Allemagne: la CDU, le parti d'Angela Merkel, battue, la droite populiste et l'AFD percent

Les Allemands ont sanctionné ce weekend la politique migratoire d'Angela Merkel. Lors d'élections régionales, la CDU, le parti de la chancelière allemande, a essuyé plusieurs revers, battue par les sociaux-démocrates ou les Verts. Une déroute qui profite, notamment, à la droite populiste de l'Alertnative pour l'Allemagne, l'AFD.
14 mars 2016, 07:11
/ Màj. le 14 mars 2016 à 07:14
C'est l'AfD de Frauke Petry qui sort clairement gagnante de ce weekend électoral en Allemagne.

La CDU d'Angela Merkel a essuyé un vote sanction dimanche lors de trois élections régionales en Allemagne en raison de la politique d'accueil des réfugiés de la chancelière. Cette défaite a été aggravée par la percée des populistes de l'AfD.

Dans son fief historique du Bade-Wurtemberg (sud-ouest), à la frontière suisse, l'Union chrétienne-démocrate (CDU) n'arrive que deuxième, avec environ 27% des voix. Elle est devancée par les Verts (30,3%), selon les résultats annoncés dimanche soir. Il s'agit d'une première même si les écologistes dirigent déjà ce Land depuis cinq ans, en coalition avec le parti social-démocrate (SPD).

En Rhénanie-Palatinat (ouest), le Land de l'ex-chancelier Helmut Kohl, la CDU est battue par les sociaux-démocrates (31,8% contre 36%), selon les estimations publiées vers 22 heures par les chaînes de télévision publiques ARD et ZDF sur la base de résultats partiels.

 

Poussée populiste

Mais ce sont les populistes de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), parti anti-euro et anti-immigration fondé il y a seulement trois ans, qui apparaissent comme les grands vainqueurs des scrutins, en particulier en Saxe-Anhalt. Dans cette région déshéritée de l'ex-RDA, ils se placent deuxième (24,1%) derrière la CDU (29,8%).

L'AfD engrange respectivement 15,1% dans le Bade-Wurtemberg et plus de 12% des voix en Rhénanie-Palatinat, se classant ainsi troisième. Sa percée va aussi compliquer la tâche de la CDU, du SPD et des Verts pour bâtir des coalitions régionales stables.

Pas de changement de cap

Le secrétaire général de la CDU, Peter Tauber a relevé "des temps difficiles". Il a toutefois dit "ne pas attendre" de changement dans la politique sur les réfugiés d'Angela Merkel qui doit s'exprimer lundi à la mi-journée. Le patron du SPD et vice-chancelier Sigmar Gabriel a lui aussi exclu tout changement de politique sur les réfugiés "Nous avons une ligne claire (...) et nous la gardons".