Une suroffre se dessine sur le marché immobilier

Une étude du Crédit Suisse annonce qu'une suroffre se profile sur le marché immobilier. La péjoration de la conjoncture devrait réduire la demande en surfaces.
07 août 2015, 15:09
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les facteurs saisonniers, comme la reprise dans la construction, doivent doper l'emploi au printemps.

Une suroffre se dessine sur le marché immobilier, selon l'étude annuelle de Credit Suisse. Pour les bureaux, le taux de vacance a déjà augmenté. Sur le marché du logement locatif, une évolution similaire est attendue à moyen terme dans les régions périphériques.

Les impacts du franc fort vont précipiter la fin de la grande stabilité qui a longtemps prévalu sur le marché immobilier, a expliqué mercredi devant la presse l'économiste Sara Carnazzi Weber. La péjoration de la conjoncture va réduire la demande en surfaces alors que les capitaux injectés sur le marché vont augmenter, les investisseurs étant attirés par les rendements.

Trop de bureaux

Concernant les surfaces de bureaux, une suroffre de plus de 1 million de mètres carrés s'est constituée, notamment à Genève et Zurich. Dans les villes, les surfaces commerciales situées dans des zones moins accessibles subissent déjà une pression grandissante. Le taux de vacance devrait encore progresser en 2015, selon l'étude.

La même tendance semble se dessiner, mais à plus long terme, sur le marché du logement locatif. Une détente est déjà perceptible dans certaines régions et elle devrait se manifester plus clairement.

A moyen et long terme, les zones périphériques, comme le Bas-Valais ou la Broye, devraient souffrir de la baisse de l'immigration liée à l'acceptation de l'initiative UDC. Ici aussi, un risque de suroffre existe, selon les experts de Credit Suisse.

Détente et suroffre

Certes, la pénurie de logements persiste actuellement dans certaines grandes villes. Mais d'une manière générale, la situation devrait évoluer vers une détente dans les grands centres urbains et une suroffre dans la périphérie.

Une baisse des loyers ces prochains trimestres n'est pas encore d'actualité. "Le marché a besoin d'un peu de temps pour tourner, mais la direction est claire", a estimé Sara Carnazzi Weber.

Promoteurs plus prudents

Sur le marché des logements en propriété, les promoteurs sont devenus plus prudents, observe l'étude. On n'a jamais aussi peu construit depuis 2001. Les économistes tablent sur une réduction de 12% des volumes de construction en 2015.

"La flambée des prix s'affaiblit depuis trois ans. On s'attend à une baisse en 2015. Pour Genève, c'est déjà la réalité depuis quelques trimestres", a ajouté Sara Carnazzi Weber. Ce marché où les "déséquilibres sont moins extrêmes" s'oriente vers un "atterrissage en douceur", selon la spécialiste.