Afrique du Sud: hommage aux 44 morts de la mine de Marikana

L'Afrique du Sud rend hommage aujourd'hui aux 44 morts de la mine de Marikana.
06 août 2015, 10:52
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les dirigeants des syndicats étaient réunis pour décider de la conduite à tenir, dans cette mine qui emploie plus de 30 000 personnes.

Des cérémonies d'hommage aux victimes du mouvement de grève de la mine de Marikana en Afrique du Sud se déroulent aujourd'hui, tandis que le mouvement de grève a commencé à gagner d'autres mines de platine.

La police avait ouvert le feu jeudi 16 août contre des grévistes armés de machettes, barres de fer et pour certains d'armes à feu, faisant 34 morts et 78 blessés, tandis que dix autres personnes - dont deux policiers - avaient été tués dans les jours précédents.
 
Il ne doit pas y avoir d'obsèques collectives, les corps des grévistes tués ayant été rapatriés dans leurs familles, souvent loin de la mine de Marikana située près de Rustenburg, à 100 km à l'ouest de Pretoria.
 
Sur place, deux cérémonies étaient prévues, l'une officielle organisée par le gouvernement, et l'autre par le petit syndicat radical AMCU, avec le soutien des "amis de l'ANCYL".
 
Cette dernière organisation est en fait la Ligue de jeunesse de l'ANC dont les principaux dirigeants ont été exclus ou suspendus de la formation mère il y a quelques mois et qui fait figure d'opposition interne au parti dominant. D'autres cérémonies sont prévues au Cap et à Johannesburg notamment.
 
Les drapeaux sont en berne depuis lundi à la demande du président Jacob Zuma, dont le gouvernement est accusé de n'avoir pas anticipé le drame malgré des signes avant-coureurs.
 
M. Zuma a prononcé un discours mercredi soir lors d'une cérémonie de l'ANC à Mahikeng, la capitale de la province du Nord-Ouest où est situé Marikana.
 
"Dans les limites de la loi"
 
Discours dans lequel il a admis que beaucoup de mineurs "vivent encore dans des conditions inacceptables dans des campements où ils partagent dortoirs et sanitaires, comme pendant la période de l'oppression coloniale et l'apartheid".
 
Mais "nous devons regarder comment, en travaillant avec les syndicats et le patronat, nous pouvons faire en sorte que les grèves dans ce secteur sur les conditions de travail (...) aient lieu dans les limites de la loi", a-t-il relevé.
 
La question des revendications de certains mineurs de Marikana, qui réclament un triplement de leurs salaires (de 400 à 1200 euros mensuels), restait toujours en suspens.