Présidentielle française: l'heure de vérité approche à grand pas pour Fillon et Juppé

François Fillon et Alain Juppé ont eu une ultime opportunité de convaincre le peuple français jeudi soir lors du dernier duel télévisé. Même si tous les sondages semblent profiler Fillon comme favori, Juppé ne lâche rien.
25 nov. 2016, 18:21
/ Màj. le 25 nov. 2016 à 18:22
Dimanche, le peuple français saura probablement qui de Fillon ou Juppé deviendra président de la République.

Le favori de la primaire de la droite François Fillon et son concurrent Alain Juppé jetaient vendredi leurs dernières forces dans la bataille, avec l'espoir d'être en lice pour la présidentielle de 2017. Et le vainqueur du second tour dimanche pourrait fort bien devenir le prochain chef d'Etat français.

 

"La primaire de dimanche prochain, en vérité, tout le monde le sent bien, c'est le premier tour de l'élection présidentielle", a d'ailleurs souligné vendredi Alain Juppé. Et d'enchaîner, toujours en campagne: "Je pense que pour battre Marine Le Pen, je suis mieux placé avec mon programme", a-t-il dit. L'ex-Premier ministre se présente comme un "libéral-social" face à un rival "hyperlibéral".

Jeudi soir, lors de l'ultime duel télévisé de cette primaire inédite à droite, l'ampleur des réformes qu'ils préconisent a dominé les débats, à coups de chiffres et sans grand éclat. M. Fillon, 62 ans, porteur d'un projet aux accents thatchériens, a dessiné une France "à bout de souffle" qu'il était temps de "débureaucratiser".

 

Son rival, 71 ans, s'est posé en rassembleur d'un pays "riche de sa diversité". Il a jugé "impossible" d'imposer aux Français de "travailler plus pour gagner moins". Taxé de "mollesse" pendant la campagne, il a été accusé par François Fillon de ne "pas vouloir vraiment changer les choses".

"Me battre jusqu'au bout"

Selon un sondage après l'émission, le favori a été jugé le plus convaincant par 57% des téléspectateurs, contre 41% pour Alain Juppé. Les derniers sondages promettent à François Fillon une nette victoire avec 65% des suffrages.

De quoi laisser craindre à la gauche une campagne présidentielle ardue. "François Fillon est un adversaire sérieux pour la gauche. Il ne faut pas le sous-estimer, bien au contraire, car il pourra rassembler la droite", déclaré le chef du gouvernement, Manuel Valls, dans une interview à Paris Normandie parue vendredi.

 

"Je vais me battre jusqu'au bout avec la volonté de gagner", a assuré vendredi M. Juppé. Il a jugé "prématurée" une question sur son éventuel retrait de la vie politique en cas de défaite. Il a néanmoins affirmé qu'il soutiendrait son rival s'il ne parvenait pas à se qualifier.

Offensive tous azimuts

François Fillon a créé la surprise au premier tour dimanche en recueillant plus de 44% des suffrages avec son programme très libéral en économie et conservateur sur les questions de société. M. Juppé est arrivé loin derrière (28%) alors qu'il a fait la course en tête pendant des mois dans les sondages. L'ancien président Nicolas Sarkozy, 61 ans, a été sèchement éliminé.

Le maire de Bordeaux n'a pas vu venir le score spectaculaire de François Fillon. "Ce que je regrette peut-être, c'est, avant le premier tour, de ne pas avoir suffisamment décortiqué le programme de certains de mes concurrents", a-t-il concédé vendredi sur BFM TV.

 

Pris de court, il a opté dès lundi pour une tactique tournée vers l'offensive tous azimuts contre le député de Paris. François Fillon est un "ultralibéral" dont le programme est "brutal", a-t-il asséné. Il faisait référence à la promesse de son rival de supprimer un demi-million de postes de fonctionnaires en cinq ans.