Accident de train en Espagne: le conducteur est le seul inculpé

L'enquête sur l'accident de train qui a fait 79 morts en 2013 à Saint-Jacques de-Compostelle a révélé que les responsables du réseau ferré espagnol ne sont pas en cause dans le drame.
07 août 2015, 14:18
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Emergency personnel respond to the scene of a train derailment in Santiago de Compostela, Spain, on Wednesday, July 24, 2013. A train derailed in northwestern Spain on Wednesday night, toppling passenger cars on their sides and leaving at least one torn open as smoke rose into the air. Dozens were feared dead, with possibly even more injured. (AP Photo/ El correo Gallego/Antonio Hernandez)

La justice a rendu un non-lieu pour les responsables d'Adif, gestionnaire du réseau ferré espagnol, dans l'enquête sur l'accident de train qui avait fait 79 morts, en 2013, à Saint-Jacques-de-Compostelle. Le conducteur est désormais le seul inculpé, a-t-on appris de source judiciaire mercredi.

S'ils estiment que "l'absence", sur le lieu de l'accident, du système européen ERMTS qui prévoit un freinage automatique en cas de dépassement de la vitesse autorisée était bien "dangereuse", les trois magistrats concluent toutefois qu'elle n'est pas constitutive de négligence, explique le Tribunal supérieur de Galice (nord) dans un communiqué.

Dans un arrêt daté du 30 septembre dont les motivations ont été diffusées mercredi, les trois juges ont donc rendu un non-lieu pour les 12 responsables d'Adif inculpés en mai.

Inculpation maintenue

Les magistrats estiment en revanche qu'il est "simplement absurde" de penser que le conducteur, Francisco José Garzon Amo, habitué à ce trajet, "pouvait avoir un doute quelconque sur ses obligations ou sur quelle consigne il devait respecter", comme le fait de devoir "arriver au lieu de changement de vitesse à une vitesse déterminée", selon le communiqué du Tribunal.

Les magistrats maintiennent donc l'inculpation, annoncée le 29 juillet 2013, du conducteur pour 79 faits d'homicide par imprudence.

Lettre aux victimes

Le train arrivant de Madrid abordait à 179 km/h une courbe dangereuse, où la vitesse est limitée à 80 km/h, quand il a déraillé. L'accident s'était produit le soir du 24 juillet 2013, dans le hameau d'Angrois, à quatre kilomètres de Saint-Jacques-de-Compostelle.

A ce moment-là, le conducteur venait d'avoir une communication téléphonique avec le contrôleur du train. Un an après l'accident, le 24 juillet dernier, Francisco José Garzon Amo, libre sous contrôle judiciaire, avait exprimé, dans une lettre aux victimes, sa "douleur" et demandé "pardon".

"Je ressens le besoin de vous dire publiquement ce que chaque jour, depuis ce 24 juillet, je vous dis dans ma solitude, détruit par les conséquences de l'accident, écrivait-il.