Toutes les lignes de crédit de Petroplus gelées

La situation s'aggravepour le groupe de raffineries zougois Petroplus. Il a annoncé aujourd'hui que l'ensemble de ses lignes de crédit auprès d'un groupe de 13 banques avait été gelées, alors que la mesure n'en concernait jusqu'ici qu'une partie.
04 août 2015, 00:21
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La situation se complique pour Petroplus.

Fin décembre, le groupe propriétaire de la raffinerie neuchâteloise de Cressier avait annoncé qu'une ligne de crédit de 1 milliard de dollars (près de 950 millions de francs) avait été coupée par les banques, sur des facilités de crédit à hauteur de 2,1 milliards.

L'accès à ses comptes assignés en gage auprès de ces banques suisses et étrangère, parmi lesquelles UBS et Credit Suisse, a également été limité, a indiqué Petroplus dans son communiqué. Les négociations avec ces banques se poursuivent, précise l'entreprise.

Dans son communiqué, le groupe qui a déjà entamé la fermeture - qualifiée de temporaire - du site de Petit-Couronne (France) détaille que la raffinerie d'Anvers (Belgique) entamera ce processus «dans les jours à venir», et Cressier «au début de la seconde moitié de janvier». Sur les sites d'Ingolstadt (Allemagne) et Croydon (Angleterre) l'activité est progressivement réduite.

Recherche de solutions

Petroplus cherche «une solution alternative» qui «réside pour une large part dans une entreprise qui pourrait nous apporter à la fois le produit (le pétrole brut) et les lignes de crédit de substitution», avait déclaré auparavant son directeur général Jean- Paul Vettier à Paris, au sortir d'une rencontre avec le premier ministre français François Fillon et le ministre de l'économie François Baroin.

«Des discussions sont en cours et elles auront lieu encore dans les prochains jours», a précisé M. Vettier. «J'espère que nous parviendrons dans un horizon de temps très court à un accord qui permette à l'entreprise de vivre», a-t-il ajouté.

Pour sa part, François Baroin a estimé que l'Etat français avait «répondu présent» en saisissant la Médiation du crédit afin d'aider le raffineur suisse à obtenir son financement auprès des banques. «Tout est mis en oeuvre dans le cadre de la puissance publique pour favoriser la préservation de l'emploi», notamment à la raffinerie de Petit-Couronne près de Rouen, qui compte quelque 550 salariés.

Le ciel s'assombrit sur Cressier

Pour ce qui concerne la raffinerie de Cressier, où travaillent quelque 260 personnes, le ciel s'assombrit encore avec les dernières informations publiées par Petroplus sur ses facilités de crédit.

La porte-parole du Département fédéral de l'économie (DFE) Evelyn Kobelt avait par ailleurs indiqué mercredi à l'ats que si l'entreprise «n'est pas sans importance pour la Suisse (...) la Confédération n'impose aucun maintien de capacité de raffinage».

Pour mémoire, l'usine neuchâteloise produit environ 25% en volume de tous les produits raffinés vendus. La raffinerie de Collombey (VS), propriété de Tamoil et dont l'avenir est également fort compromis, assure quant à elle quelque 15%, le reste est importé.

Ce sont «les autorités cantonales qui sont en contact avec les dirigeants locaux de Petroplus», a précisé Mme Kobelt. Le chef du DFE, Johann Schneider-Ammann, reste pour sa part «en contact constant» avec le conseiller d'Etat neuchâtelois en charge de l'économie Thierry Grosjean, a-t-elle ajouté.

Quant aux banques suisses concernées, «il n'appartient pas à la Confédération de s'immiscer» mais «il n'est pas exclu que des contacts soient pris au titre d'information», a dit Mme Kobelt.