Afrique du Sud: défilé de témoins pour le procès d'Oscar Pistorius

Selon l'homme qui lui fournissait ses armes, Oscar Pistorius savait qu'on ne doit pas décharger son pistolet sur quelqu'un qui n'est pas directement menaçant.
07 août 2015, 13:29
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Oscar Pistorius savait qu'on ne doit pas décharger son pistolet sur quelqu'un qui n'est pas directement menaçant, a témoigné lundi l'homme qui lui fournissait ses armes.

Oscar Pistorius savait parfaitement qu'on ne doit pas décharger son pistolet sur quelqu'un qui n'est pas directement menaçant, a témoigné lundi l'homme qui lui fournissait ses armes, au début de la troisième semaine du procès du champion paralympique sud-africain. De nombreux témoins sont encore attendus à la barre.

Le procureur Gerrie Nel a continué à alterner les témoins, les uns directement liés au meurtre de Reeva Steenkamp, abattue par Oscar Pistorius de quatre balles au matin de la Saint-Valentin 2013, les autres témoins directement liés à la personnalité de l'accusé.

Sean Rens fait partie de cette seconde catégorie. Manager d'un centre de tir à Johannesburg qui vend des armes et facilite l'obtention des permis de port d'armes pour ses clients, il connaissait Pistorius depuis mai 2012. Il a raconté comment l'accusé avait reçu le 14 février 2013, quelques heures après avoir tué son amie, la facture de six armes qu'il avait commandées: trois pistolets, deux revolvers et un fusil.

"La transaction a été annulée un mois après les événements", a-t-il précisé.

Amour pour les armes

Oscar Pistorius, qui n'avait qu'un pistolet 9 mm quand il a rencontré Sean Rens, avait "un grand amour et un enthousiasme" pour les armes à feu, a noté le manager, rappelant que la loi sud-africaine interdit aux non-collectionneurs d'en posséder plus de quatre. L'athlète est également poursuivi pour port d'armes prohibé, un chef d'accusation mineur joint au dossier pour meurtre.

M. Rens a encore raconté à la Cour que l'accusé lui avait dit qu'il avait un jour dégainé son arme chez lui en entendant un bruit suspect, qui s'est avéré finalement être... la machine à laver.

"Il passait dans ce que nous appelons 'code rouge', ou mode de combat. En d'autres termes, sortir son arme pour nettoyer sa maison", a détaillé M. Rens, confirmant les descriptions d'un Pistorius paranoïaque, craignant sans cesse pour sa sécurité même s'il habitait dans une résidence extrêmement protégée.

Médiatisé

Oscar Pistorius connaissait cependant bien les lois sud-africaines régissant le port d'arme. Sean Rens a notamment lu ses réponses à un questionnaire préalable à l'achat d'une arme: "Un cambrioleur entre dans votre maison et commence à voler votre hi-fi. Pouvez-vous l'abattre ?" Réponse de l'athlète: "Non, la vie n'est pas en danger."

"Les voleurs sont armés et s'approchent de vous. Pouvez-vous les abattre ?" Là, il avait répondu "Oui", a déclaré M. Rens.

L'ancien athlète prétend précisément qu'il a tué son amie Reeva par erreur, la prenant pour un cambrioleur caché dans les toilettes, aux premières heures du 14 février 2013. Paniqué, il n'aurait pas vérifié si elle était toujours couchée avant de tirer sur la porte des toilettes.

Le Parquet estime au contraire que le couple s'était violemment disputé et que c'est sciemment qu'il l'a tuée.

Très médiatisé et diffusé en direct à la télévision sud-africaine, le procès de l'athlète devrait se prolonger jusqu'en avril car vu la lente procession des témoignages, il ne sera sans doute pas bouclé d'ici jeudi comme prévu d'abord. De nombreux témoins sont encore attendus à la barre, de même bien sûr qu'Oscar Pistorius lui-même.