Affaire Snowden: Obama prévoit une réforme du Patriot Act

Le programme de surveillance des Etats-Unis devrait devenir plus transparent a promis Barack Obama qui dit vouloir travailler avec le Congrès sur des réformes du Patriot Act.
07 août 2015, 11:39
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Barack Obama a organisé une conférence de presse pour s'exprimer sur le programme de surveillance américain.

Le président américain Barack Obama a annoncé vendredi une série de mesures visant à "davantage de transparence" après la polémique déclenchée par les révélations d'Edward Snowden. Mais il a démenti tout abus dans les programmes de surveillance de la NSA.

"Je vais travailler avec le Congrès pour mettre en place des réformes appropriées" de la disposition du Patriot Act qui prévoit la collecte des métadonnées téléphoniques (durée des appels, numéros appelés) par la puissante agence de renseignement chargée des interceptions électroniques.

Après que son administration s'est retrouvée sur la défensive depuis les révélations début juin sur l'ampleur de ces programmes par l'ancien consultant du renseignement Edward Snowden, M. Obama a promis une "nouvelle ère" dans le renseignement avec "davantage de supervision, davantage de transparence et de garde-fous", lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche.

Interrogé sur le jeune consultant réfugié en Russie, le président a estimé qu'il n'était pas "un patriote". Le programme de collecte des métadonnées téléphoniques est "un outil important dans nos efforts pour prévenir les complots terroristes", a rappelé Barack Obama, qui a réaffirmé que le gouvernement n'écoutait pas les appels téléphoniques des Américains.

"Les citoyens ordinaires" pas espionnés

"Mais étant donné la taille de ce programme, je comprends les inquiétudes de ceux qui craignent des abus", a-t-il expliqué, assurant que les Etats-Unis ne souhaitaient pas espionner "les citoyens ordinaires".

Parmi les mesures envisagées, le président américain a évoqué le renforcement de la supervision par la Cour de surveillance du renseignement étranger (la FISC), un tribunal secret de onze juges qui autorise la NSA à réclamer auprès des opérateurs téléphoniques et internet les données de leurs clients.

Jusqu'à maintenant les juges tranchaient sur des requêtes du gouvernement sans contradiction. Le président a dit qu'il envisageait d'instaurer une "voix indépendante" dans le dialogue avec la cour pour "assurer l'équilibre entre sécurité et vie privée".

Responsable chargé de la vie privée

Autre mesure, la divulgation "d'autant d'informations que possible sur ces programmes" de surveillance, a énuméré M. Obama. "Nous avons déjà déclassifié un nombre d'informations à propos de la NSA sans précédent. Mais nous pouvons aller plus loin", a-t-il expliqué, évoquant notamment la justification juridique du programme de collecte des métadonnées.

Enfin, la NSA (National Security Agency) nommera un responsable chargé de la vie privée et des libertés publiques tandis qu'un site internet qui "servira de plate-forme à davantage de transparence" sur "ce que font et ne font pas" les agences de renseignement, a annoncé le président.

"Quant aux autres dans le monde, je veux encore une fois rappeler que l'Amérique ne s'intéresse pas à l'espionnage des gens ordinaires. Nos services de renseignement se concentrent sur la recherche d'informations nécessaires pour protéger son peuple et, dans de nombreux cas, protéger ses alliés", a-t-il plaidé.

La révélation du programme de surveillance d'internet, baptisé PRISM, a ulcéré de nombreux pays alliés des Etats-Unis, notamment l'Allemagne.