Al-Baghdadi, le chef de l'Etat islamique, donné pour mort, est réapparu dans un enregistrement

Alors que l'annonce de sa mort était diffusée dans les médias du monde entier depuis 2 jours, un enregistrement audio d'al-Baghdadi, le chef de l'Etat islamique, a été diffusé jeudi. Mais le doute subsiste, puisqu'il n'a pas été identifié.
07 août 2015, 14:26
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Selon plusieurs sources, Al-Baghdadi aurait été touché, voire tué, lors de frappes américaines.

Le leader de l'Etat islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi est réapparu jeudi en affirmant dans une déclaration non authentifiée que le "califat" était en train de s'étendre à l'Arabie saoudite, au Yémen, à l'Egypte, à la Libye et à l'Algérie. Le sort du "calife" était incertain depuis plusieurs jours.

Ces propos ont été tenus dans une déclaration attribuée au leader de l'Etat islamique. L'authenticité de cette déclaration n'a pas pu être vérifiée. Des informations relayées par la télévision irakienne affirmaient que le dirigeant islamiste avait été blessé lors d'une frappe aérienne de la coalition en Irak la semaine passée.

Affirmant dans cette allocution que la campagne des alliés contre l'EI était un échec, al-Baghdadi demande à ses fidèles de se mobiliser contre la communauté houthie au Yémen et contre les dirigeants saoudiens comparés à la "tête du serpent". Par ailleurs, EI a annoncé qu'il allait frapper sa propre monnaie, des pièces en or, argent et cuivre, qui seront utilisées sous le territoire qu'il contrôle en Syrie et en Irak.

Deux condamnations

Les activités des jihadistes européens au Moyen-Orient ont donné du travail aux juges français et britannique. Le premier jihadiste français rentré de Syrie à passer en jugement, un jeune homme de 28 ans, a été condamné jeudi à Paris à sept ans de prison ferme.

En Grande-Bretagne, une mère de famille de 28 ans est devenue la première personne condamnée par la justice britannique pour financement d'activités "terroristes" en Syrie. Elle a été condamnée à 28 mois d'emprisonnement pour avoir tenté d'envoyer 20'000 euros (24'000 francs) à son mari jihadiste.

Les efforts continuent

Et les efforts humanitaires en faveur de la population syrienne continuent. En visite à Damas, le président du Comité international de la Croix Rouge (CICR) Peter Maurer a affirmé être prêt à aider le régime et l'opposition en Syrie à aboutir à "une réconciliation nationale". Peter Maurer a discuté avec les responsables de ce pays de "la possibilité pour le CICR de jouer un rôle humanitaire en aidant au processus de réconciliation nationale", a affirmé son porte-parole.

A Homs, des aides de l'ONU ont été acheminées pour la première fois depuis six mois à Waer, dernier quartier rebelle de la ville syrienne assiégé par les troupes du régime, ont rapporté jeudi une ONG et des militants. "Mardi et mercredi, 30 camions d'aides sont arrivés à Waer pour la première fois depuis six mois" a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

En mai, la vieille ville de Homs est tombée aux mains de l'armée après un siège asphyxiant de deux ans et des bombardements et combats qui ont dévasté ce secteur historique.

Réfugiés en grande difficulté

Si les victimes qui ont choisi de rester chez elles reçoivent parfois de l'aide, la situation se complique pour ceux qui ont dû quitter le pays. Les Syriens ont des difficultés de plus en plus grandes à trouver un pays d'accueil lorsqu'ils sont chassés de leur pays par la guerre civile, indique un rapport publié jeudi par les organisations Norwegian Refugee Council (NRC) et International Rescue Committee (IRC).

Les pays voisins comme le Liban, la Turquie, la Jordanie et l'Irak sont en train de réduire fortement le nombre de réfugiés qu'ils autorisent à entrer sur leur territoire.

Geste de la Turquie

Dans ce contexte, le gouvernement islamo-conservateur turc va délivrer prochainement des permis de travail pour une minorité de réfugiés syriens, a annoncé Faruk Celik, ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Il n'a pas précisé combien de réfugiés pourraient bénéficier de cette mesure.

La Turquie accueille aujourd'hui officiellement 1,65 million de réfugiés, dont la majorité vit dans des conditions précaires dans la plupart des grandes villes du pays. Cet afflux de réfugiés provoque des incidents réguliers avec la population locale.