Pénurie de papier: le prix des livres ne devrait pour l’heure pas augmenter en Suisse

Les prix élevés du papier, notamment causés par un manque de cellulose et de papier usagé, font pression sur les éditeurs de livres et de journaux. Les maisons d’éditions se veulent néanmoins rassurantes: les prix en magasins ne vont pas changer. Pour le moment en tout cas.
15 oct. 2021, 10:25
/ Màj. le 15 oct. 2021 à 10:25
Par rapport au prix des matières premières, les prix des livres évoluent très lentement.

Le papier étant de plus en plus cher du fait de pénuries, les éditeurs payent soudainement des prix beaucoup plus élevés pour imprimer livres et journaux. A cette situation tendue s’est ajouté un incendie dans la dernière usine de papier suisse. Mais les férus de lecture peuvent se rassurer: le prix des livres ne devrait pas augmenter, pour le moment du moins.

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La crise du coronavirus a également secoué le secteur du papier: du fait de la hausse importante des commandes en ligne, l’industrie des emballages a absorbé une grande partie de la cellulose, un produit obtenu à partir du bois et à partir duquel le papier est également fabriqué.

«Le marché de la cellulose, qui est utilisée pour fabriquer les livres, a été capté par les pays qui en ont une demande propre en croissance», indique un porte-parole d’Orell Füssli à l’agence de presse AWP.

Le marché de la cellulose, qui est utilisée pour fabriquer les livres, a été capté par les pays qui en ont une demande propre en croissance.
Un porte-parole d’Orell Füssli

La cellulose n’est pas la seule matière première qui fait défaut aux fabricants de papier. Même le papier usagé, utilisé par exemple pour la production des journaux, manque. «Les quantités de papier usagé ont diminué, donc il a moins pu être recyclé», assure une porte-parole de la faîtière du papier et du carton (SPKF).

Pour les maisons d’édition, cela est problématique, indique Tanja Messerli de la faîtière des libraires et éditeurs suisses (SBVV). «Un livre profite d’une couverture médiatique lorsqu’il est publié», si cela prend deux à trois semaines pour qu’il soit en rayon, l’intérêt des clients s’est déjà dissipé.

Pour l’instant, l’augmentation des coûts du papier ne se reflète pas sur les prix en magasin.
Carsten Schwab, directeur de production de l’éditeur Diogenes.

Malgré les difficultés de la filière, les maisons d’édition ne devrait pas répercuter la hausse des coûts aux clients. «Pour l’instant, l’augmentation des coûts du papier ne se reflète pas sur les prix en magasin», assure Carsten Schwab, directeur de production de l’éditeur Diogenes. Les prix des livres évoluent beaucoup plus lentement que les prix des matières premières.