Publigroupe va biffer 245 emplois dont 100 en Suisse d'ici au premier trimestre 2014

Quelque 245 emplois vont passer à la trappe dans le groupe lausannois de publicité, Publigroupe. Cent postes seront biffés en Suisse.
07 août 2015, 11:43
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le groupe lausannois Publigroupe va supprimer 245 emplois d'ici au premier trimestre 2014 dans sa division Media Sales, la division principale en charge de la commercialisation des annonces dans la presse.

Plongeant comme attendu dans le rouge au premier semestre 2013, PubliGroupe va supprimer 245 emplois supplémentaires d'ici au début 2014 dans sa division Media Sales, son activité principale en charge de la commercialisation des annonces dans la presse en souffrance. Cent postes seront biffés en Suisse et 40 en Europe.

Pour le reste, 125 emplois seront transférés hors du groupe en raison de la vente de la majorité des parts de Xentive à la société américaine Mediaspectrum et de la résiliation de certains contrats, précise lundi le groupe sis à Lausanne. A l'horizon du premier trimestre 2014, Media Sales, qui comptait un total de 1030 postes à fin juin, sur un total de 1732 pour PubliGroupe, en recensera 800, en considérant une légère hausse en Asie.

PubliGroupe avant lancé le mois passé un avertissement sur bénéfice, au vu du recul continu du marché de la presse écrite. Préparant le terrain à l'annonce de ces nouvelles coupes, l'entreprise vaudoise avait alors indiqué que Media Sales dégagerait des résultats nettement plus bas que prévu.

L'accélération de la restructuration - PubliGroupe ayant déjà indiqué au début 2011 vouloir supprimer 200 postes jusqu'en 2015 - reflète la contre-performance de Media Sales, unité comprenant la régie d'annonces Publicitas, activité historique du groupe vaudois. Ce dernier a ainsi essuyé une perte nette de 9,5 millions de francs au premier semestre 2013, contre un bénéfice net de 10,8 millions un an plus tôt.

Repli des revenus

PubliGroupe a aussi plongé dans le rouge au niveau opérationnel, avec une perte d'exploitation de 9,9 millions de francs, contre un résultat positif à hauteur de 2,3 millions un an plus tôt. Le chiffre d'affaires a pour sa part diminué d'un cinquième à 122,5 millions.

Outre les difficultés persistantes de Medias Sales, les pertes semestrielles illustrent l'absence cette année de gains uniques provenant de cessions, lesquels s'étaient hissés à 13,4 millions en 2012. Le débours provient aussi du report au second semestre d'une large part des bénéfices du secteur des annuaires Search & Find.

Malgré les réductions de coûts annoncées et réalisées, avec à la clef un effectif réduit de 9% en l'espace d'un an, Media Sales a vu sa perte d'exploitation se creuser de 8,2 à 8,6 millions de francs. Le chiffre d'affaires s'est, lui, tassé 10% à 67,1 millions.

A l'image des années précédentes, Media Sales a souffert d'un repli plus durable et plus fort que prévu du marché de la presse suisse qui a chuté de 12% (contre 8% attendu). Un plongeon qui est venu anéantir tous les progrès attribuables aux mesures d'économies.

Plus d'investissements que prévus

En parallèle, les efforts fournis dans les activités numériques tardent à porter leurs fruits. Au vu de la situation actuelle, PubliGroupe estime que Media Sales ne pourra pas retrouver l'équilibre financier l'an prochain. Le repositionnement de Publicitas nécessitera plus de temps et d'investissements que prévu.

Les affaires des deux autres divisions, à savoir Search & Find ainsi que Digital & Marketing Services (DMS), ont en revanche évolué conformément aux attentes. La première unité a vu ses recettes fléchir de 6% à 48 millions de francs, alors que le résultat d'exploitation s'est fortement contracté, passant de 14,3 à 4,6 millions.

PubliGroupe attribue ces reculs au changement de saisonnalité dans les publications des annuaires imprimés. Cette modification, due à la fusion des activités d'annuaires des pages blanches et des pages jaunes en un nouveau produit appelé Local Guide, reportera les bénéfices du secteur Search&Find au deuxième semestre.

DMS a quant à elle dégagé un chiffre d'affaires de 5 millions de francs, soit 79% de moins qu'un an auparavant. Le résultat d'exploitation s'est inscrit à 0,3 million, contre 2 millions à fin juin 2012. Des baisses qui reflètent principalement la cession de Namics.

Peu d'optimisme

Pour l'ensemble de l'exercice 2013, PubliGroupe n'est guère optimiste, le tassement du marché des médias imprimé devant s'étendre sur toute l'année. Le résultat d'exploitation du groupe est attendu autour de l'équilibre, avec une perte nette au niveau de celle du premier semestre.