, l'Argentin Hugo Jinkis, impliqué dans une fraude à hauteur de 135 millions de francs aux Etats-Unis.

L'UEFA a pleinement coopéré avec les forces de l'ordre. 

Hugo Jinkis, un nom embarrassant 

Parmi les "Panama Papers", un document montre que Gianni Infantino, alors directeur des services juridiques de l'UEFA, l'organisation a vendu les droits de retransmission télé des compétitions de clubs, dont la Ligue des Champions, pour l'Amérique du Sud à une société appelée Cross Trading. 

Cette dernière les a immédiatement revendus à Teleamazonas pour trois ou quatre fois le prix qu'elle a payé à l'UEFA. Et c'est une filiale de Full Play, qui appartient à Hugo Jinkis, actuellement en arrêts domiciliaires en Argentine.

Ce sont ces contrats que la police fédérale a saisis ce mercredi à Nyon.

Gianni Infantino plaide la bonne foi

L'UEFA a précisé mercredi, une nouvelle fois, que, lorsque ces contrats ont été signés, il n'y avait absolument aucune raison de croire qu'il y avait quoi que ce soit de suspect.  Deux personnes les ont signés à l'époque, dont Gianni Infantino qui plaide lui aussi la bonne foi et qui a rappelé mardi que rien d'illégal n'entourait ces transactions.

"Si je dois apporter des précisions, je le ferai bien sûr avec plaisir", a indiqué en début de soirée dans un communiqué le président de la FIFA Gianni Infantino. Ancien secrétaire général de l'UEFA, le Valaisan a entre-temps succédé à Sepp Blatter à la tête de la FIFA.

Interrogé par l'ats, le Ministère public de la Confédération a indiqué avoir agi sur soupçon de gestion déloyale et d'éventuel abus de confiance. Il a aussi mené une perquisition dans une autre entreprise.

Les soupçons du MPC se référent aux informations recueillies lors d'une autre procédure, comme à des analyses financières menées par le Ministère public. En raison des "Panama Papers", des indices supplémentaires sont apparus laissant supposer la possibilité d'obtenir des renseignements plus complets.

 

 

par Olivier Hugon