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31.01.2013, 07:30 - Monde
Actualisé le 31.01.13, 07:31

Mali: l'armée française s'est emparée de Kidal, la dernière grande ville du Nord

Des appareils français sont sur la piste d'atterrissage de Kidal, au Nord du Mali.
Crédit: Capture d'écran

L'armée française s'est emparée mercredi de Kidal, dernière grande ville du nord du Mali sous contrôle des islamistes.

Cette nouvelle avancée, qui intervient après la prise de Gao et Tombouctou, pourrait ouvrir la voie à des négociations avec des tribus touareg disposées à collaborer.

Des "éléments français ont été mis en place cette nuit à Kidal", dans l'extrême nord-est du Mali, a affirmé le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées françaises. L'armée française était toutefois bloquée en fin d'après-midi à l'aéroport de Kidal par une tempête de sable, a annoncé de son côté le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Selon une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes islamistes se sont réfugiés dans le massif des Ifoghas, montagnes au nord de Kidal. Ils se trouvent près de la frontière algérienne. Kidal était le fief d'Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghaly, groupe islamiste armé allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique.

Des dissidents d'Ansar Dine, le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA), avaient cependant récemment affirmé tenir Kidal avec les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).

"Solution pacifique"

Le MIA a assuré rejeter le terrorisme et prôner une "solution pacifique" à la crise. "Les Français ont rencontré des membres du MNLA et aussi le secrétaire général du MIA, Algabass Ag Intalla, ainsi que des notables locaux", a affirmé un membre de l'administration locale. Mais les deux groupes ont aussi affirmé leur hostilité à la présence de soldats maliens. Ils craignent des exactions contre les communautés arabe et touareg.

La France a également officiellement appelé Bamako à "engager sans plus attendre des discussions avec les représentants légitimes des populations du Nord et les groupes armés non terroristes reconnaissant l'intégrité du Mali". A Paris, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, a lui affirmé que les forces françaises quitteraient "rapidement" le Mali, ajoutant que c'est "aux pays africains de prendre le relais".

Le gouvernement du Niger s'est de son côté déclaré prêt à accueillir des drones surveillant "tout mouvement suspect venant du Mali" voisin.

En Suisse, le Conseil fédéral a accepté que les avions de pays étrangers engagés dans l'intervention militaire survolent le pays. L'autorisation s'étend également aux appareils transportant des munitions et des armes.

Dernière étape?

Interrogés par l'AFP, des observateurs estiment également que la reprise de Gao, Tombouctou et Kidal pourrait ouvrir la porte à la négociation politique réclamée par Paris.

"Nous entrons dans une dernière étape", "il est nécessaire maintenant d'entrer en pourparlers avec les tribus touareg qui sont disposées à collaborer avec la France et le Mali pour leur reconnaître leurs droits légitimes et, partant, une vraie reconnaissance politique des pays de la région", estime Pascal Le Pautremat, universitaire et spécialiste de la région.

Désormais, "le véritable enjeu, c'est la lutte contre les groupes islamistes dans le cadre d'une très forte coopération avec tous les pays de la région, Mali, Tchad, Niger et Algérie", explique-t-il l'expert.

Tombouctou: manuscrits déplacés

S'agissant de la ville de Tombouctou, plusieurs témoignages ont fait état de la destruction d'une partie des précieux manuscrits. La ville faisait figure de capitale intellectuelle et spirituelle de l'islam en Afrique subsaharienne aux XVe et XVIe siècles.

Toutefois, la plupart d'entre eux ont été placés en lieu sûr, a déclaré le responsable du projet de conservation des manuscrits de Tombouctou à l'université du Cap, en Afrique du Sud. Selon lui, les conservateurs et archivistes avaient commencé à déplacer les documents vers Bamako avant l'arrivée des islamistes à Tombouctou l'an dernier.

En soirée, l'Unesco a annoncé l'envoi dès que possible d'une mission au Nord-Mali pour évaluer les dégâts infligés par le conflit au patrimoine classé et mettre en place un programme de restauration, a annoncé sa directrice générale, Irina Bokova.

Source: ATS



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